Y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?

Ah tiens, pour fêter le débarquement massif (pile pour le 6 juin,  ils sont forts, très forts ^^) de Pavillon Noir 2, BBE nous la joue façon bouchère. On apprend en effet sur le site de l’éditeur que si le foulancement de la deuxième édition du jeu de Renaud Maroy devait à l’origine représenter environ  600 pages de matériel (avec les deux »livres de base » La Révolte et A feu et à sang), le résultat final tiendra finalement dans… 1600 pages ! Mieux même, en y ajoutant tout ce qui ne se mesure pas vraiment en pages (cartes, pions, etc.), on apprend que le colis passe de 3 kg à plus de 11 kg au final.

Bah oui, les belles plantes (et Pavillon Noir en est assurément une), ça pousse quand on leur laisse le temps. Et cinq ans (le délai écoulé depuis le financement du projet), ça en fait du temps. Du coup, vu que vous aviez totalement oublié que vous avez souscrit à ce jeu (c’est bien : vous n’êtes pas du genre rancunier ^^), vous pouvez commencé à faire de la place chez vous. On vous rafraîchit la mémoire :

  • La Révolte et A Feu et à sang : les deux livres de base, donc. Toutes les améliorations physiques possibles ont été débloqués mais, surtout, environ 150 pages de plus ont fini par venir s’ajouter à un total déjà bien intimidant. Trop intimidant ?
  • L’Art de l’escrime et Entre ciel et terre : ces deux suppléments classiques (escrime, donc, et surnaturel) ont carrément mangé 100 pages de plus chacun.
  • Cartes d’escrime : des cartes à jouer, à bord rond, pour simuler au mieux les règles d’escrime contenues dans L’art de l’escrime.
  • Sets de dés spéciaux : comment a-t-on pu faire sans durant toutes ces années, hein ?

  • Cartes géographiques : rassemblées en un petit pack.
  • Dossiers de personnage : là aussi, un incontournable depuis une dizaine d’années.
  • Accessoires pour combat naval : un grand flip-mat effaçable à sec représentant… bah… la mer, quoi, livré avec des pions cartonnés de navires. Ces derniers sont compatibles avec les socles plastiques type Pathfinder mais ceux-ci ne sont pas fournis. Sinon, on passait à 11,1 kg et c’était le bordel et tout ^^
  • L’Ecran du MJ : avec en livret un scénario inédit de Renaud Maroy.
  • Le Hollandais volant : la campagne classique pour ce jeu est passée au calme de 70 pages dans la première édition… à 168 pages ! Le Hollandais volant en classe business, quoi.  En bonus PDF, une aide de jeu proposant de nombreuses cartes utiles pour la campagne.
  • Les aides de jeu : ce petit pack contient une trentaine de feuilles de navire, de manœuvres, de cartes, etc.
  • Les Carnets de Vercourt : le gros morceau. Sans doute celui qui a entraîné une bonne partie du retard. Déjà très ambitieux, le supplément fourre-tout (tout ce que vous vouliez savoir sur les pirates et la marine à voile) devient carrément hors-normes avec ses… 600 pages couleur.
  • Les cartes de magie, d’escrime et sandbox : toutes ces cartes sont regroupées sur des planches de cartes prédécoupées. En tout, on parle de… 152 planches de 8 cartes. Soit, mais oui bravo au fond, plus de 1200 cartes.

Le plus stupéfiant dans toute cette « affaire » Pavillon Noir 2, c’est finalement de voir à quel point nos repères de consommateurs de JdR en ressortent troublés, sans doute même définitivement bouleversés par ce qui s’est passé durant ces 5 dernières années (bien sûr pas que avec PN2 mais ce jeu en est le symbole).

En portant un regard traditionnel sur ce projet, on ne peut qu’être bien sévère. Des délais invraisemblables entre l’annonce et la réalisation, une communication fluctuante, des différences non-négligeables entre ce que l’on devait avoir et ce que l’on a (quand bien même dans le « toujours plus », nous y reviendrons)… Bref, un fiasco.

Mais on peut aussi réfléchir à rebours en partant de ce qui vient d’être livré (qui vous laisse de quoi jouer à PN2 pendant au moins les 10 prochaines années) puis jeter un regard rétrospectif et, là, évaluer les chances que l’on aurait donné à un tel projet de voir le jour. En se souvenant de la glorieuse époque de Pavillon Noir 0.5 (la version amateur que l’on s’échangeait sur plusieurs disquettes 3.5 pouces…), qui, en effet, aurait pu penser qu’un jour (certes lointain ^^) ce jeu pourrait bénéficier d’une édition si complète et si luxueuse ? Qui aurait pu alors miser un kopeck sur la possibilité d’une telle deuxième édition d’un jeu de création francophone exigeant sur un sujet historique finalement assez étroit ? Et pourtant, elle tourne, comme disait Galilée, évoquant sans doute là la mécanique de cette deuxième édition du jeu de pirates (ou pas).

