Cthulhu No Kami : l’interview

Grâce au principe de la souscription, le « petit » Studio Deadcrows a su grandir pour maintenant voler de ses propres ailes. Vu qu’ils enchaînent les projets avec succès, on est en droit de se demander quel est leur secret ?!? Ne cherchez plus, le Fix a trouvé : ils œuvrent avec des entités indicibles. N’ayant peur de rien, ils décident même de leur consacrer un jeu intitulé Cthulhu No Kami. Même pas peur nous non plus, nous avons été poser quelques question à François – directeur éditorial – et Raphaël – chef de projet et auteur – pour ce projet qui s’annonce tentaculaire.

— Alors ça y’est, on arrête les traductions et on reprend goût à la création française ?

François : On aime les deux ! Nautilus est un pur jeu de création française par exemple. Et nous ajoutons souvent du contenu de créations françaises dans nos traductions. Mais pour tout t’avouer et lever un peu le voile sur nos coulisses, nous sommes organisés en 2 équipes distinctes : Traduction et Création (Et souvent, ces deux équipes collaborent). Les parutions sont donc dépendantes de la charge de travail sur une équipe ou l’autre.

— Vous présentez Cthulhu No Kami comme votre projet le plus ambitieux. En quoi est-il différent des précédents ?

François : C’est notre projet le plus ambitieux en termes de volume. Jamais, à ce jour, nous n’avons lancé une gamme (qui plus est de création française) avec autant de produits, autant de textes, autant d’illustration. Nous avons aussi de grandes ambitions sur le développement de la communauté de joueurs et pour la suite de la gamme.

— Le jeu est plutôt orienté pulp/action ou enquête ?

Raph : Cela peut dépendre du Sensei (MJ), de l’ère du jeu. En effet les différentes périodes historiques apportent à chacune leur originalité et singularité. Il est plus aisé d’avoir une note fantastique légendaire et épique à Heian voire Edo, alors que les cadres des Meiji peuvent être tournée plus investigation, horreur (les films Ju on ou ringu en sont un parfait exemple). Cthulhu no kami ouvre ainsi un large panel de possibilité de jeu allant de l’épique mystique aux investigations occultes horrifiques.

Les couvertures des 5 settings

— Peut-on en savoir un peu plus sur les cinq settings annoncés ?

Raph : Chaque setting s’ouvre sur une nouvelle d’ambiance qui donne une couleur à l’été de jeu. Ensuite, on retrouve une description du mode de vie des japonais durant l’époque traitée ainsi que 2 lieux, un emblématique et Edo/Tokyo avec ses évolutions.

Une section est consacrée à des compléments de règles spécifiques aux contextes : profils, traits, voies, équipement, créatures, etc. Un chapitre entier est consacré aux histoires du mythe avec les différentes liaisons entre les sociétés secrètes et cultes du mythe. On retrouvera de nombreux PNJ typiques ainsi que les grandes figures des diverses factions présentes dans l’univers de Cthulhu no kami.

On a souhaité que ces livres permettent une prise en main rapide de l’univers et du jeu par le MJ.

François : Et nous espérons que les paliers de la précommande permettent d’enrichir en contenu ces settings.

— Lesquels seront dans le livre de base ?

Raph : dans Cthulhu no kami, l’un des personnages majeur et incontournable est le Japon. Ainsi nous avons pris le parti de ne pas restreindre le jeu à une époque. Dans le livre de base, les cinq cadres y seront présentés avec leurs spécificités propres. Par la suite le Sensei peut approfondir une période avec laquelle il a le plus d’affinité dans son setting.

— Y’a-t-il un lien, un fil rouge, entre toutes ces époques ?

Raph : Rien n’est laissé au hasard sur l’échiquier cosmique des dieux et entités du mythe lovecraftien. Chaque cadre ou partie historique peuvent être joué indépendamment cependant tout est lié : les cultes, sociétés naissent vivent et meurent et on y trouve des successeurs. Les plans et la chronologie du mythe sont posés. De la création de toute chose jusqu’à aujourd’hui. Mais peut-être que leur projet peut aller aussi plus loin que ce qu’on peut conscientiser…

Un exemple de ce fil rouge est la série de nouvelles qui ont un lien entre elles, mais peuvent être appréhendées indépendamment.

