Un peu plus près du soleil

Ah, pourtant, on le croyait en vrille, en chute libre, la glu décollée par la chaleur des cieux, près de s’abîmer dans les flots noirs de l’océan des aventures éditoriales perdues. Et puis, finalement, le revoilà, superbe phénix qui bombe à nouveau le torse, prêt à nous fournir à nouveau le meilleur de ses jeux. Oui, vous l’avez reconnu, je parle d’Icare, anciennes éditions aujourd’hui reliftée en collection au sein du vaste catalogue de Black Book Editions. On a été demandé des éclaircissement à M. Icare, Jean-François Morlaës.

1. Bah alors, je croyais que tu voulais tourner la page de Icare et te voilà déjà de retour dans le domaine de l’édition du JdR. Accro’, hein ?

Accro, c’est certain. En fait je continue à intervenir mais de manière différente. En matière d’édition ce qui me passionne par-dessus tout c’est la gestion de projets, faire en sorte que des éléments disparates se rejoignent pour former un tout cohérent. Dans le cadre de cette nouvelle collaboration, je vais pouvoir me consacrer essentiellement sur cette tâche, laissant la gestion de tâches où je suis moins compétent aux membres de l’équipe de choc de BBE. Mais ce qui a fait pencher la balance est le plaisir de poursuivre mon travail sur des gammes que j’ai suivi depuis le début, et surtout de pouvoir continuer à travailler auprès des auteurs et illustrateurs que j’apprécie.

2. Tu es donc le directeur de la « Collection Icare » au sein du catalogue de Black Book Editions. (…) OK, en clair, tu as été racheté par les Hommes en Noir, c’est ça ?

Tu as bien vu que je roulais en Porsche désormais… Alors déjà, soyons précis, je ne suis pas directeur mais plutôt responsable éditorial, je rends donc des comptes à la direction de BBE qui validera (ou pas) mon travail. Pour ce qui est d’être racheté, comment dire… Haha ! (air rigolard mais désabusé). Les seules transactions ayant eu lieu concernent un droit de jouissance d’un peu de matériel éditorial (c’est grâce à ça que j’ai pu acheter mon bolide… Heu pardon régler des factures.) et la vente de mon stock restant à une boutique tiers. Donc il n’y a pas eu de rachat, juste un sincère témoignage de solidarité professionnelle (le coup de pouce sur Interface Zero), suivi d’une rencontre et d’une envie de travailler ensemble sur des projets que nous apprécions mutuellement. Bref désolé, mais pour dénoncer le Grand Capital, il faudra chercher une autre affaire.

3. Peux-tu expliquer au Béotien que je suis pourquoi BBE n’a pas simplement racheté les licences qu’ils souhaitaient parmi ton ancien catalogue ? C’était plus simple, non ?

Parce qu’ils ont estimé, je suppose, que mon travail passé n’était pas si mauvais que ça, qu’ils sont déjà débordés, qu’ils avaient envie de collaborer avec moi, que je connaissais déjà les différents intervenants, ou parce que c’était un mardi.

4. Le premier jeu sera bien sûr la VF de Interface Zéro pour lequel tu avais déjà reçu le soutien de BBE, éditeur du système Savage Worlds. Du coup, pour ce projet, ça ne change rien, si ?

Si ça change un peu, mais en mieux. Le projet gagne en ampleur et en ambition au niveau qualitatif. Nous travaillons actuellement dessus et faisons tout ce qu’il est humainement possible de faire pour boucler le projet rapidement (mais bien).

5. Après, ça devrait être une nouvelle édition de Pendragon (…) oh wait ! Encore ?!

En fait, il s’agit plutôt d’une continuation. L’intégration au catalogue de BBE implique une refonte et une reprise de la gamme, c’est logique. Par contre, nous travaillons à livrer l’édition que j’ai toujours rêvé de faire sans jamais en avoir les moyens. Au niveau fond, il y aura du contenu inédit bien entendu, mais aussi une relecture sévère agrémentée d’une mise à jour à la version 5.2 des règles. Au niveau forme, on projette du très lourd à faire que même Lancelot en oublierait Guenièvre… Il est encore un peu tôt pour en parler, mais ce sera certainement le plus gros et enthousiasmant projet que j’ai eu à gérer. En passant, la nouvelle édition comprendra la suite et fin de la Grande Campagne.

6. Tout ça, c’est bien joli mais la grosse plus-value de Icare, c’était quand même le soutien audacieux à la création francophone. Voir Würm, Cats et Praetoria Prima entre un Pathfinder et un Shadowrun dans le catalogue BBE, c’est ça qui serait fun. Tu peux nous donner des garanties là-dessus ?

Oui. L’idée c’est de poursuivre dans le même esprit. Je doute que BBE s’associe avec un électron libre comme moi sans se douter que tôt ou tard je vais me pencher sur une production indé talentueuse. Pour ce qui est des trois jeux cités, les contrats sont transférés et les rééditions prévues (par contre sous quels délais, je ne saurais dire).

7. Tu as une marge de manœuvre pour développer cette « Collection Icare » ou bien ça consiste uniquement à gérer le patrimoine ?

Bonne question. Pour l’instant, je vais m’atteler à gérer le patrimoine, comme tu dis. Dans un second temps, j’aurais certainement besoin d’un espace de liberté éditoriale, mais d’une il est beaucoup trop tôt pour ça, et de deux je suis persuadé que David et Damien seront très ouverts et confiants sur la question.

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