Loss but not least

On est comme ça nous autres, chez le Fix. Des fois, on aime se la jouer NME ou Melody Maker, ces titres de la presse musicale anglaise qui mettent parfois en une des groupes qui n’ont pas encore sorti un seul album. Bah là, on va parler d’un jeu encore en production, Les Chants de Loss (chez le Matagot). Il faut dire que son auteure principale, Axelle « Psychée » Bouet, n’est jamais avare de previews, illustrations et infos diverses. Tout cela a fini par nous faire gouzi-gouzi. Alors, on a voulu avoir quelques réponses. Interview.

http://www.loss.psychee.org/

Bon, je crois qu’on peut dire, Axelle, que tu as… euh… de la personnalité, voilà. Du coup, la dernière fois que le Fix a parlé du futur jdr des Chants de Loss, on a oublié de dire qu’il était le fruit d’un travail d’équipe. Ça va ? Tes collègues ne t’en veulent pas trop ?

On appelle ça un caractère de chiottes entartré, je pense que ça doit être le mot que tu cherchais. Mais en fait, mes co-autrices n’y ont même pas prêté attention. Pour résumer, à moi les emm…. les relations publiques, et à elles de faire joujou avec l’univers de Loss comme elles en ont envie !

Un jeu drivé par Axelle Psychée Bouet ? Avec deux copines ? (…) OK, j’ai compris : on va jouer des féministes LGBT énervées qui pratiquent le bondage, c’est bien ça ? J’suis pas sûr d’y trouver ma place, à vrai dire…

Je pense que si ça nous avait faire rire, ça aurait de suite pas beaucoup plus intéressé Matagot que nos fans, ce plan là. Non non… Les Chants de Loss, c’est de la planet-fantasy dans un monde Da Vinci-punk inspiré de la Renaissance, mettant l’accent sur le contexte, la politique, le roleplay, l’exploration, la découverte, les mystères, les complots et enfin, les petits et gros soucis moraux que les joueurs, à travers leurs personnages, risquent souvent d’avoir à rencontrer. Ha si, on peut y mettre du cul, du SM et du bondage -on peut avec tout, enfin moi, j’y arrive sûrement avec tout, en fait. On peut y jouer des féministes aussi, pourquoi pas, ce sont les Femmes d’Epée, voire des personnages LGBT (dont les Courtisans), y’en a aussi ! Mais ce sont des points de l’univers qui sont à la fois certaines toiles de fond (le monde est injuste et sexiste, il est assumé comme tel) que de ces fameux tiraillements moraux dont je parle. Parce que l’égalité pour tous dans Loss, ça n’existe paaaaas du tout. Et les joueurs et leurs personnages vont devoir faire aussi avec. Ou contre !

OK. Mais, en plus, c’est un jeu adapté de l’univers de tes romans. C’est souvent le problème avec les adaptations d’œuvre littéraires : les PJ vont-ils trouver leur place dans cet univers ?

Bon, je pense que vous présenterez notre JdR, sinon, je vous enverrai un dossier de presse… qu’il faut donc que je fasse pour le JdR tiens ! Mais notre choix est que l’action du JdR se place dix ans avant celle des romans. Tous les personnages secondaires et un des héros y existent en toile de fond (et pourquoi pas en protagonistes) : Jawaad, Abba, Damas, Eïm, Erzebeth, etc… Mais sans Lisa et Elena, les deux héroïnes avec qui le lecteur découvre le monde de Loss, il n’y a pas d’histoire du roman. Ce sont elles qui n’existent pas et qui ne doivent pas apparaître dans le JdR. Au meneur de jeu et aux joueurs d’écrire leur propre histoire. Le monde est à un point de basculement, l’histoire mène forcément vers des guerres et une révolution de cet univers, mais c’est entre les mains des joueurs. Ils en feront ce qu’ils voudront. C’est leur monde, une fois qu’ils ont le JdR dans leurs mains ; plus le nôtre.

Plein de peuples, des animaux étranges, des pouvoirs mentaux… allez, fais pas ta snob, Axelle, Les Chants de Loss, c’est une « sorte » de fantasy, pas vrai ?

