Pathfinder Vs D&D, qui sera le D20 cœur ? [chronique]

En octobre, quelques mois avant Noël, les mastodontes du jeu de rôle d’heroic fantasy, D&D et Pathfinder, ont sorti respectivement leur boîte d’initiation.

Des fois, le hasard fait bien les choses.

Alors profitons de cette gracieuseté du calendrier pour confronter un peu ces deux champions et voir, ensemble, si vous êtes prêt à succomber à l’une ou l’autre de ces initiations.

Le prix

Abordons tout de suite le sujet le moins intéressant : le prix.

Habituellement, au Fix, on aborde que rarement le sujet du prix (sauf dans notre rubrique, le lundi c’est gratuit, gros malins), car on pense que chacun, selon son budget, a un avis différent de « si ça les vaut ou pas! ». Et puis, mince, tu n’es pas sur un site d’achat en ligne ici, OK ?

Mais, là, quand on confronte deux jeux – qui plus est conçus pour être accessibles au plus grand nombre – le prix peut être un argument qui fait pencher la balance. Surtout que là on passe du simple (20€ pour la boite D&D), au double (39,90€ pour Pathfinder 2). On pourrait s’arrêter là et prendre le moins cher. Mais l’objectif de cet article est justement de ne pas se contenter de cet unique critère du prix de vente.

Ce serait trop simple.

Le contenu et angle d’approche

Depuis quelques années, le format boîte a (à nouveau) le vent en poupe. Au point de voir fleurir en boutiques plusieurs catégories. Il y a les boîtes d’initiation au jeu de rôle (D-Start, Chroniques oubliées), les boîtes de découvertes pour un univers précis (Tales from the loop, Alien, L5A) ou encore les boîtes de base (l’Appel de Cthulhu v7). Alors dans quelle catégorie se rangent nos boîtes du jour ?

Sortie en France en 2012, la boîte d’initiation Pathfinder a longtemps été un modèle du genre. Elle a d’ailleurs beaucoup inspiré BBE pour ses boîtes Chroniques oubliées. Aujourd’hui, alors que le format s’est démocratisée au point de se banaliser, que peut apporter cette seconde itération ?

De premier abord, le contenu est somme toute classique :

  • Un guide du joueur (72 p.) contenant les règles de jeu simplifiées et la création de personnages jusqu’au niveau 3
  • Un livre pour le meneur (88 p.) contenant un donjon à explorer sur 2 niveaux et beaucoup de conseils pour continuer un peu l’aventure,
  • Un plan imprimé recto-verso représentant respectivement chaque niveau du donjon.
  • Plus de 100 pions en carton
  • 4 pré-tirés (seulement… mais il y a des feuilles de PJ vierges)
  • 4 cartes mémo fort bienvenues et fort utiles
  • Un set complet de dés de couleurs différentes pour aider les débutants (« – lance 1D12 ! – lequel ? – le bleu – Ah ok! »)

On constatera que contrairement aux dernières boîtes éditées par BBE, l’absence d’un écran se fait remarquer.

Pour D&D, là aussi, la 5ème édition a déjà bénéficié d’une boîte d’initiation et Wizard of the coast revient avec une boite titrée L’essentiel au lieu de « kit d’initiation ». Sommes nous en droit d’attendre une boîte complète offrant plus de contenu ludique qu’une simple boîte d’initiation ? En tout cas, son contenu est beaucoup plus fourni que la précédente :

  • Un livret de règles qui explique comment jouer et créer son personnage jusqu’au niveau 6.
  • Une aventure d’initiation
  • Une grande carte dépliable recto-verso
  • Un écran (très beau, en 4 volets carton souple) qui reprend les mêmes tableaux, coté MJ, que l’écran officiel (dommage qu’il ne soit pas dédié à l’aventure proposée).
  • 6 fiches de personnage vierge (pas de pré-tirés donc)
  • 11 dés différents, mais de même couleur
  • 81 cartes d’objets magiques, les PNJ, les états et l’initiative. Petit plus appréciable : il y a même une boîte pour ranger les cartes.

On constate donc une différences d’approche sur les aides de jeux. Pathfinder met l’accent sur l’immersion avec des pions pour mieux se situer dans le donjon, alors que D&D favorise le confort de jeu avec un écran pour le MJ et des cartes pour les joueurs et les joueuses.

Les systèmes D20

Sachant que les deux système ont la même base (Pathfinder est un dérivé du système D&D 3.5), il va être difficile de les départager. On retrouve les modificateurs de caractéristiques, la liste de compétences qui en découle, les jets de sauvegarde, les classes d’armures, les bonus de maîtrise, etc. Bref, rien de neuf sous le soleil. Les fondations sont solides et elles sont toujours là.

Ceci étant, les deux systèmes ont su évoluer pour avoir leur propre identité et leur « saveur ».

