Mantoid Universe

La fin du monde a eu lieu… et c’est dans ce chaos ambiant que vous devrez survivre.

Si vous avez déjà joué aux précédents jeux de Batro’Games (Space Sword, Planète Hurlante), sachez que Mantoid Universe est le prolongement chronologique de ces univers (intitulé : la trilogie du chaos). Mais pas besoin de connaître ces jeux pour apprécier pleinement Mantoid Universe puisque, comme expliqué plus haut, la fin du monde a eu lieu, Azathoth, le dieu du chaos, a tout détruit. Laissant place à un Gloubiboulga de violence, de mutation, de folie et de dépravation. Bref, le chaos sous toutes ses formes. Et pourtant, le tour de force de l’auteur, Batronoban, est de réussir à rendre ce n’importe quoi cohérent, fun et ludique.

Mais commençons par le commencement : Mantoid Universe, c’est quoi ?

Comme évoqué en introduction, Azathoth a tout pété, laissant les résidus des planètes sous forme d’îlots flottants sur la mer du chaos. Dans ces restes d’avant, un leader apparu – Androgyne-roi – qui unit tous les peuples jusqu’alors perdus. Mais ce dernier créa deux peuples qui se rebellèrent successivement contre sa toute puissance : les Sumériens et les Voyvodes (robots-sorciers). Deux peuples dont la puissance ne cesse d’augmenter et leur ombre menaçante de grandir. Beaucoup d’autres factions (des chevaliers d’or, des hommes-porcs, etc.), sont également décrits, venant ainsi enrichir l’univers et offrir autant de leviers  sur lesquels le MJ pourra agir.

« Je vis, je meurs, et je vis encore »

Les joueurs ne commence pas avec un personnage, mais avec deux, trois voire quatre. Chaque protagoniste est généré aléatoirement (à l’aide de tableaux). Avec un D12, on tire plusieurs attributs les uns à la suites des autres : le peuple, la classe, la qualité, la motivation et les points de vie du personnage. Tout est fait pour aller vite et à l’essentiel. Ne vous attendez pas à des grands moments de roleplay dans Mantoid Universe. Le jeu propose plutôt une aventure rapide, intense et fun, jouant constamment aux montagnes russes, rythmé par le côté aléatoire – chaotique, même – voulu par le dieu Azathoth.

Les personnages n’ont pas de caracs chiffrées : chaque action se résout au D12 : 1-5, c’est un échec, 6-9 « réussit, mais… » et de 10 à 12, c’est une réussite. Mais ne voyez pas ce système minimaliste comme une mauvaise chose. L’intérêt du jeu n’est pas là, mais plutôt dans l’aléatoire et le fun que propose l’univers.

La scène d’introduction de chaque aventure sera toujours la même : tous les personnages de tous les joueurs devront combattre dans une arène complètement folle. Le joueur devra choisir parmi ses survivants son élu divin. Ce dernier passera niveau 1 (nouvelle compétence, plus de points de vie) et il sera mandaté pour effectuer une mission au nom d’Androgyne-roi ou du crabe (chef de la mafia : mission de contrebande, mercenariat, etc.). Chaque mission est générée aléatoirement (à l’aide de tableaux, toujours) au début de la séance pour un format de parties courtes allant de 1h30 à 3h00 de jeu.

Vous l’avez compris, le jeu s’appuie énormément sur des tableaux. Ce qui offre aux meneurs de nombreux exemples pour retranscrire fidèlement l’univers voulu par l’auteur. C’est un point rassurant pour les MJ qui auraient peur de ne pas avoir assez de folie en eux pour se lancer dans le jeu. A l’inverse, la consultation trop fréquente de ces tableaux peut ralentir la dynamique effrénée voulue par le jeu. Faiblesse qu’un simple écran de jeu, regroupant tous les tableaux, pourrait combler sans problème.

Rise rôliste, rise !

La première moitié du livre commence par des conseils de jeu adressés au meneur. Pour résumer: « Fuck » tout ce que vous connaissez, « Fuck » vos habitudes de jeux et lâchez-vous !

A travers tous ces conseils et ces exemples, l’auteur réussit le tour de force de retranscrire, au delà de son univers, SA manière de faire jouer. Et c’est pourquoi je trouve que Mantoïd Universe est un très bon jeu pour tous les joueurs qui souhaitent passer de l’autre coté de l’écran : des parties courtes allant de 1h à 3h, plein d’exemples et de conseils, beaucoup de tableaux pour amorcer l’improvisation et surtout, surtout, pouvoir mettre en place le chaos ambiant voulu par Azathoth.

Ainsi, aucun risque de « foirer le scénario ». Lâchez-vous ! Amusez-vous ! Glissez des « peaux de bananes » (du chaos, évidement) pour compliquer les actions de vos personnages. Apprenez à décrire des scènes ou à mettre en jeu tel PNJ issu de telle ou telle faction. En un mot : jouez. Et ce sans aucune pression. Le seul hic, c’est que du fait des sujets sombres et décadents qui forment l’univers de Mantoid Universe, ce dernier ne peut s’adresser à tout le monde (une pastille « -18 » est même placée en 4ème de couverture !).

La deuxième partie du livre développe l’univers du jeu et ses protagonistes. Rien n’est détaillé et pourtant, on a l’impression que tout y est. Vous avez besoin de mettre en jeu de la contrebande ? Faîtes intervenir le crabe. Vous avez besoin de remettre un peu d’ordre et de discipline, faîtes intervenir les chevaliers d’or – la garde d’élite d’Androgyne-roi. Il y a même des propositions ludiques d’apparence anecdotiques mais tellement fun. Comme par exemple les Zazamon, des petits animaux de compagnie créés par les prêtres d’Azathoth. Vous pouvez les capturer, les dresser, les faire monter de niveau et les faire combattre dans des arènes. Bien évidement, tout n’est pas rose et mignon (et oui, bienvenue chez Batrogames !), un Zazamon utile est un Zazamon mort. En effet, une fois sacrifié, il offre un point de chance par niveau acquis (le cœur des Zazamons est constitué de chaos pur).

Vous l’avez compris, malgré son univers sombre, chaotique et désespéré, tout est là pour que vous vous amusiez sur une période courte et intense. Et, en ce qui me concerne, j’ai trouvé le jeu qui remplacera mon Cthulhu d’Halloween. Let’s Rock !

Vincent

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