On n’est pas sorti de l’auberge

Toujours très discrets sur leurs sorties futures, même imminentes, les XII Singes mitonnent pour dans les tous prochains jours le foulancement d’un nouveau projet medfan : Pax Elfica. Aux manettes, pas mal de gens de qualité, dont Jérôme V. et Claude Guéant, les vieux de la vieille du principe des « Clé en main », des jeux au format court avec une campagne taillée pour des PJ prétirés et qui épuise la proposition de jeu, le tout servi par un système de règles simples. Cela dit, Pax Elfica déiffère pas mal de ce modèle : medfan assez classique (à première vue, hein), D&D5, grand format, foulancement, etc. Hum, il nous fallait voir les darons pour qu’ils nous donnent quelques explications.

  1. Un empire oppressif des elfes ?! Mais vous êtes des gueu-dins, vous ! Les elfes, ce sont les gentils ! Vous ne le saviez pas ?

Claude G. : Ça m’a toujours paru suspect cette histoire. Plus grands, plus beaux, plus forts que les humains, ça cachait forcément quelque chose. Il était temps qu’on rétablisse la vérité, qui ne surprendra pas grand monde si on rappelle que les nazis aussi se présentaient comme la race supérieure.

  1. Alors, si on vous suit, on serait en présence d’une « campagne scriptée mais bac à sable quand même ». Fromage et dessert, en somme. Franchement, vous ne vous poussez pas un peu du col, là ?

Jérôme V. : Ça fait un moment qu’on travaille sur ce type de conception / rédaction. J’avais expérimenté deux-trois trucs avec La colonie des glaces (scénario D&D4e dans Dragon Rouge) et World War Korea. Mais là, ça va beaucoup plus loin, avec un format beaucoup plus large. Une des clés, c’est de bien structurer les types de scènes d’une part, les lieux et les factions d’autre part. Et surtout de donner au MJ les outils qui lui permettent de ne pas se noyer, mind maps, fiches de suivi de campagne et surtout un semainier. Ce dernier permet au MJ de ne rien oublier.

Par exemple, si à la fin d’une scène la campagne indique qu’il faudra déclencher telle autre scène en réaction aux agissements des PJ, tant de jours plus tard, c’est là qu’il le note. J’ai été joueur en playtest, ça marche du feu de dieu. On a la liberté totale de nos actions, des intrigues bétons à dénouer avec leurs scènes clés épiques, et côté joueur, on ne voit rien de toute cette mécanique, c’est parfaitement transparent.

  1. Mouais. Et je suppose que tout ça, c’est supposé tenir dans un livret à couverture souple de 64 pages au format 16 x 23 cm avec quelques feuilles volantes qui se battent en duel, hein ?

Jérôme V. : Le bouquin fera plus de 300 pages grand format, pour plus de 1,2 millions de signes. Sans compter les suppléments…

  1. On commence par du Cthulhu des familles. On continue sans s’en rendre compte avec du D&D à l’ancienne. Comment des auteurs historiques des XII Singes comme vous vivent cette descente aux enfers vers le mainstream ?

Claude G. : J’ai plutôt l’impression d’un retour aux sources en ce qui me concerne, vu que mes premières parties tournaient autour de l’Œil Noir, de Terres de Légendes et d’AD&D. Parmi les campagnes qui m’ont le plus marqué trônent les Chroniques du Chaos et Oblivion, du med-fan à grand spectacle.

Jérôme V. : Alkemy en D&D4e, ça date des premières années des XII Singes, je ne pense pas que leur évolution puisse s’évaluer en ces termes. Surtout quand on voit Les oubliés, par exemple, qui est un superbe projet, peu mainstream. Les XII Singes publient ce qui leur plait. Ce qui change, ce sont les moyens.

  1. Quand même : motorisé par D&D5 et donc son triptyque de bouquins de base et ses règles ça-comme, qu’est-ce qui reste de « Clé en main » à votre Pax Elfica ?

Jérôme V. : Techniquement, Pax Elfica ne fait pas partie de la gamme Clé en main. Elle aurait dû, au départ, mais ses dimensions ont très rapidement dépassé ce cadre. Du coup, nous proposons ce système comme alternative light à la 5e édition. Mais pour répondre plus précisément à ta question, Pax Elfica s’inscrit dans cette démarche de permettre aux PJ d’échouer à une scène ou un scénario sans que cela ne plante la campagne. Je déteste quand le MJ se retrouve forcé de transformer un échec en réussite (ou l’inverse) pour ne pas que la campagne du commerce qu’il mène s’effondre.

Et par ailleurs, Pax Elfica propose des dénouements multiples où plusieurs paramètres s’entremêlent pour construire la conclusion parfaitement adaptée à l’aventure vécue par les PJ.

  1. Au début, les Clé en main sortaient directement en boutiques. Là, les XII Singes vont passer par un foulancement. Qu’est-ce que ça vous inspire ? Ça change quelque chose à votre niveau ?

Jérôme V. : Sans financement participatif, Pax Elfica n’aurait pas vu le jour, son coût de production est trop important. Donc, pour nous, ça change tout.

  1. Allez, qui dit foulancement, dit paliers, bonus, goodies, toussa. Il y a quoi de vraiment utiles dans tout ce fatras ? Des oreilles pointues en caoutchouc ?

Jérôme V. : Comme les goodies, ce n’est pas notre truc, on ne propose que du matériel de jeu. Écran, suppléments (guide de la région, intrigues supplémentaires), cartes et plans tactiques. Par ailleurs, les objectifs sont focalisés sur la forme : livre tout couleur, écran rigide, nouveaux plans et illustrations. Nous ne proposons rien qui puisse présenter un risque de fabrication ni de contenu supplémentaire allongeant les délais.

 

Un foulancement imminent à surveiller sur la page Facebook du projet ici : https://www.facebook.com/PaxElfica/

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