Peur de rien, nous abordons des P.I.R.A.T.E.S

Du rhum, du vent, des voiles, que des choses pas commerciales … Bon, c’est vrai quand on rajoute Pirates aux paroles, on a tout de suite une chanson bien plus populaire. Et comme au Fix, on aime fouiner et perdre son temps ou rêver d’horizons ludiques sereins et vivifiants comme la botte de l’Alizée, on est tombé sur la souscription pour P.I.R.A.T.E.S. L’envie nous est venue de contacter Nemesis, éditeur à l’origine de cette succession réussie pour ce jeu apéro qui sort même en rhumerie, euh, en boutique.

Bonjour Nemesis, est-ce que tu peux te présenter ?

Némésis, c’est Julius Koller et moi [Anne Muller].

C’est en quelques sortes la suite logique de notre longue, longue amitié et d’une envie réelle de ne jamais laisser notre passion de côté. Ça concerne aussi bien le jeu de rôles, la vie en convention et les challenges. Après le succès de DragonDead (*), nous nous sommes vraiment posé la question : que faire maintenant ? Rester sur ces acquis, et le plaisir d’avoir vu l’aboutissement de notre travail entre les mains d’autres MJs ? Ou élargir notre horizon et passer à de nouveaux projets ? La décision nous est rapidement apparue évidente : continuer ! Nous avons à cœur de continuer à éditer, aider de nouveaux auteurs à réaliser leur projet, faire découvrir leurs créations au public, et participer encore et encore à des conventions. En bref : être acteur de l’univers du JDR. Si les Editions Etherna restent associées à DragonDead et son univers (Les Chroniques de Shaa’l, les scenarii, les suppléments…), leur « petite sœur » Némésis s’occupera de beaucoup d’autres choses.

Némésis a lancé avec succès le financement d’un jeu de rôles « apéro » : P.I.R.A.T.E.S. Avouez, l’acronyme est une question de droits parce que vous aviez sur vos côtes les avocats de Polanski, ceux de Barbe Noire et du capitaine Haddock réunis ? Ou alors, il y a un sens secret ?

Il est vrai que les avocats de Barbe Noire étaient très remontés ! Les experts ont beaucoup tardé à authentifier le Queen Ann’s Revenge, retrouvé il y a quinze ans. Nous avons voulu leur épargner de nouvelles procédures en renonçant à notre idée première : Captain Edward Teach RPG ! Plus sérieusement, P.I.R.A.T.E.S. est l’acronyme des caractéristiques qui définissent les personnages. C’était au départ un moyen simple de les mémoriser afin de proposer des parties « sur le pouce », en initiation, ou pour le plaisir. Et cela ne laissait aucun doute sur le thème, évidemment ! Le nom est resté au fur et à mesure des parties proposées par les auteurs, nous avions donc toutes les raisons de le garder ainsi.

Pour ceux qui, comme moi, auraient raté la souscription, est-ce qu’il y a des chances de voir un jour P.I.R.A.T.E.S. sur mes étagères ?

Tout à fait. Le succès du financement participatif nous a permis d’imprimer des exemplaires supplémentaires qui seront distribués par Némésis et en boutiques spécialisées. Si vous avez raté les canonnades, il est encore temps de ferrer sur le pont ennemi !

Sortir un jeu sur les pirates maintenant, c’est pour vous moquer de Pavillon Noir 2, l’Arlésienne du JDR ?

Il est vrai que les pirates ont le vent en poupe ! Notre projet s’inscrit dans une dynamique « apéro », bien loin de ce que représente la licence de Pavillon Noir. Mais si Pavillon Noir nécessite encore un peu de patience, alors P.I.R.A.T.E.S. peut certainement jouer son rôle de mise en bouche pour tous les boucaniers.

Le financement a été plutôt réussi. Ça vous a surpris ou vous vous y attendiez parce que vous avez acheté des souscripteurs en Inde et forcé les membres de votre famille à raquer ?

Il y a un sacré pas entre croire en son projet et attendre un succès financier. J’avoue que nous avons été surpris ! Le déblocage de tous les paliers a été, je pense, notre plus belle surprise. Nous savions que nous pouvions compter sur le soutien de notre communauté, et l’accueil très positif du public a visiblement fait le reste. Nous tenons à faire savoir que tous nos souscripteurs ont participé de leur plein gré et qu’aucun matelot, fusse-t-il de notre famille, n’a été maltraité (bonjour Maman !).

Les auteurs de P.I.R.A.T.E.S sont des quasi inconnus, dans le sens où j’ai cherché le nom sur le grog et je n’ai rien trouvé. Pouvez-vous nous présenter un peu l’équipe ? On a affaire à qui ? A des types avides d’argent qui se sont dit « lançons un jeu sur les pirates parce que ça vend » ou bien à des gens qui jouent à un jeu et ont voulu le donner au monde comme un cadeau ?

