Que font ceux qui ont été Villains avant Noël ?

Une quête. Parce que pour les cadeaux, ils peuvent toujours attendre, non, mais ! En tout cas, c’est exactement ce qu’essaye de faire en ce moment l’éditeur Aurora Games avec son Villain’s Quest, la VF d’un jeu japonais parodique dans lequel, vous l’aurez deviné, on joue les méchants. Le jeu est actuellement en foulancement et cela se passe bien. Mais ces jeunes gens emploient des termes barbares comme sentai ou punch board alors cela méritait bien une petite interview quand même pour qu’ils s’expliquent.

1. Ah tiens, Aurora Games ? Z’êtes nouveaux ?

AHAHA Mais tu hibernais où, toi ? 🙂

Aurora ça existe depuis un moment voyons !!  Aurora c’est la série des enquêtes de poche : Crime zoom !

Et nous co-éditons Paranoïa et Root avec Akileos.

D’ailleurs en parlant Crime zoom il y en a de nouveaux qui sortent : dans la nouvelle gamme Romance on sort « Au clair de Lune » et dans la gamme Enquête « Sous le Vernis » et « Un écrivain mortel ».

Et puis Aurora ce sont aussi des jeux à identités cachées, puisque on réédite les excellents  Shadow hunters ou encore Oui, Seigneur des ténèbres !.

2. Bon, jouer les méchants des histoires, ce n’est pas tellement nouveau, si ?

Rhooo tu es encore plus méchant qu’un méchant de Villain’s quest !

Je laisse Nekotsuki Noko, l’autrice japonaise du jeu, répondre :

Et bien que ce soit dans les mangas, les films ou les romans, les méchants sont incontournables ! Et je trouve qu’ils sont souvent aussi fascinants que les héros.
Un jour, avec les membres du cercle, nous jouions une campagne où les PJ devaient affronter une grande organisation maléfique.
J’avais demandé à chacun de créer un membre de cette organisation… mais ils s’amusaient tellement à incarner ces personnages que l’histoire n’avançait plus du tout !
Alors je me suis dit qu’il y avait très peu de JdR qui proposaient de jouer le rôle du « méchant », et que cette expérience rare était vraiment amusante ».
Et c’est comme ça qu’est née l’idée de créer Villain’s Quest : un jeu d’inspiration Sentaï à la fois  loufoque et parodique .

3. Et donc, c’est quoi le Sentai ?

Le Sentai, c’est un genre de séries télévisées japonaise qui met en scène un groupe de héros dans une parodie de films d’action.

En résumé Villain’s Quest c’est un peu « Dungeons & Dragons rencontre les Power rangers ! (en version evil).

4. On dit souvent par chez nous que le JdR japonais est conçu très différemment du JdR occidental : préjugé ou vérité ?

C’est vrai ! Le jeu de rôle japonais souvent publié au format manga « Tankobon » est distribué en boutique de jeux et en librairie.

Au Japon, les TRPG sont très accessibles et souvent proches des jeux vidéos avec des phases de jeux très codifiées. Règles simples, univers original, illustrations mangas avec des systèmes de jeux originaux qui utilisent souvent des cartes ou d’autres supports.

5. Il se situe où le côté parodique exactement ?

Partout ! Mais à l’autrice de répondre 😉

Dans la fantasy japonaise, on voit souvent une organisation dirigée par un roi démoniaque et ses subalternes : on appelle ça une Mahôgun (N.d.T. : littéralement « l’armée du roi démoniaque » mentionné comme « l’Armée des Ténèbres » dans Villain’s Quest).
Dans ce jeu, chaque joueur incarne l’un de ces subalternes, qui doit protéger son maître (le Roi des Ténèbres) contre les héros venus l’éliminer.
Cela dit, Villain’s Quest se veut bien plus comique que sérieux ! En affrontant des héros loufoques dans des situations absurdes, on espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à explorer le côté fun d’un rôle habituellement mal vu : celui du méchant.

Et puis par exemple le jeu prévoit une entrée en scène grandiloquente de chaque personnage, mais aussi une phase de mini boss ou chaque personnage va se faire botter les fesses par le Héros de la lumière (ce qui va les pousser à s’unir pour le vaincre). Ambiance garantie et ref’ d’anime qui fusent autour de la table !

6. Tout cela semble tenir dans un modeste 90 pages. Il y a une bonne rejouabilité quand même ?

En vrai avec le punch board pour la phase tower defense, les cartes Stratégies et les cartes Rencontre avec le héros etc., on est à 120 pages !

Oui, on peut enchainer les parties, faire monter en expérience son personnage et même jouer en campagne. C’est un jeu ultra versatile avec une dimension de co- construction et de narration partagée.

Selon le succès du foulancement, on espère bien traduire et distribuer le supplément pour Villain’s quest courant 2026 (et qui sait peut être un écran de MJ).

7. Plateau, cartes, stratégie… il y a un petit côté jeu de plateau quand même, non ?

Oui comme souvent dans le TRPG Japonais, y’a un twist inattendu. Dans Villain’s quest, c’est une mécanique (simple) de tower defense à la Plant vs Zombie ! Ce mécanisme intervient lors de la phase finale de la campagne lorsque le Héros du bien est arrivé au cœur du royaume du mal. On place alors son personnages, ses sous-fifres et ses pièges sur le punch board et le MJ joue la progression du Héro case par case. Épique !

(N.d.T. :Le punch board et les cartes sont fournis dans le livret de règles).

8. Ça a l’air de pas si mal marcher ce petit foulancement. Vous envisager d’autres projets de JdR à l’avenir ?

On est content, on a débloqué nos 3 stretch goals, on est prêts à livrer le PDF et on ne fera pas attendre la communauté pour livrer l’ouvrage imprimé !  Bien sûr plus il y aura de souscripteurs, plus on sera confiants pour importer d’autres jeux de rôle japonais !

On viendra t’en reparler à ta prochaine sortie d’hibernation ! 🙂