De son côté, D&D a fait l’objet d’un travail considérable de simplification dans son approche et dans la résolution de ses actions.

Tandis que Pathfinder s’est démarqué avec cette seconde édition avec, essentiellement, la mise en place de points d’actions. Chaque personnage possède 3 points d’action et 1 réaction. Selon ce qu’il souhaite faire, il peut dépenser ses actions comme bon lui semble. Sachant que certaines attaques ou efforts coûtent plusieurs actions. Par contre, si le joueur décide d’attaquer 3 fois durant son tour, c’est tout à fait possible, mais il aura un malus pour sa deuxième attaque et un malus encore plus important sur sa dernière attaque.

Ce système de points d’action incite donc les joueurs à varier ce qu’ils font durant leur tour de jeu.

La différence se fera donc sur des détails. Mais pour résumer, vous avez d’un coté un système simple et épuré (D&D) et de l’autre un système plus riche, offrant plus d’option de jeu (Pathfinder).

A vous de voir ce que vous préférez.

Mais au final, les deux systèmes ont aussi le même défaut : l’action que vous entreprenez dépend de votre lancer de dé. Vous n’avez pas ici de levier ludique tel que des jetons (Deadlands), des points d’héroïsmes (Clé en main), de l’énergie (FACES), du momentum (Luchadores) ou du dK pour venir influencer votre jet d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas gênant, mais c’est parfois frustrant quand on a goûté aux mécaniques de jeux citées plus haut.

A l’aventure compagnon !

En dehors du prix de vente qui marque clairement la différence, la balance du pour et du contre oscille sous le poids de quelques détails qui sont d’ordre du goût personnel plus que d’éléments factuels et objectifs.

Mais, pour moi, le critère qui fera pencher la balance d’un coté ou d’un autre sera essentiellement l’aventure proposée.

Pathfinder propose un donjon détaillé sur 2 étages. Très didactique, il propose des paragraphes d’ambiance prêts-à-lire et accompagne le meneur ou la meneuse tout au long de l’aventure. Une fois terminé, vous trouverez à la fin de l’ouvrage quelques pages décrivant Otira, la petite bourgade où se situe le donjon et dans laquelle vous pouvez prolonger un peu l’aventure. Malheureusement, finie la partie didactique puisqu’ici les « intrigues » se résument à quelques synopsis en un paragraphe.

Mais la majorité du livret du meneur contient des conseils pour créer ses propres aventures ainsi qu’un bestiaire varié. D’ailleurs, toutes les créatures du bestiaire sont disponibles en pion cartonné.

A savoir qu’il existe un supplément intitulé Otira en difficulté, vendu à part et pour 25€, qui succède directement à la boîte d’initiation puisque les trois aventures proposées commencent à partir du niveau 2 et, donc, dans le même cadre de jeu.

A gauche, les dés Pathfinder. A droite, les dés D&D

Concernant Dungeons & Dragons, disons le tout de suite : la barre est placée très haute. Le principe est le suivant : les PJ arrivent dans la petite bourgade de Phandaline, dans laquelle – pour faire simple – il y a un panneau de quêtes. Au début, trois quêtes de base sont proposées. Puis le tableau va venir s’enrichir avec des quêtes avancés (six au total). Même si cette approche fait très jeu vidéo, elle a le mérite de laisser une certaine liberté aux joueurs. De plus, un fil rouge ou plutôt « une menace de fond » lie toutes ces quêtes.

Sur la forme, là aussi c’est irréprochable : textes à lire, beaucoup de plan et bestiaire illustré.

La première boîte d’initiation D&D proposait déjà un excellent module d’aventure et ils ont réussit à récidiver pour notre plus grand plaisir. D’ailleurs, se situant dans la même ville, il est tout à fait possible de venir piocher des éléments de la première boîte pour les inclure dans celle-ci.

And the winner is…

Quand il y a un match, il faut un gagnant.

Mais sur quels critères devons-nous déterminer le vainqueur ?

Si c’est sur la boîte, clairement D&D prend la première place haut la main : prix, contenu, module d’aventure allant jusqu’au niveau 6. L’appellation « essentiel » n’est pas volée et son contenu vous offrira un temps de jeu considérable.

Si on juge sur le système, j’avoue avoir une préférence pour Pathfinder que je trouve plus intéressant à l’usage. Surtout dans cette version « allégée » qui le rend accessible. Mais il faudra investir du temps (pour créer ses propres aventures) ou de l’argent (pour se procurer le supplément) pour prolonger le plaisir de jeu.

Mais ces boites vous permettent également de « goûter » alternativement à ces deux piliers du JdR d’heroic fantasy pour ensuite, si ça vous plait, vous investir dans le jeu et dans les nombreuses campagnes que chaque gamme propose.

Mais ça, ce sera pour un autre match.

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