L’éclosion de Quentin Forestier

Snif, moi, ça me fait toujours la buée sur les lunettes quand je vois un nouvel auteur tenter de casser sa coquille avec son petit bec tout mignon puis extraire son petit corps malingre avant d’essayer de voler de ses propres ailes. Du coup, c’est avec une tendresse toute particulière que l’on tend notre micro à l’un d’eux, Quentin Forestier, qui, en plus, a le bon goût d’appeler son nouveau projet La Couvée. Interview.

1. J’en étais resté à Vivere, le jeu dit de « space fantasy » et maintenant, Quentin, tu nous reviens avec La Couvée. C’est quoi ?

La Couvée est un jeu pour jouer un alien de l’espace, mais pas que. Pas que, parce que qu’on les retrouve dans beaucoup d’autres univers qu’ils soient SF, fantastique, horrifique ou med-fan (et même cyberpunk).

2. Ah mais OK, en fait, tu voulais surfer sur la vague des reboots de vieux jeux francophones mais tu n’as pas obtenu les droits d’Alienoïd, c’est ça ?

C’est pas déjà tombé dans le droit commun ça ? C’est marrant mais il n’y a que les fossiles qui se souviennent de ce truc là. Je l’ai lu pour me faire une idée du niveau de plagiat réalisé et au final je nous trouve très différents. Le premier, Alienoids, va nous faire incarner des Prédators crasseux suppurant de bio-tech mort/vivante teinté de MIB.

La Couvée elle, te fera jouer le bon vieux alien, le prédateur. Mais comme les licences de Starshiptroopers, Tyranid, et Zerg coutaient un peu cher, je fais semblant de rien. La Couvée permet aussi de jouer des trucs crasseux dans une ambiance MIB à l’envers. Mais en tellement plus light.

3. La Couvée est donc un jeu où les joueurs incarnent collectivement un seul PJ. 50 % de chances pour que ça finisse en baston autour de la table, pas vrai ?

Là tu touche au centre nerveux du système. Les joueurs vont devoir jouer collectif, et ils n’ont ont pas l’habitude. En général, c’est chacun ses XP, chacun ses dés etc. Ici, on parle de conscience collective. Tous les PJ sont connectés entre eux et possèdent une réserve globale de point d’actions (pour résumer). Cette réserve va fluctuer en fonction des jet des dés, des décisions et des rencontres.

Le plus difficile, c’est de faire accepter aux joueur accro au JdR de la vieille époque que leur perso est un élément parmi d’autres et que si ils ont décidé de jouer « le tank » ils vont certainement y passer en premier… pour le bien des autres.

4. Pas d’univers de référence, une créature qui reste à définir avec les joueurs… en clair, tu es un gros fainéant, nope ?

Mr. fainéant, stp. Le livre ne fera qu’une centaine de pages, en plus en en noir et blanc. Faut que j’économise mon illustrateur aussi (Guillaume Hipault). Comme expliqué ci-dessus, les licences des grands noms de bestioles à 6 pattes et plus coûtent leur prix. Mais comme j’en ai fait l’expérience avec R.O.B.O:T, chacun se fait sa propre idée de la thématique. Pour éviter de me retrouver face à un boucher de la SF et du copyright en convention je préfère fournir un « émulateur » qu’un univers typique.

Deuxième réflexion, leur trouver un nom de race genre « Alienoid » dans un univers figé aurait encore plus limité les MJ. Pour les quelques tests réalisés, ces MJ ont pour certains appliqué le système à leur jeu vidéo/film/livre préféré quand d’autres n’ont pas permis de jouer l’antagoniste, le temps de quelques parties pendant une pause de campagne.

Pour résumer, le jeu va s’introduire sur la présentation d’une espèce lambda (avec ses petites spécificités quand même) puis, fournira plein de truc & astuces pour se hacker elle-même. Donc vous pourrez tout aussi bien jouer des parties de La Couvée dans un space opera de votre choix, un médiéval-fantastique crasseux (où il n’y a que la guerre), les égouts de Manhattan, au pied de l’arbre Mana ou dans un lycée japonais… (soyons fous).

5. La Couvée est apparemment l’évolution d’un jeu que tu traînes depuis tes 16 ans. (…) Ouh, pinaise, j’ai relu récemment les notes prises pour un scénario écrit à cet âge et pour rien au monde je ne souhaiterais qu’il soit rendu public : le Monde n’est pas prêt pour lire ça. Toi, par contre, t’assumes ?

16 ans… déjà !  Le temps passe vite quand on maîtrise. J’ai pas honte de ce que fut La couvée il y a 16 ans. Un gros paquet de feuilles, illustrées à base de screenshots retouché sous Paint et mis en page avec Word. Je peux te rassurer, tout à été entièrement réécrit.

6. Tu as en outre rôdé ton jeu pendant deux ans en convention et, pourtant, tu as réussi à ne pas te dégoûter définitivement du JdR. T’as un secret ?

La drogue. Mais c’est un secret.

7. Sans te faire outrage, Quentin, on peut dire que tu es moins connu dans le milieu que Le Grümph ou Yno. Du coup, s’en remettre au combo POD + PDF, ce n’est pas un peu risqué ?

C’est au contraire le moins risqué, j’ai une cave pleine de mes précédents projet. Ces solutions sont les plus efficaces, pratiques et rentables sur bien des plans (financiers, logistique, communication… ). Mais comme tout, il y a une analyse d’intentions et d’échelles sur les objectifs de productions et de pénétration du secteur. Comme je ne souhaite pas nourrir les baleines, je fais de l’économie de plancton.

8. OK mais, pour le dire, autrement, pourquoi tu fais ton timide ? Un petit foulancement des familles et hop. Non ?

Des foulancements j’en ai fait trois. J’en ai réussi 2 et pour le 3eme j’ai découvert que la communauté rôliste était fort sympathique. Non pas de foulancement pour moi. Déjà, ça va réduire le temps d’attente pour les « souscripteurs ». Et ça consolide mon modèle « Osef markéting ». Et si ça fait grincer ceux qui s’engraissent avec, ça me va.

9. On a déjà présenté le kit de démo de La Couvée dans un précédent Lundi/gratuit. Et la suite, c’en est où ?

Déjà merci pour ce petit article, ça m’a fait plaisir, enfin à Maman surtout.

On en est à la relecture, il n’y a que 5 chapitres, ça devrait aller vite. Les illustrations sont toujours en cours de réalisation. Je ne vais pas vous donner de dates, ça porte la poisse.

10. Eh, au fait, c’est cool maintenant que Icare est devenu une collection au sein de Black Book Editions, tu vas pouvoir republier R.O.B.O:T et devenir riche, non ? Non ?

Mais Grave ! Dommage pour eux j’en possède les droits 😀 Mais je compte bien surfer sur la mode et vous faire un reboot.

 

http://iblitzcorporation.fr/

Une pensée sur “L’éclosion de Quentin Forestier

  • 16 juillet 2017 à 03:40
    Permalink

    Narbeuh merci. J’adore votre jeu et vous me faites bien rire ! À bientôt pour de nouvelles aventures.

     
    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *