Les quartiers chics de Laelith

Comme prévu, Black Book Editions repart au foulancement avec une prestigieuse réédition augmentée d’un setting mythique pour bien des rôlistes francophones : la ville de Laelith.

http://www.black-book-editions.fr/crowdfunding-52.html

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Paru à l’origine dans Casus Belli #35 (on parle de Old Casus là, OK ?) comme une simple aide de jeu XXL, le contexte urbain avait très vite séduit les joueurs de l’époque par la grande qualité d’ensemble. Les meilleures plumes de la rédaction du CB d’époque comme Tristan Lhomme, Pierre Rosenthal, Anne Vétillard ou même Denis Gerfaud (et plein d’autres !) et le travail cartographique de l’expert Patrick Durand-Peyroles = Dream Team. Laelith avait fait florès et avait connu ensuite des aides de jeu régulièrement publiées dans les CB suivants puis, plus tard, une édition en hors-série.

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La deuxième incarnation du mag’ (ère Multisim) avait aussi repris l’idée dans un hors-série à la mise en page… euh… discutable. En tout cas, ça y est : Laelith venait d’entrer dans le patrimoine du jdr francophone.

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BBE étant propriétaire de Casus Belli, une réédition de Laelith était dans l’ordre des choses. D’autant que l’éditeur ne manque pas de projets medfan. Non, vraiment pas. Prévu plutôt pour Chroniques Oubliées Fantasy, le setting sera finalement sans références techniques pour être utilisé avec Héros & Dragon, Savage Worlds ou tout autre système siglé BBE.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que BBE n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands pour ce foulancement. On nous promet un livre de base superbe et énorme (400 pages). Pour cela, tous les textes existants seront compilés puis augmentés par une fine équipe de rédacteurs (les mêmes plus les rédacteurs actuels de CB plus des guests). Bien sûr, Laelith bénéficiera également de plans format poster. Enfin, des suppléments comme le Guide pratique (100 pages pour les données techniques pour CO et H&D : PNJ, bestiaire, etc.), le Guide du joueur (un résumé de 16 pages pour vos joueurs) et enfin des livrets destinés aux PJ (des guides de 16 pages sur les lieux à visiter, l’argot local, etc. – attention, exclusivité pour le CF !) sont également prévus.

Enfin, des gadgets plus dispensables comme des dés spéciaux et un tarot en kit façon Altaya (3 cartes puis 3 cartes puis…) sont également annoncés. Tout cela s’annonce superbe et luxueux.

Et c’est cela qui interpelle.

Bien sûr, BBE est passé maître dans les foulancements bien troussés et, moins de 24 h après le début du CF, le succès est déjà là avec environ 325 % du financement initial et plus de 300 participants enthousiastes. L’éditeur a bien su cerner les attentes d’un public avide de beaux livres, épais et bien illustrés. Les rouages des bonus, gadgets et paliers exclusifs n’ont plus non plus de secret pour BBE. C’est un fait.

Non, ce qui fascine, c’est l’évolution de l’édition et, peut-être, de la pratique du jdr sur 30 ans qui nous est ici donnée à voir. Débuté comme un simple dossier spécial de quelques dizaines de pages inclus dans le magazine pour le même prix, Laelith était ensuite devenu un HS un peu plus épais mais au prix plancher (l’équivalent d’une poignée d’euros), à la diffusion massive (en kiosques à l’époque) et à l’usage pratique (se glisse dans un sac, se consulte aisément, s’abîme au cas où…).

Aujourd’hui, le même setting demande un investissement minimum de 65 euros, pèsera ses quelques centaines de pages de papier glacé imprimé couleurs et sera sûrement si beau que personne n’osera plus exposer ce beau livre aux taches de café froid et aux miettes de Curlys.

Étrange destin pour une ville née sur la nappe en papier d’une pizzeria…

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