Les vieux fourneaux*

Ma grand-mère disait « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, mon gars ».

Et bien il faut croire que les éditeurs de JdR francophones sont d’authentiques grand-mères à moustache car le dicton va encore marcher à fond durant toute cette nouvelle année 2019. Après Rêve de Dragon, après Berlin XVIII, après Maléfices, après Raôul, après Nephilim, après Bloodlust, après MEGA, après Ecryme, après INS/MV, après Trauma… ah non, zut, pas Trauma finalement… bref, après tous ces reboots des jeux des années 1980-1990, attendez-vous à voir encore revenir quelques vieux de la vieille pas plus tard que cette année.

On s’en doutait depuis un moment mais on avait des doutes à la vue des lenteurs de cet éditeur sur ses projets récents, c’est toutefois confirmé pour 2019 : Bitume revient bel et bien chez Raise Dead. Cela faisait partie du plan dès le départ puisque le projet éditorial tenait en une phrase : « rebooter les putains de jeux de Croc ». Après INS/MV, c’est donc à Bitume de passer à la moulinette.

On sait que le système sera totalement différent puisque c’est tout simplement Chroniques Oubliées Contemporain (cela devient une tendance lourde chez Studio Deadcrows et ses studios associés) qui sera adopté et adapté pour gérer les poursuites, l’usure du matos, le bricolage les mains dans le cambouis et autres trucs d’adeptes du tuning. L’équipe derrière le jeu comprend celle de Monster of the Week et est appuyée par Batronoban.

Pas encore tout à fait officiel mais tellement évident qu’on peut se lancer : tout porte à croire désormais que Sycko va assurer prochainement la réédition d’un titre particulièrement mythique, Hurlements. Hum, encore un coup de la mafia provinoise, on dirait bien… En tout cas, on est curieux de voir ce que Jean-Luc Bizien, l’auteur du jeu (devenu depuis romancier) va proposer dans cette réédition, lui qui prenait voici quelques temps ses distances avec les évolutions récentes du JdR. Hurlements était sacrément novateur à son époque. Qu’en restera-t-il aujourd’hui ?

Comme pour Raise Dead, on espère toutefois que Sycko va, en parallèle, réussir à finaliser ses projets déjà annoncés qui prennent depuis pas mal de retard…

Pas vraiment nouveau (rien ne l’est dans cet article de toutes façons ^^) mais évoquons aussi le cas de Vermine qui fait l’objet d’un travail de fond de son auteur, Julien Blondel, depuis plusieurs mois et qui devrait pointer le bout de ses antennes, chez Agate, dans le courant de cette année. OK, Vermine date du début des années 2000 et fait donc figure de jouvenceau par rapport aux dinosaures suscités mais bon, le temps passe vite et le jeu a fini son aventure éditoriale depuis près de 15 ans déjà.

Ça commence dès ce mois de février par une précommande pas-participative du Kit de survie, une version de découverte du nouveau jeu contenant tout le nécessaire pour se lancer : 20 pages sur l’univers, 30 pages de règles de base avec le matériel, le système de combat, la gestion des Blessures (et des règles avancées pour tester des options), le Sac et les dés de Totems, six persos pré-tirés avec les règles de Groupe et les options dédiées et enfin quatre scénarios, transposables n’importe où, avec des aides de jeu et des règles avancées. Le tout apparemment à prix modique. A priori, cela a tout de la chouette idée.

Ma grand-mère disait aussi « jamais deux sans trois ». Là aussi, ça s’applique. L’éditeur, Agate, n’est pas plus que les deux précédents réputé pour avoir réussi à tenir ses plannings lors de ces derniers mois. On espère que cela ne sera pas un handicap pour Vermine 2047 dont l’opus précédent avait connu une fin de carrière éditoriale un peu brutale chez le 7ème Cercle.

A regarder l’identité des éditeurs de ce rapide panorama des futurs reboots, on pourrait penser que se lancer dans la réédition d’un vieux jeu est une opération idéale pour se refaire la cerise : grosse notoriété même au-delà des anciens joueurs, fan base prête à acheter n’importe quoi portant le logo de leur jeu favori, base de textes (parfois d’images) à réutiliser au moins en partie… C’est vrai qu’à l’heure des foulancements massifs, cela semble la combo idéale.

Ce serait toutefois oublier que de telles entreprises ne sont pas sans risque. Pour que les rééditions aient un intérêt, elles doivent forcément proposer autre chose qu’une impression à l’identique entourée de quelques goodies. C’est là l’occasion de perdre une bonne partie des vieux fans partisans du « c’était quand même mieux avant » sans pour autant avoir la garantie de satisfaire les exigences d’un public plus récent qui jouait encore aux cubes lors de la sortie des premières éditions de ces jeux.

Alors espérons que ces trois éditeurs trouvent le bon équilibre et réussissent à donner du sens à ces nouveaux reboots.

* : L’illustration en une de cet article est issue « Des vieux fourneau », une excellente bande dessinée de Wilfrid Lupano et de Paul Cauuet, publiée aux éditions Dargaud.

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