La Brigade Chimérique : La grande nuit

On ne présente plus la Brigade Chimérique, jeu de rôle issu de la BD éponyme, mettant en scène des supers-héros européens dans les années 30 (avant leur disparition pendant la 2° Guerre Mondiale).

Avec La Grande Nuit, Sans-Détour clôt la gamme officielle qui, pour rappel, comprend le livre de base La Brigade Chimérique l’encyclopédie (avec l’introduction en trois scénarios (non, je n’écrirais pas scenarii) de l’actuelle campagne), l’écran du jeu et son livret, et le supplément Aux confins du merveilleux-scientifique (trois nouvelles de Maurice Renard, six aides de jeu, 5 scénarios et une autre mini-campagne). Au vue de la qualité et du matériel de jeu fournit, la gamme aurait put s’arrêter là. Mais l’éditeur et toute la confrérie du radium, ont ponctué ce sans faute d’un ultime supplément : une campagne épique qui fera le lien entre le jeu et la BD. Rien que ça. Le pari est risqué, mais est-il réussi ?

La Grande nuit se présente dans un format classique pour les habitués : cartonné, couverture en couleur et illustrations en noir et blanc, toutes de très bonne facture. Très appréciable, les dessins participent tout autant à la narration que les scénarios. Je trouve l’idée plaisante pour un jeu tiré d’une bande-dessinée (tout en étant un clin d’oeil à l’art de l’époque), et ça reste ludique ! Baser un scénario d’horreur-enquêto-aventure sur le surréalisme, vraiment, c’est génial !

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Parlons de la campagne en elle-même ; c’est une suite de dix scénarios aux ambiances très diverses et qui explorent toutes les possibilités offerte par le jeu. On retrouve tout ce qui fait la richesse du monde et il y en a pour tous les goûts : de l’enquête, du mysticisme, de l’aventure (pulp !) et des évènements historiquo-chimérisés. Si chaque scénario peut être classé dans un genre bien définit, ils empruntent tous quelque chose aux autres styles. Ce qui donne des aventures très équilibrées permettant à chaque personnage-joueur d’avoir son moment de gloire, quelque soit la partie jouée.

Parlons-en d’ailleurs des personnages. Coincés entre la disparition de la Brigade Chimérique et la disparition tout court des surhommes (racontée dans la bande-dessinée), il peut sembler difficile de leur donner le premier rôle dans cette campagne sans minorer leurs aventures ou sans risquer l’uchronie. Eh bien, la Grande Nuit évite ces deux écueils. Ne serait-ce que pour cela, je plaide pour cette campagne. Les personnages des joueurs sont au premier plan ! Et ça, c’est jouissif (pour eux comme pour le MJ) ! Bien sûr, il a fallu quelque artifice (assez simple-voir cliché- par ailleurs) mais il est bien amené et il ne risque pas de frustrer les joueurs.

Oui, vous êtes des héros et oui, vous allez sauver le monde ! Si ça, c’est pas la classe !

Et vu ce qu’il y a en face, eh bien, être héroïque ne sera pas la moindre des qualités des personnages ! On dit qu’il n’y a pas de bonne histoire sans bon méchant. Or ici, on est servi ! Le Grand Méchant est juste horriblement angoissant, les Moyens Méchants sont terrifiants et haïssables à souhait (et ils savent allier terreur et spectacle), et les Petits Méchants sont assez déjantés et diversifiés pour pourrir la vie de vos personnages !

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Difficile d’en dire plus sans vous gâcher le plaisir de lecture, ou pire, le plaisir de jeu. Mais si vous êtes curieux, sachez que la fiche du GROG dévoile beaucoup d’éléments de cette campagne.
Dans tous les cas, dites-vous que si, jusqu’à maintenant, le contenu et la qualité de la gamme vous a plu, vous pouvez acheter La Grande Nuit les yeux fermés.

Certains esprits chagrins pourraient m’accuser de fanatisme et de parti-pris. Afin de m’éviter de si blessants propos, je tiens à préciser un petit détail : Non, La Grande Nuit n’est pas parfaite.
Elle s’adresse essentiellement à des joueurs confirmés et à mj qui ne l’est pas moins. Moins pour la forme (la campagne peut être linéaire si on le veut, et il y a des moments où elle se doit de l’être), que pour le fond. Les évènements qui s’y déroulent peuvent être délicats à traiter. Oui, vous êtes un héros mais non, vous n’êtes pas un paladin…

Mais pour ceux qui seront prêt à accepter ça, il ne vous reste plus qu’une seule et unique question à vous poser : On joue quand ? Car, me concernant, c’est quand vous voulez !

 

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