Agon mais retrouvé

Voilà un jeu qui a fait des petits tours et des détours au sein de notre fameux planning des sorties francophones avant, finalement, de trouver asile chez 500 Nuances de Greek… euh… de Geek ! Le temps d’être traduit en VF paraît-il quasiment prête à être envoyée chez l’imprimeur, un petit tour dans la machine thermonucléaire à foulancer de chez 500 NDG (histoire d’y ajouter un autre jeu au thème très différent et des paliers chelous) et hop : la VF de Agon 2 est en foulancement depuis quelques jours.

Pour rappel, la première VF de Agon est sortie chez La Boîte à Heuhh et ça, ça ne nous rajeunit pas. A l’époque (2013), la petite boîte de Ludo était spécialisée dans les jeux indés pas comme les autres (un peu genre le Studio Absinthe d’hier, pour situer). Elle avait réussi à éditer en français cette petite pépite du JdR indé signée John Harper (Blades in the Dark). Qui plus est, la forme était assez classieuse avec son format inhabituel à l’italienne et son look antiquisant évoquant les vases ornés. Une belle réussite.

Pour rappel, Agon est un jeu situé dans une Grèce ancienne mythologique, à peu près celle de Ulysse et de l’Odyssée. Il s’agit d’un jeu qui s’amuse à casser très largement les stéréotypes que certains pensent connaître sur les jeux « modernes ». Dans Agon, il y a plein de règles, beaucoup d’action, on lance toute la panoplie des dés polyédriques et surtout, surtout, loin  d’être cozy, le jeu fait s’affronter tous les PJ entre eux. En effet, à la fin d’une partie de Agon, il y a un vainqueur : le héros qui aura le plus obtenu de gloire et ainsi attiré le regard des Dieux sur lui.

Depuis, le jeu a reçu une v2 et, bien entendu, c’est cette version que 500 Nuances de Geek se propose de rendre à nouveau disponible en VF.

Cette édition semble remanier en profondeur le jeu puisque le système lui-même a été modifié. Appelé Paragon, celui-ci a notamment pour ambition d’être plus générique et donc de pouvoir s’adapter à d’autres environnements du même type (d’île en île, compétition entre PJ, etc.) : on va revenir plus loin sur cette modularité.

Physiquement, le jeu est devenu un plus gros volume de 160 pages environ. Il faut dire que cette édition comporte tout le nécessaire pour pouvoir jouer directement, sans réelle préparation, à travers la présentation de pas moins de 12 îles et des défis qu’elles contiennent. En cas de gros succès, un recueil de 9 îles supplémentaires pourrait être traduit et ajouté à la gamme.

On n’en pas là, néanmoins. Pour le moment, le premier palier n’est pas encore atteint mais il reste beaucoup de temps, presque un mois même. C’est ici : https://fr.ulule.com/agon-de-john-harper/

Comme on est chez 500 NDG, cela ne peut pas être aussi simple que cela. Non. Le foulancement concerne en fait à peu près tout ce qui est estampillé Paragon et, en premier lieu, un autre jeu d’île, Deathmatch Island. Bien sûr, vous pouvez ne souscrire qu’à l’un ou à l’autre mais les deux jeux sont liés, notamment pour l’obtention des paliers (couverture rigide ou recueil d’îles supplémentaires).

Deathmatch Island met en scène des îles contemporaines qui servent de décor à un jeu TV ultra-violent genre Koh-Lanta rencontre Squid Game : les îles servent de cadre à des épreuves dangereuses et à des séquences de battle royale jusqu’à ce qu’un seul candidat ne survive. J’espère un PJ.

Le jeu se présente sous la forme d’un livre tout-en-un avec le système Paragon, le background et toute la campagne en environ 220 pages. Là aussi, un recueil d’îles supplémentaires peut être débloqué en cas de gros succès.

Mais deux jeux, ça fait un peu Mickey chez 500 NDG. Alors, les paliers, même le premier, débloquent toutes sortes de playsets, c’est-à-dire des cadres de jeu utilisables avec le système Paragon. Au programme, on trouve Compartiment (une agence enquêtant sur des phénomènes paranormaux dans la France des années 60), Storm Furies (combats spatiaux dans un système solaire après l’apocalypse), Tavern Stories (où les héros réunis autour d’une table dans une taverne se racontent des histoires sur le bon vieux temps) et enfin Ruins of Doom, un dungeoncrawler à l’ancienne qui, lui, a une minuscule chance de voir le jour en version physique en cas de très gros succès.