L’auteur d’Historia dans une interview qui a du chien

Après notre premier aperçu du jeu (grâce a son kit de découverte), et en attendant la version française à paraitre chez Arkhane Asylum, nous sommes allé poser quelques questions aux auteurs de la version original d’Historia.

Un grand merci à Mirko Failoni, qui a bien voulu répondre à nos questions au travers de la barrière des langues. Grazie mile, Mirko !

Le Fix : Nous ne nous connaissons pas encore, mais j’ose, d’emblée, la question acide : Historia, c’est le croisement improbable Warhammer et des Fables d’Esope ?

Mirko Failoni : Je dirais que c’est une manière de le voir. Je le vois plutôt comme un dessin animé de Disney pour un nerd de 30 ans qui aime les JdR.

Le Fix : Historia est un univers « Renaissance ». Vous trouviez le Moyen-Âge trop fruste, ou l’un de vous adore s’habiller en pourpoint bariolé et chausses moulantes ?

Mirko F. : J’aimerais seulement avoir le temps et l’argent pour faire de la reconstitution Renaissance. Jusqu’à ce qu’Historia me permette de gagner assez pour que j’acquière ma propre Zweinhander, je peux au moins en utiliser une en jeu.

Le Fix : D’autres JdR ont aussi choisi une ambiance « Renaissance Dark Fantasy ». Historia devra sortir la schiavone et les grimoires de magie pour se faire une place au soleil ?

Mirko F. : On en a déjà préparé plus que ça ; arquebuse, mazzapicchio (bec-de-corbin) and corazzine (brigandine).

Le Fix : S’appuyer sur D&D5, c’était le calcul d’un commerçant de Vesteria pour viser un public déjà établi ? Qu’est ce qui vous a plu dans ce système ?

Mirko F. : Nous avons demandé à Anastasius, notre négociant le plus estimé, et c’est lui qui nous a donné ce conseil. Assurément, D&D a un public déjà bien établi, et ça nous permet d’avancer aussi loin que l’univers se développe, tout en nous offrant un système bien huilé. A l’évidence, l’inconvénient est que D&D5 a certains mécanismes qui font que les compétences des personnages auront une échelle moins réaliste que ce que j’avais imaginé au départ. Mais développer un système spécifique aurait requis beaucoup plus d’espace physique en termes de pages du Manuel, beaucoup plus de temps de test (et, croyez-moi, vu le grand nombre de nouveaux mécanismes que nous avons introduit, nous avons déjà mené des tests pendant un an) et ça aurait signifié toucher un public plus réduit, aussi.

Le Fix : Les JdR à animaux anthropomorphes ont rarement été des succès commerciaux, en France tout au moins, où le jeu sera prochainement traduit. Est-ce un style qui plaît en Italie, ou souhaitez-vous innover ?

Mirko F. : En fait, le genre présente peu d’exemple, à part le célèbre Humblewood qui a une ambiance complètement différente, alors je voudrais y apporter un nouvel éclairage. On pense trop souvent que c’est pour les enfants, ou pour une petite niche, plutôt que quelque chose dont n’importe qui pourrait profiter. Après tout, je défie qui que ce soit avec du bon goût de ne pas aimer le Robin Hood de Disney même en ayant grandi.

Le Fix : Vous prévoyez de publier Historia en italien, en anglais et en français. Vous visez le marché français pour notre raffinement bien connu (et notre légendaire modestie), ou bien est-ce la revanche des guerres d’Italie ?

Mirko F. : C’est manifestement une vendetta. Après tout, en Italie nous avons parlé français pendant longtemps – il est temps que vous appreniez un peu d’italien maintenant.

Le Fix : Avant même de lire un JdR, on peut se faire une idée de son ambiance au travers de ses illustrations. Celles d’Historia frappent fort (et je ne parle pas uniquement du pénitent !). Quelle importance donnez-vous aux illustrations dans un jeu tel qu’Historia ? Quel part de liberté avaient les illustrateurs ?

