Créatures de Titan

Tranquilou, loin des paillettes des foulancements records et, parfois hélas, loin des étals des boutiques, le Scriptarium continue supplément après supplément à défendre sa gamme Défis fantastiques, la VF de Fighting Fantasy, le JdR qui vous propose d’explorer l’univers des plus fameux Livres dont vous êtes le héros (ceux des britanniques Jackson et Livingstone).

Cette fois-ci, c’est une énorme pavasse que nous propose l’équipe du Scriptarium. Intitulé Créatures de Titan, ce supplément titanesque (quasi 400 pages d’un papier assez épais) est donc essentiellement un bestiaire. Mais pas que.

L’essentiel du livre est toutefois consacré, en effet, aux monstres et autres créatures fantastiques qui peuplent le monde de high fantasy du jeu. Ce sont plus de 250 bêbêtes (et même quelques plantes en cherchant bien) qui se bousculent au portillon pour dérouil… euh, éprouver vos aventuriers préférés. Ancienneté du jeu oblige (c’est un univers du tout début des années 1980) mais, surtout, stigmates d’un univers développé à plusieurs mains et au coup par coup, c’est un peu tout, n’importe quoi et son contraire. Cela dit, malgré le nombre et la variété des créatures proposées, le déconnomètre ne chauffe pas trop (pas plus que pour alimenter la trouzaine de bestiaires de la gamme Pathfinder, par exemple…) et ça donne plutôt dans le classique (dragons, gobelins, hommes hybrides de ci ou de mi…). Parfois trop même comme avec ce terrible « sanglier » qui hante encore mes cauchemars les plus sombres. Ou pas.

En ce qui concerne le format, les gens du Scriptarium ont été au bout de la logique : une créature = une fiche (avec stats et texte descriptif, notamment les habitudes belliqueuses du streum). Surtout, pour ces tenants du bon goût old school, un bestiaire sans illustration, ce n’est pas un bestiaire. On a donc droit à autant d’illustrations que de créatures abordées. Ni plus, ni moins. Ça explique pas mal la taille du bouquin.

Bon, bien sûr, le revers de la médaille, c’est que les illustrations proviennent d’auteurs très différents aux styles disparates. Cela ne facilite pas l’immersion et certaines sont franchement en dessous du niveau moyen du livre mais, en matière de bestiaire, on peut tout de même admettre qu’il vaut mieux un dessin moche que pas de dessin du tout.

 

Adeptes de la technique de vente bouchère (« y en a un peu plus, j’vous le mets ? »), les gens du Scriptarium alourdissent leur pavé d’un supplément dans le supplément : « L’auberge du fin meneur ». Sorte de « compagnon » alignant sans grande cohérence les nouveautés (nouvelles compétences, nouveaux équipement, nouveaux sorts…), ce chapitre a plus pris du côté auberge (espagnole, en l’occurrence) que de la finesse. Cela dit, il fait le job et donne un bel aperçu de la richesse de l’univers du jeu qui, s’il reste très classique, ne manque pas de toutes ces petites options qui raviront les amateurs de medfan ludique.

Enfin, Créatures de Titan contient deux aventures prêtes à jouer. Alors, attention, compte tenu de l’originalité de ce jeu, il s’agit de sortes de courts LDVELH et non de scénarios traditionnels de JdR. On notera toutefois que l’un des deux est prévu pour deux joueurs et l’adaptation à un format « sur table » doit sans doute s’en trouver facilité.

Au bilan, s’il ne brille pas par son originalité, Créatures de Titan est assurément de la belle ouvrage. C’est un bestiaire medfan parmi d’autres, certes, mais qui a été choyé avec passion par son éditeur qui en a fait un ouvrage à même de vous convaincre de rejoindre les terres aventureuses de Titan plutôt que celles, plus arpentées, des Royaumes Oubliés ou de Golarion.

 

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