— Une campagne est-elle prévue ?

Raph : je l’espère si le jeu trouve son public. On a encore beaucoup d’idée avec Alicia et Benjamin. On souhaite que le jeu puisse avoir une longue et belle vie sans nous. Et je suis certain que des MJ pourront avoir assez d’imagination pour créer de nombreuses aventures à leur Eiyû.

— Quel sera le rôle des PJ ? J’imagine que l’on ne joue pas forcément la même chose selon l’époque choisie ?

Raph : Les Eiyû pourront tenter de marquer leur nom dans les légendes ou tenter de percevoir l’intangibilité en chaque chose. Il leur sera difficile de ne pas basculer entre éveil des consciences et folie, car la frontière entre les deux est très étroite.

— Faudra-t-il le livre de base COC pour jouer à Cthulhu No Kami ou tout le nécessaire sera dans le livre de base ?

Raph : Toutes les règles seront dans le livre de base. Des aménagements ont été faits pour coller parfaitement à l’univers avec l’introduction du ki, du karma de groupe, de profils et voies adaptées. Nous avons essayé de prendre en compte les retours sur CO pour les intégrer à Cthulhu no kami.

De plus une adaptation au classique d100 compatible avec L’Appel de Cthulhu V7 est prévue, mais là il sera nécessaire d’avoir les règles pour jouer avec le système de Chaosium.

— Cthulhu, c’est bien. Mais en ce moment, j’ai un peu l’impression d’en manger à toutes les sauces. Quelle sera la particularité de Cthulhu No Kami ? Comment y est abordé le mythe ?

Raph : Je comprends ce sentiment et je l’ai eu moi-même avec l’œuvre de Lovecraft tombée dans le domaine public. Le projet est en cours d’élaboration depuis presque cinq ans maintenant. Nous avons voulu aborder une autre vision et une approche différente. Jusqu’à présent on interprète un Occidental avec sa culture et ses mœurs dans les années 20 (souvent aux USA) et sa vision manichéenne du monde. Ici les personnages sont d’une culture où la mort est appréhendée différemment par le bouddhisme. Les Japonais sont shintoïstes. Leur spiritualité animiste fait en sorte que le surnaturel est présent de partout. Il nous semblait de ce fait intéressant de creuser dans cette voie. De plus le Japon est riche de par sa culture et son histoire. Tout ce contexte fait du Japon en lui-même un personnage majeur indissociable du background de Cthulhu no kami et c’est pourquoi on n’a pas pu le limiter à une seule période.

François : Oui, il y a beaucoup de jeu sur les écrits de Lovecraft, mais il y en a encore plus sur ce de Tolkien et cela ne semble gêner personne. Le pari éditorial que l’on a fait, c’est de proposer du neuf sur une base fertile dans l’imaginaire collectif des rôlistes.

— De plus la mythologie des Yokai est déjà très riche. Comment Cthulhu va réussir à trouver sa place et à exister dans tout ce folklore ?

Raph : Bonne question. Le folklore japonais ne serait pas la partie visible de l’iceberg ? Ce que je peux vous dire sans révéler les secrets de Cthulhu no kami, c’est que les yokai, yurei et autres mushi ont un lien très étroit avec le mythe. Comment se fait-il qu’il y ait autant d’entités au Japon ? Comment se fait-il que chaque défunt puisse devenir un kami, un objet voire un sentiment ou un yokai ?

Yokai et Cthulhu ne sont pas incompatibles, ils sont complémentaires. D’ailleurs les entités du mythe au Japon ont subi certaines mutations dues aux énergies qui régissent l’archipel… mais cela je vous laisse le découvrir.

— On connaît la date de la souscription, mais avez-vous une estimation de la date de sortie du jeu ?

François : Comme pour chacune de nos précommandes participatives, le travail sur le jeu est déjà bien avancé. Pour Cthulhu no kami, nous planifions une livraison aux souscripteurs à l’hiver 2020. Les PDF seront livrés plus tôt, dès que possible.

 

 

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