Mais c’est quoi encore cette réputation ? Je vais finir par dézinguer du monde à grand coup de Titine moi ! Il faut savoir, cher lecteur, que je n’aime pas beaucoup la fantasy, car elle se renouvelle pas : ses recettes sont éculées et donc, je suis très exigeante quand à ce qui peut me plaire, parce que le plus souvent, j’ai l’impression de relire du réchauffé. Mais si dans mes auteurs préférés il y a Marion Zimmer Bradley, Tanith Lee, Robert E. Howard et j’en passe… oui, ben j’aime cela quand même, quoi ! Donc, oui, les Chants de Loss, c’est de la fantasy, de la planet-fantasy, même. Y’a des pouvoirs étranges, y’a des créatures fantastiques, et on est en pleine Renaissance. C’est juste une low-fantasy sans magie, ni elfes ou nains ou autres créatures intelligentes différentes. Mais franchement, la différence est juste sur le thème, la forme. Pour le fond, on est dans de la fantasy.

Axelle, tu es surtout connue dans le milieu comme illustratrice. Assignes-tu un rôle particulier aux illustrations dans ce projet ?

Là, c’est un peu mon ancien taff de directrice artistique qui revient sur le devant de la scène. Si j’ai commencé à illustrer moi-même Les Chants de Loss, au départ, c’était à but de promotion : rien ne se répand plus vite que l’image, et quand elle soutient un texte, c’est une pub efficace, pour peu que l’image soit de qualité. Ca a donc servi à cela. Depuis, ma patte d’illustratrice est devenu la signature visuelle des Chants de Loss. Et on va retrouver cette signature à l’intérieur des livrets du JDR. Elle permets de reconnaître de suite les looks et personnalités du monde de Loss, et puis, ces illustrations, au style très comics, plaisent beaucoup et font bien leur travail de soutien du contenu. Le fait que je sois forcément très rigoureuse sur les looks visuelles de ce que je produis pour ce qui est mon univers, celui de mes propres romans, ça aide.

Bon, parlons boutique. J’avais cru comprendre que Les Chants de Loss seraient publiés chez Stellamaris. Désormais, on parle de Matagot. (…) Hum, alors, corruptibles ?

Tu avais mal compris ! En fait, Stellamaris publie les romans Les Chants de Loss, et a publié le kit de découverte que nous avons créé et mis en vente sur des stands (et par correspondance) avant que nous ayons notre éditeur pour le jeu de rôle. Ce dernier aurait pu sortir chez eux, mais du propre aveu du directeur des éditions, Michel Chevalier, il faut une structure autrement plus solide et étendue que la sienne pour sortir un pavé qui va faire au moins 400 pages. Donc… ben avec Michel qui nous dit : foncez, trouvez un éditeur… on a foncé. Et on est pas corruptibles. On est stratégiques !

Matagot a une activité rôlistique que l’on peut qualifier poliment de épisodique. Ça ne vous fait pas un peu peur ?

Avec comme éditeur un de ceux ayant la meilleur santé financière de tout le monde du jeu confondu et une pérennité qui risque pas de le faire disparaître du jour au lendemain ?… Ha non, on a pas peur.

Bon, finalement, ce foulancement, c’est pour quand ? Ça va ressembler à quoi ?

Je me ferais jamais à ce mot. Bon, le financement participatif devrait avoir lieu entre Avril et Juin. Pour le reste, c’est trop tôt pour causer du moindre détail réel… Je peux juste dire que le jeu se présentera sous une boite, la version de base à trois livrets, qu’est prévu un paravent, avec un petit supplément sur les voyages, une carte grand format du monde de Loss, un livret de scénarios, un carnet de feuilles de persos, et des jetons pour le système de jeu. Plus un premier supplément Armanth, La Cité des Maitre-Marchands, qui est un premier décor de campagne axé sur la ville, sa région, et l’organisation de la Guilde des Marchands.

Sur ton site, tu publies une série des pires questions à te poser à propos du JdR des Chants de Loss. Eh, mais c’est moi, ça ! Tu cherches à me saccager mon boulot ou quoi !?

Toi aussi tu veux me demander si c’est un JdR pour filles ?! J’ai Titine sous la main…

Allez, une dernière question pour la route : tu me fais un p’tit dessin gratos ? Allez, sois sympa, quoi, qu’est-ce que ça te coûte ? (*court déjà très loin*)

*pan*

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