Stéphane Chaussat, Camille Schnakenbourg et David Paulo-Coimbra sont absents des sites spécialisés car il s’agit de leur toute première œuvre publiée. Cependant, ils sont des acteurs essentiels de l’associations Les Tisseurs de Rêves (La Garde, Var) et jouissent d’une belle réputation dans le milieu associatif, en Provence, et au-delà. L’idée de P.I.R.A.T.E.S. est d’ailleurs apparue en retour de convention ! Les responsables de P.I.RA.T.E.S. sont avant tout avides de jeu ! Ce sont des rôlistes engagés qui sévissent (et organisent) en convention depuis 18 ans. Le jeu avait d’ailleurs pour vocation première d’être destiné à l’initiation et d’être distribué gratuitement.

Après plusieurs années de présentation en convention et dans le cadre privé, P.I.R.A.T.E.S. s’est forgé une belle réputation auprès de la communauté. Ça commençait à « tchatcher », comme on dit en Provence, et de nombreux joueurs demandait s’il était possible de se procurer un exemplaire. Bien entendu la version gratuite était disponible, mais de nombreux rôlistes réclamaient un « vrai jeu », avec son background, ses règles, mais aussi un contenu plus détaillé, des scénarii pour renouveler les parties et développer de nouvelles aventures. Julius étant un habitué de la convention des Tisseurs de Rêves, où DragonDead avait déjà été mis à l’honneur, le lien était fait. J’ai levé la main, j’ai dit « pourparlers », le temps a fait le reste.

Perso, le jeu apéro humoristique ça ne me parle pas du tout. 1). Parce que je bois pas d’alcool. 2). Parce que le jeu de rôle c’est sérieux, Mille Sabords !! 3). Parce que j’ai pas le temps de caser une partie de deux heures avant mon donj’ du vendredi soir. Mais, vous, ça correspond à vos pratiques ? A quoi on joue quand on n’édite pas des JdR chez Nemesis ?

L’idée du jeu de rôles apéro est de pouvoir organiser une partie « n’importe où, n’importe quand ». La durée d’une partie est totalement adaptable. Il n’est pas rare d’attendre 30 minutes à une heure l’habituel retardataire ou la livraison des pizzas. On peut parfois avoir envie de « roleplayer » pas trop longtemps, et/ou sans prise de tête, sans longue création de perso et sans briefer pendant des heures les PJs sur l’univers. Le jeu a aussi reçu un excellent accueil les soirs de conventions de la part des joueurs désireux de ne pas rentrer tout de suite, sans pour autant jouer jusqu’au bout de la nuit. P.I.R.A.T.E.S. a donc facilement trouvé sa place en convention comme en privé. Au demeurant, la consommation d’alcool n’est pas obligatoire, mais boire du rhum in game est fortement recommandé !

Je note que vous avez opté pour un format A5 paysage avec beaucoup d’illustrations ? C’est venu d’où cette idée ?

Je pourrais vous dire que le format paysage évoque par son nom même les vastes eaux des Caraïbes, parsemées d’îles aussi exotiques que dangereuses, qui s’ouvriraient tel un magnifique panorama aux yeux du lecteur… En réalité, le format A5 se prête particulièrement au jeu car il est facilement transportable et soutien par ses proportions la notion de « petit jeu ». Le format paysage est venu d’une réalité plus technique : le maquettage. Très rapidement, il est apparu que le format paysage présentait une dimension plus lisible, plus agréable pour le lecteur. Le résultat, plutôt hors norme, est tombé sous le sens et a fait l’unanimité dans l’équipe.

Pour moi qui suis un banlieusard francilien, votre région, c’était surtout Batronoban. Mais je vois sur votre page Ulule que vous allez écumer les conventions dans le Sud de la France ce printemps et cet été. C’est un choix de rester dans la région ou c’est plus une question de logistique ?

Nous sommes une jeune maison d’édition, et P.I.R.A.T.E.S. s’inscrit avant tout dans l’univers associatif et événementiel local. Aller conquérir en premier lieu nos régions nous a paru évident. Tout d’abord car cela s’inscrit dans une logique « locavore », à l’échelle du jeu. Et cela nous permet également d’effectuer un « tour de chauffe » en vue de développer des projets à échelle nationale.

Vous avez encore beaucoup de boulot j’imagine parce que maintenant il va falloir livrer vos souscripteurs, est-ce que vous avez d’autres projets ou à l’instar du footballeur de ligue 1, vous prenez les matches les uns après les autres ?

Nous sommes peu nombreux dans l’équipe, ce qui nous oblige a prendre les projets a notre niveau. Nous en avons en effet quelques uns qui attendent sagement le moment de voir le jour, des auteurs super sympas et des envies folles. la suite au prochain épisode ?

(*) Note du shipchandler interviewer: Dragondead est un jeu sorti en 2013 avec d’abord un kit d’initiation puis une version définitive des règles publiée en 2016.

Une pensée sur “Peur de rien, nous abordons des P.I.R.A.T.E.S

  • 11 juin 2018 à 11:55
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    C’est malheureux que cela écrase si fort les plates bandes de son prédécesseur Pirates! de Schlopoto (http://zapti.free.fr/pirates/). Autant je crois volontiers à l’accident, autant je regrette l’absence totale d’information sur le sujet.

     

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