Tales from the Loophole

Eh beh, c’est le boxing day en ce moment chez Arkhane asylum avec la publication en l’espace de moins d’un mois des boîtes d’initiation de Cyberpunk Red, de Alien et donc de Tales from the Loop. Sur la forme, ces boîtes ont l’air toutes similaires : même volonté de faire découvrir une gamme sans avoir à investir dans un gros livre de base, même belle boîte en carton solide, des dés dans toutes, des prétirés… Pourtant, notre sentiment vis à vis de ces kits de démarrage est bien différent d’une boîte à l’autre.

Les critères d’évaluation de ces kits tournent autour de deux variables majeures. D’une part, le rapport intérêt/prix. Le prix de vente de ces boîtes est très variable, de 27 euros à 47,50 euros. Lequel de ces positionnements sur le marché est le meilleur ?

L’autre critère est le sens de l’existence même d’un tel kit dans l’ensemble de la gamme. La question a l’air stupide puisqu’il s’agit de kits de découverte mais, en fait, on découvre que ces boîtes sortent à des moments très différents : largement avant le livre de base (Cyberpunk Red), juste avant le livre de base (Alien) et… bien après le livre de base (TftL). Alors, découverte de quoi ? Ou encore : n’est-ce pas tout le jeu qui est en kit, au final ?

La boîte dont il est question dans cette chronique est plus particulièrement celle de Tales from the Loop. La moins chère des trois, déjà. Mais elle a aussi cette particularité surprenante de sortir… 3 ans après le foulancement du jeu complet. Un événement surprenant qui s’explique par la reprise de la franchise par Amazon qui en a fait une série TV qui a remporté un certain succès, au moins critique. La boîte semble donc plutôt cibler le grand public, appâté par ce qu’il a vu de l’univers de Simon Stålenhag à la TV.

A l’ouverture de la boîte, même en ayant bien à l’esprit le prix très attractif du kit, difficile de ne pas être marqué par le décalage entre la belle et grande boîte en carton solide et l’aspect maigrelet de son contenu. Un set de dés spéciaux, la carte du Loop au format poster (suédois d’un côté, US de l’autre), des prétirés et deux livrets. Classique. On remarquera à ce titre que le contexte de la boîte n’est finalement pas spécialement adapté à celui de la série. Celle-ci se déroule aux USA alors que le cadre de jeu par défaut de la boîte reste la Suède (même si, comme dans le livre de base, l’adaptation à un contexte US reste possible moyennant une petite gymnastique, notamment dans les noms propres employés).

Notre réflexion sur le rapport matos/prix de la boîte Alien vaut encore ici mais s’amenuise tout de même. Cela dit, au cours actuel (et à condition de les dégoter d’ailleurs…), le set de dés couvre déjà une bonne partie du prix de la boîte et la belle édition sur papier fort de la carte au format poster peut valoir le reste.

Néanmoins, ces accessoires sont ici bien plus dispensables que dans Alien. Les dés Year Zero sont encore plus de simples D6 ici (pas besoin de dés de stress de couleur différente) et la carte n’a pas le même usage que dans le jeu où vous vous faîtes courser par des bêbêtes dans les  coursives. A bien réfléchir, donc.

Surtout que les livrets fournis sont eux aussi bien peu épais. L’un est une reprise épurée du livre de base en seulement 32 pages. C’est vraiment un copié/collé et, là aussi, on n’y trouvera pas l’aspect pratique de pouvoir ainsi se passer de feuilleter à table le livre de base qui, dans cette gamme, est de taille très raisonnable. Un livret qui sera donc vite inutile si vous passez (ou avez déjà) au livre de base.

L’autre est, fort heureusement, de l’inédit et expose un cadre de scénario – un Mystère, comme ils disent. On y retrouve le format de ceux présentés dans le reste de la gamme avec peut-être même un luxe de d’outils encore plus grand. Ainsi, en plus des scènes d’exposition de la vie quotidienne des jeunes PJ, en plus de l’organigramme de l’intrigue, du compte à rebours des événements ou encore des plans des lieux-clefs, nous avons cette fois-ci une belle série d’indices à montrer ou distribuer aux joueurs. Si on connaît ou qu’on comprend vite le format, légèrement déstructuré par rapport aux jeux les plus traditionnels, d’un Mystère, cela fait un scénario vraiment prêt-à-jouer et confortable pour le MJ. A ce titre, un regret supplémentaire vis à vis du grand vide de la boîte : on aurait bien aimé avoir plutôt ces indices et plans sur des feuilles volantes pour ne pas à avoir à scanner/imprimer avant de jouer.

Le seul problème de ce scénario – L’enfant recyclé -, c’est qu’il est lui aussi très court. 16 pages aussi luxueusement présentées… bah, ça ne fait vraiment pas beaucoup de texte et donc assez peu d’éléments à jouer. En tout cas, moins que dans la plupart des autres Mystères de la gamme. La boîte sera donc utilisée… une soirée environ. Cela fait réfléchir quand même.

Au bilan, il vous faut vraiment bien peser tous ces éléments avant de vous décider à acheter ce kit car la déception pourrait sinon être au rendez-vous. Le livre de base de Tales from the loop est à la fois accessible (180 pages avec une présentation aérée), à prix raisonnable (12 euros de plus que cette boîte seulement) et particulièrement riche (avec pas moins de 4 Mystères, en général plus conséquents que celui du kit). Si on ajoute que les accessoires (dés et carte-poster) sont ici très dispensables, on voit qu’il est beaucoup plus raisonnable de se tourner vers celui-ci que vers le kit de découverte.

Quant à l’argument de la découverte, de l’essai à moindre coût en quelque sorte, il est justement ironiquement détruit par ce qui est le prétexte commercial de la sortie de cette boîte. En effet, si c’est le doute autour des possibilités offertes par cet univers qui vous retient d’acheter le livre de base de TftL, bah… regardez un épisode ou deux de la série TV et votre décision sera prise (dans un sens ou dans l’autre).

Ah, une dernière idée nous est venue pour tenter de sauver cette belle boîte ! Et si on se servait de son grand vide intérieur pour y faire rentrer le reste de la gamme, le livre de base ou, au moins, un ou deux suppléments ? (…) Ah bah, mince, non, on a essayé : ça ne rentre pas.

Une pensée sur “Tales from the Loophole

  • 13 novembre 2020 à 21:16
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    Le problème c’est les dés. Ils sont assez chers, si vous arrivez à les trouver (les dés orange moches) vous allez les payer 15€. Donc 27 € pour un starter set avec une boite solide cela parait raisonnable.
    Cela étant écrit, la question est simplement pourquoi un roliste voudrait acheter un boite d’initiation… Tu pensais trouver quoi trouver quoi dans la boite, Narbeuh? Un truc genre boite rouge pour jouer un petit Suédois niveau 1 à 3 parce que la version advanced Tales from the Loop est déjà sortie et économiser 12€ avec une boite et 10 dés en sus? 🙂

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