Rage across the Gevaudan

Comme pour beaucoup d’entre vous, il nous tarde de revoir un jeu estampillé John Doe dans les bacs. Il faut dire que l’éditeur a fait miroiter quelques titres pour les mois… euh les années à venir (Exil 2, Quantiquité, etc.) qui nous intriguent. Meute, le jeu des loups-garous franchouillards, est de ceux-là. Nous avons donc posé quelques questions à Julien « Jorune » Moreau, son auteur. Déjà, un bon point pour lui : il a réussi à ne pas se mettre en rage devant les questions de notre intervieweur préféré…

 

1. T’as eu l’idée d’un jeu sur les loups-garous et tu t’es dit « oulalah, c’est trop original, ça ! ». Ça s’est vraiment passé comme ça ?

En fait non! Au lieu de cela, j’ai commencé plutôt à réfléchir à un jeu qui mette en avant les joueurs et leurs interactions. Je voulais qu’il puisse y avoir des tensions, des différends mais aussi une vraie solidarité entre eux, qu’ils constituent un groupe capable de se rassembler quand il le faut pour faire face ensemble aux difficultés. Attention, voici l’instant prétention : je voulais proposer un jeu sur le vivre ensemble, sur la difficulté qu’il peut y avoir à côtoyer même les plus proches (et parfois à vivre avec soi-même!) sans parler de devoir gérer des situations avec d’autres acteurs du monde occulte forts différents de soi.

C’est là que j’ai eu l’idée d’une meute, ce petit groupe uni, organisé, avec des objectifs communs mais où les relations ne sont pas forcément un long fleuve tranquille. Ensuite ça m’a amusé de trouver des rapprochements entre les comportements des loups et des hommes pour proposer aux joueurs d’incarner des lycanthropes (des Neuris dans le jeu) originaux. Puisque j’en étais à réfléchir au surnaturel, j’ai introduit des éléments de folklore de nos légendes, en les « twistant » bien sûr pour bousculer le quotidien des personnages et alimenter la « machine à scénarios ».

Et voilà, Meute était né.

2. Pffff, admettons. En tout cas, moi, j’ai déjà tout Werewolf. Pourquoi j’achèterais ton jeu en plus ?

Alors si tu achètes Meute, ce sera je crois pour des raisons vraiment très différentes de ce qui a motivé ton achat pour Werewolf. Je précise si besoin est que j’aime bien Werewolf que je perçois comme un jeu contemporain fantastique plutôt orienté action.

Sur la forme, Meute est également un jeu contemporain mais il se situe en France et non aux États-Unis. Le fantastique est plus discret, plus sobre, l’intention est le décalage qui met mal à l’aise plus que le spectaculaire.

Surtout, les enjeux de Meute se situent sur les choix faits par les joueurs en tant qu’individus et en tant que meute, sur les relations qu’ils vont entretenir entre eux et avec le monde qui les entoure. La violence par exemple est toujours possible mais rarement le meilleur choix. Les joueurs incarnent non pas une créature hybride à la fureur destructrice mais deux âmes présentes dans le même corps, un être humain et un loup. Ce dernier possède une personnalité, frustre certes mais en aucun cas mauvaise ou nécessairement violente. Au choix de chaque joueur, ces deux personnalités sont proches ou au contraire radicalement opposées.

Un scénario type de Meute ne proposera pas au groupe de personnages de combattre les séides d’une entité maléfique mais plutôt de gérer une situation potentiellement explosive dans leur quotidien comme l’arrivée d’un Incarné (une légende du folklore possédant un être humain) sur leur territoire. S’il est sans doute une menace de par son incompréhension du monde des hommes, il n’est pas forcément un ennemi. Faut-il le tuer? L’enfermer? Le convaincre de faire profil bas et apprendre à le connaitre? Comment vont réagir les autres acteurs du territoire, les surnat’ mais aussi la police, la presse ou l’entourage humain des personnages? Et d’abord les personnages joueurs sont-ils tous d’accord?

Chaque joueur définit des relations entre son personnage et les autres membres de la meute. Chaque personnage et notamment l’Alpha du groupe, participe aux décisions de cette meute, pour la protéger et gérer son territoire contre les événements qui vont survenir/ les mauvais coups du Meneur.

Je crois vraiment que comparer ces deux jeux n’a pas vraiment de sens, un peu comme comparer New York et le Gévaudan. On peut préférer l’un ou l’autre mais on peut tout à fait aimer les deux !

3. Ça fait un moment que j’entends parler de ce jeu et on ne voit rien venir. Allez, tu peux te lâcher, personne ne nous écoute : tout ça, c’est la faute de l’éditeur, non ?