Mirko F. : En tant que créateur d’Historia (le jeu est basé sur un livre que j’ai écrit et illustré), travaillant actuellement comme directeur artistique pour le JdR, le développement artistique d’Historia est une des clés de l’ensemble. L’ambiance d’Historia est fondée, univers mis à part, sur les illustrations, précisément. Sans l’esthétique qu’il a, à mi-chemin entre l’anthropomorphisme dont les gens sont familiers et un réalisme pictural, une grande partie de ceux qui jouent l’imagineraient probablement moins mûr que ce qu’il veut être. Ceci, je pense, se traduirait par une manière de jouer à Historia plus bête qu’il ne l’est. Il y a très peu de noir et blanc dans Historia, et beaucoup de nuances de gris.

Le Fix : Quel genre d’histoire peut-on vivre dans Historia ? Le monde semble vaste. Le joueur sera-t-il aiguillé ?

Mirko F. : Nous aurons un livre « Aventure » entier (avec une magnifique couverture de Bastien LeCouffe DeHarme) avec plein d’auteurs du meilleur niveau, ils donneront un large panorama des diverses sortes d’histoires qui peuvent être jouées dans le monde d’Historia. Intrigues et jeux de pouvoir à la Cour de la Confédération, exploration des bois autour des Cités Minières, et même la conduite de ses propres armées à la guerre.

Le Fix : Le jeu est encore tout récent. La réflexion est-elle déjà engagée pour un suivi ?

Mirko F. : Si le jeu rencontre le succès, nous développerons sûrement du matériel supplémentaire pour étendre Historia, mais comme nous voulons tout faire soigneusement, nous ne nous hâtons pas en ce moment.

Le Fix : Confiez-nous ce que vous n’auriez jamais révélé à votre psychanalyste : quelle combinaison « espèce + profession » correspond le mieux à chacun d’entre vous ?

Mirko F. : L’équipe est trop nombreuse pour lister tout le monde, mais voici au moins les trois membres qui en forment le noyau.

Moi, Mirko (auteur et directeur artistique): un Chien Malamut, Homme d’armes. Mike (auteur, producteur et designer graphique) est un Ours Aventurier, et c’est déjà un PNJ dans le jeu ! Pedro (auteur) est aussi un PNJ, un Raton laveur Alchimiste. Enfin, notre gestionnaire de projet Ariel est un Ruffian Musaraigne éléphant.

Le Fix : Maintenant que nous nous connaissons mieux, vous pouvez me laisser jeter un œil sur le Livre des Visions ? Promis, je n’en dirai rien à qui que ce soit !

Mirko F. : L’original est bien à l’abri dans la Bibliothèque Secrète du temple-Forteresse de Nochemburg, tu devras solliciter le Gardien des Os, Femore.

3 pensées sur “L’auteur d’Historia dans une interview qui a du chien

  • 2 mars 2020 à 13:57
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    Merci pour cet interview… l’esthétique de ce jeu est clairement un gros plus.

    (PS: si vous vous avez besoin et devez réinterviewer des translapins… je veux bien vous servir d’interprète… étant bilingue et ayant maîtrise en italien des jeux bien de chez nous (Guildes notamment ) 😉 )

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    • 3 mars 2020 à 14:50
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      Ou même mieux : la rédaction du Fix est toujours à la recherche de jeunes talents qui n’en veulent. Si tu veux prendre l’initiative de couvrir l’actu transalpine par des articles de fonds, itw ou autres, nous serions bien intéressés pour les lire et les publier. A bon entendeur 😉

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  • 3 mars 2020 à 19:44
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    Interview très intéressante pour un jeu aux illustrations somptueuses. Il me fait penser à l’esthétique du sympathique jeu vidéo d’aventure français Ghost of a tale mais en plus mature et sombre.

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