Il faut bien l’avouer, nous n’avons pas toujours été les derniers à être agacés par les errements de ce loooong foulancement. Par exemple, le gonflement démesuré de la pagination dont se vante l’édition actuelle n’est pas forcément pour nous un critère de bonne santé éditoriale d’une gamme (on pense aussi au Dearg de Estetren qui présente à peu près les mêmes symptômes).

Cela dit, en ce qui concerne le principe même du foulancement à vue et les délais considérables, cela a-t-il encore un sens de se lamenter ? Le temps où on apprenait par la bande, au détour des Nouvelles du Front de Old Casus, que tel jeu ou supplément était finalement sorti et qu’on pouvait le feuilleter le soir même après avoir été jusqu’à sa boutique préférée se le procurer est révolu et ne reviendra pas.

Tiens, d’ailleurs, à l’époque, Pavillon Noir ne pouvait même pas s’acheter en boutiques.

CQFD ?

6 pensées sur “Y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?

  • 5 juin 2018 à 12:17
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    Mouais enfin, en avoir plus que prévu, c’est un peu le fondamental du Crowdfunding. Dans ce sens Pavillon Noir répond parfaitement à ce que j’attend d’un CF, en avoir plus que prévu pour mon argent en échange de quoi j’avance sur du moyen terme une certaine somme d’argent.

    C’est ce que certains éditeurs oublient parfois en intégrant les palliers Bonus au prix de base avant même qu’ils ne soient débloqués.

    Si c’est pour avoir la même chose qu’en boutique et au même prix, à quoi bon avancer l’argent? Les rôlistes ne sont pas tous des mécènes fortunés, ce sont avant tout des clients.

     
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  • 5 juin 2018 à 17:39
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    Et en achat hors foulancement près de 350 euros pour la révolte, à feu et à sang, l’art de l’escrime, entre ciel et terre, ecran du MJ, le hollandais volant et les carnets du capitaine francis de vercourt donc sans les contreparties spécifiques au foulancement. Et pour jouer à un jeu de niche sauf à l’adapter pour le jouer plus cape et épée. Je me rappelle des premières versions amateurs et du site encore accessible mais pas à jour depuis 2007 !
    On peut se demander si il n’y a pas une dérive des foulancements à produire de beaux objets qu’on n’osera pas utiliser autour d’une table de peur de les abîmer. D’ailleurs pour moi ce sont les carnets du capitaine francis de vercourt qui m’intéresserai pour le côté encyclopédique sur l’époque, un comble pour un jeu de rôle.

     
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  • 10 juin 2018 à 11:06
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    Je commencerai mon petit commentaire en vous citant : « cela a-t-i encore un sens de se lamenter ? » Mesdames, messieurs, plus personne ne se souvient de la guerre 14-18 (même si on la commémore) et nos arrière-grands parents nous barbent avec la deuxième guerre mondiale. Les projets de jeux en crowdfunding ne mettent pas plus de temps à être finalisés que dans la formule classique. La différence c’est seulement qu’on annonce un projet précis et qu’on invite des gens à le financer par avance. Dans votre « bon vieux temps » des anciens combattants, un projet se développait aussi, souvent, sur plusieurs années et souvent n’aboutissait pas. Alors un conseil : la nostalgie du temps où le jdr ne se vendait qu’en boutiques spécialisées, laissez tomber.

     
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    • 11 juin 2018 à 10:29
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      Relis bien l’article : c’est exactement à la même conclusion que nous arrivons aussi 😉

       
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    • 14 juin 2018 à 14:11
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      à la différence qu’il y avait une date annoncée (suivi d’une com’ à la ramasse) et que c’était (au départ) « juste une réédition cosmétique ».

      PS : je vois pas le rapport avec les 2 guerres mondiales ?

       
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  • 11 juin 2018 à 07:57
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    Dans « l’ancien temps » (ou aujourd’hui pour tous les produits DD5, Edge…), quand tu payais, bah tu avais ton bouquin. Truc de vieux fou d’accord mais je donnais pas mon argent pour un livre dans 1ans-18mois (et pire) et qui pouvait. « changer » en cours de route…

    Les deux existent, avec leurs défauts et limites (trouver un vendeur conseil en jdr… ^^).

    Là, pour PN, ça fait effectivement beaucoup, beaucoup à lire… 4ans après faut garder la motivation ^^

     
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