Le retour des Hécatonchires

Ça fait peur, hein ? Non, ne partez pas ! Ce n’est pas si terrifiant. Il s’agit en fait du retour pour un nouveau projet de la petite équipe derrière le très sympathique Les Sept Rois, un JdR indépendant publié voici 3/4 ans. Ce laps de temps, c’était juste ce qu’il fallait à ces amoureux du JdR fait main et bichonné à la peau de chamois pour concocter Calliopé, leur nouveau jeu, en foulancement depuis hier. Ce ne sont pas les p’tits gars les plus connus de la scène (bien qu’ils soient parrainés ici par Trickytophe, leur troisième larron) alors le Fix leur offre bien volontiers cette occasion pour tenter de vous allécher avec leur nouveau projet.

 

  1. Sérieux, les gars ! L’Atelier des Hécatonchires ? C’est quoi ce nom ? J’ai déjà plusieurs idées de jeux de mots scabreux qui me viennent là. C’est de la provocation !

En effet, le côté « créatures à 100 bras et à 50 têtes » peut donner des idées… Mais, elles représentent le minimum nécessaire pour pouvoir réaliser un jeu de rôle à l’heure actuelle. Entre les concepteurs, playtesteurs, illustrateurs, relecteurs, imprimeur, on doit quasiment arriver à une soixantaine de mains. Cela en fait du monde ! Dommage qu’aucune figure mythologique grecque n’ait ce compte précis de petites mains !

  1. Je croyais que vous étiez une équipe de deux. Et Trickytophe, c’est qui alors ? Votre tonton ?

On l’a rencontré pendant la campagne des Sept Rois puisqu’à l’époque il nous avait gentiment proposé de nous écrire un scénario supplémentaire pour le livre (« Racines »). Il s’est depuis beaucoup plus investi que ce soit dans l’écriture, le game design ou la communication en ce qui concerne Calliopé. Il a un univers et on le veut dans notre équipe !

Tricky, c’est un peu notre bonne fée, et le troisième membre du duo. Albert, le cinquième mousquetaire. Le regard extérieur qui apporte l’expérience nécessaire pour que tout soit cohérent, et nous donne un coup de main quand c’est nécessaire. On a préparé une carte de membre pour lui, si la souscription est un succès bien sûr !

Tricky : Vous êtes gentils les gars ! Pour ma part, j’avais accroché au projet des 7 Rois et c’est naturellement que j’ai eu envie de poursuivre l’aventure avec Calliopé. Sacha et Florian ont plein d’idées et c’est vraiment chouette de bosser dans cette ambiance. Cela favorise l’inspiration.

  1. Nous, au Fix, on se souvient de votre précédent jeu Les Sept Rois puisqu’on en avait même proposé une chronique à l’époque. Cela dit, le jeu ne me semble pas avoir soulevé les foules dans tout le pays. Cela ne vous décourage pas ?

Non. C’était un premier JdR, de personnes inconnues au bataillon, dans un océan de possibilités. A l’époque c’était déjà énorme pour nous d’arriver à réaliser un bouquin de A à Z sans l’aide de professionnels ou le bas-de-laine issu de l’héritage de mamie. Notre premier projet n’a pas été un succès interplanétaire ? Bon bah on ne sera pas Gary Gygax ! De plus, le jeu a eu tout de même son petit succès d’estime, nous avons eu des très bons retours de la part de MJ qui ont masterisé des campagnes dessus.

Le plus compliqué, c’est toujours de communiquer sur un projet qui est 100 % inédit, quand les moyens sont limités. A l’époque, on y est allé quasiment à poil, glaive à la main et bave aux lèvres, sans trop savoir ce qu’il fallait faire pour que les gens entendent parler de notre bébé. On essaie de faire mieux sur Calliopé. Merci d’ailleurs au Fix de nous offrir cette tribune !

  1. Votre nouveau projet, Calliopé, j’ai du mal à le cerner d’emblée. C’est plutôt dans la veine antiquisante ou plus franchement high fantasy ?

Les deux mon capitaine ! Les personnages évoluent dans un monde où sont nés les mythes que nous connaissons sur Terre. Les histoires proposées aux joueuses et joueurs peuvent donc être plus ou moins imprégnées de surnaturel et ainsi osciller entre la low et la high fantasy selon les goûts de la table. Nous proposons d’ailleurs des scenarii qui permettront aux MJ de s’emparer de cette liberté.