C’est surtout la faute à la vraie vie qui comme chacun sait peut parfois être difficile et ne pas nous laisser le loisir de s’occuper de nos à-cotés, étant entendu que chacun a sa vie personnelle et professionnelle à gérer avant tout. C’est sans doute une réponse assez bateau mais néanmoins vraie, la rédac’ ne me dira pas le contraire, je crois! Cela dit, tu remarqueras qu’on a été prudent et que personne ne s’est engagé sur une date ferme et d’ailleurs personne n’attend après son argent puisque nous n’avons pas (encore) lancé de précommande.

4. John Doe a malgré tout un rythme de parution assez lent. Tu n’as pas peur que cela handicape ton jeu ?

John Doe, c’est avant tout une marque qui a fait ses preuves en terme de qualité éditoriale. Je considère plutôt que c’est un honneur pour moi d’ajouter mon jeu à leur catalogue.

5. JD est plutôt spécialisé dans les gammes courtes voire dans les livres uniques. Il y a un suivi prévu pour Meute ou ce sera un one shot ?

Meute est un jeu en sandbox où chaque Meneur est invité à créer, conjointement avec sa table, sa propre campagne, même si un cadre tout prêt, le Gévaudan, est proposé dans le livre. Le jeu se suffit en lui-même.

Néanmoins, nous allons bientôt lancer une petite souscription en proposant du contenu additionnel : le jeu lui-même est pratiquement terminé mais quelques éléments supplémentaires pourront être produits si cette souscription est une réussite.

6. Au niveau du système, le jeu porte bien son nom ? Est-ce qu’il y a quelque chose dans la mécanique pour gérer l’effet de meute ?

Je ne sais pas exactement ce que tu appelles l’effet de meute mais oui il y a des mécaniques particulières.
Chaque joueur a donc des Relations avec les autres membres de la meute, qu’il peut utiliser pour les aider ou bien au contraire pour leur imposer des choses. La meute dispose également d’outils, comme le Lien de meute (une réserve de dés commune avec un certain nombre d’applications utiles) ou encore les Mémoires, des souvenirs des anciennes (parfois très anciennes!) vies des Loups de la meute qui permettent d’explorer le passé de la meute et de découvrir comment elle s’est attachée à son territoire tout au long de son Histoire..On peut aussi ajouter les Suiveurs, les membres PNJ de la meute, crées et gérés par les joueurs.

Chaque personnage est en outre doté d’une jauge de Prégnance qui exprime l’état du Loup, d’endormi jusqu’au moment où c’est lui qui prend les commandes, le joueur devant alors adapter son roleplay en conséquence. C’est l’état de cette jauge qui permettra ou non à chaque personnage d’activer les capacités de la meute.

Comme dans toute meute qui se respecte, chaque meute est dotée d’un Alpha, un chef, un personnage joueur qui dispose de quelques prérogatives mais aussi d’obligations particulières.

Si tu veux en savoir plus et bien il ne te reste plus qu’à acheter le jeu!

7. Autre originalité, le jeu se passe en France, avec des allusions marquées au folklore et aux légendes locales. Ce sera une sorte de Maléfices mais avec des poils, en somme ?

J’aime beaucoup Maléfices. J’en profite pour faire un petit coucou aux membres du Club Pythagore qui ont eu la gentillesse de m’inviter à leur 30eme rencontre à Provins.  Merci mesdames et messieurs, c’était vraiment super!

Comparer Meute à Maléfices est très flatteur, merci à toi! Malgré cela, il n’y a pas beaucoup de points communs entre les deux jeux.

Tu as raison cependant sur un point, le folklore joue une grande importance dans une campagne de meute. Chaque Meneur de jeu est invité à développer les légendes de son cru en utilisant le folklore de sa région (ou de celle dans laquelle il veut faire jouer) pour créer ses propres Incarnés. Meute propose cependant toute une série d’exemples prêts à jouer comme l’Ankou ou les Faunes mais un Incarné peut parfois être bien davantage qu’une créature comme le lac souterrain de Fourvière à Lyon. On peut aussi citer les autres âmes doubles (la « famille » des Neuris), comme les Vouivres ou les Dames Blanches. Il y a  aussi les acteurs du monde des hommes. Les idées ne manquent pas!

8. Tu peux nous donner une date à laquelle on est sûr d’avoir du concret ? Et, au fait, ce sera un CF ou une sortie directe ?

Il y aura une souscription lancée sans doute juste après les fêtes. Logiquement le jeu devrait être livré pour la fin du premier trimestre 2018.

 

http://johndoe-rpg.com/

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