Après le jeu propose des aventures que nous voulons mythiques dans le sens où les personnages doivent être confrontés à des enjeux qui les dépassent et en cela on se rapproche peut-être plus de la high fantasy dans sa capacité à proposer des récits époustouflants. Après tout, Calliopé est la muse de la poésie épique ! Ce titre résume bien la note d’intention du jeu.

  1. Le système de jeu utilise un jeu de cartes classique. Plutôt tendance belote ou crapette ?

Nous on est plus strip poker. A bon entendeur ! Plus sérieusement, le jeu de cartes revient quasiment mécaniquement à un lancer de dés mais allez savoir la sensation n’est pas la même. L’impression de maîtrise est beaucoup moins présente et tirer une carte nous amène davantage à nous en remettre à une force supérieure. D’où la notion de Trame du Destin pour désigner le paquet.

D’un point de vue game design, la carte permet un double tirage très lisible : la valeur pour la difficulté et la couleur pour la petite touche d’imprévu (rouge = truc cool, noir = couille dans le pâté). Cela permet de proposer davantage de solutions possibles à un test car nous voulions absolument éviter une résolution binaire du type « ça marche, ça marche pas ». Franchement, qu’est-ce qu’il y a de plus exaspérant que de voir son action échouer sans qu’il y ait de conséquence à cela ? Qu’un test raté revienne par exemple à passer son tour était inacceptable pour nous.

  1. Et avec tout ça, vous allez résister à la tentation de proposer un jeu de cartes estampillé Calliopé en goodies durant le foulancement ?

La question des goodies nous a bien pris la tête lorsqu’on a réfléchi aux détails économiques de la campagne. Nous détestons l’aspect purement mercantile des goodies qui n’apportent rien à l’expérience de jeu et, dans le même temps, c’est un levier puissant pour booster un foulancement.

Après de longues réflexions nous sommes arrivés à deux compromis qui nous permettent de tenir cette délicate ligne de crête. Nous proposons donc un jeu de cartes estampillé Calliopé qui, au-delà du simple intérêt esthétique, affiche des rappels du système de jeu et facilitent la création de persos. En effet, un tableau est normalement nécessaire mais les têtes de notre jeu de cartes permettent de s’en absoudre.

Nous proposons également un compteur de points pour remplacer les sempiternelles petites barres au crayon à papier sur la fiche perso. Cet objet fabriqué avec amour par Florian et son imprimante 3D permet avec des roulettes à cran, toujours au-delà du simple intérêt esthétique, de visualiser les trois stats chiffrées du jeu (étincelles de vie, fragments de destin, points d’armure).

  1. Donc, en effet, vous allez pour la deuxième fois sur le terrain du foulancement. Pourquoi ne pas passer par un éditeur installé cette fois-ci ?

Alors c’est une question que nous avons envisagée et nous avions même lancé quelques pistes il y a deux ans. Finalement on est resté sur le principe du foulancement par amour de notre liberté, celle de faire comme on veut quand on veut.

Même si on donne notre maximum pour proposer un produit de qualité, on a conscience que passer par un éditeur implique des contraintes qui sont le prix à payer pour assurer des « gros » tirages. Et à l’heure actuelle, même si on ne cracherait pas sur un succès qui nous apporterait un pognon de dingue comme dirait l’autre, on cherche plus à se faire plaisir sans trop se prendre la tête.

 

  1. Les Sept Rois avaient une touche particulière au niveau de la mise en page avec une présentation moderne et accessible à mille lieues des trucs surchargés de fonds sombres et de textures lourdingues. Qu’en sera-t-il pour Calliopé ?

La législation classe les jeux de rôle en tant que « manuel technique ». Et comme on est des bons citoyens, on respecte la loi ! Pour Calliopé, on a repris le même principe : chaque information doit être facilement accessible, classée logiquement dans la bonne partie, et l’ensemble doit rester lisible. On a pris le parti cette fois d’aller vers un intérieur en noir et blanc, pour éviter les couleurs trop flashy, donner un aspect « old school » à l’ensemble.

Donc pas le fond de page sombre, un système de marques sur le côté pour pouvoir se repérer facilement dans le livre. Et un personnage récurrent mis en scène pour illustrer l’ensemble. Notre objectif, c’est qu’en plus d’être un livret technique, Calliopé puisse se lire comme un livre à part entière.

https://fr.ulule.com/jeu-daventures-mythiques-et-mythologiques/

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