Le retour du Roi
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on a eu le temps de le voir arriver celui-là.
D’abord bruissant sous forme de rumeur plus ou moins confirmée façon coup de coude-allusion dans les milieux autorisés : oui, la prestigieuse licence Pendragon, le mythique jeu de Greg Stafford, allait être confiée pour la VF au Studio Deadcrows. Il faut dire que celui-ci, grâce à une délégation de Edge Studio (ouah, je vais reprendre un doliprane, moi) s’occupait déjà avec un certain brio de « l’autre jeu » du chaman-game designer, un certain Runequest.
C’est justement à l’occasion d’un curieux foulancement bicéphale digne de 500 Nuances de Geek que les Deadcrows se lançaient : la boîte de découverte de la VF de Pendragon était en effet officiellement foulancée au milieu d’un roboratif CF estival pour le jeu des Sartarites et des Lunars.
Difficile dans ce cadre de savoir exactement quelle était la part des uns et celle des autres (à moins de partir du principe que tout fan de RQ est aussi fan de Pendragon et vice-versa) mais toujours est-il que le foulancement fut un succès (à pile 800 % %) et la boîte a bel et bien été financée, assortie même de quelque ajouts : une grande carte de la Bretagne et un écran souple pour le MJ.

Il paraît que cette boîte est disponible en PDF mais elle n’arrivera probablement pas dans vos boutiques avant l’été 2025. Cela reste vraiment dommage : il semblerait tellement plus naturel de pouvoir découvrir un jeu avec sa boîte de découverte avant de pledger à une onéreuse version complète. M’enfin, l’édition de JdR 2.0, quoi… Après tout, pour Runequest, on a bien eu le gros kit de découverte longtemps après la parution du livre de base. Cela dit, pour ce jeu, il existait un « petit » kit de découverte, plus classique, sans grosse boîte ni rien, disponible à vil prix en papier en boutiques ou gratuitement en PDF.
Bon, même si, en l’état, on manque un peu de feedback sur ce qu’apporte vraiment cette nouvelle édition de Pendragon, cela ne devrait pas freiner les fans, peut-être même là depuis la première et catastrophique VF de l’époque Gallimard, de souscrire à ce nouveau foulancement : https://www.gameontabletop.com/cf4811/pendragon.html La preuve : le CF vient de débuter et on en est déjà à presque 300 %. C’est ce qu’on appelle une valeur sûre.

Pourtant, le CF façon Deadcrows est assez ambitieux. Bien sûr, l’idée première est de proposer la VF des deux livres de base mais ceux-ci ont tout de même subi un lifting graphique assez poussé, changeant aussi bien logo que couvertures (Loïc Muzy) et même un certain nombre d’illus internes pour mieux complaire à l’inimitable bon goût français.

Le Livre du Joueur comporte les règles, la (longue !) création de personnage mais aussi, notamment, le fameux système de gestion de domaine et de famille pour la période dite hivernale (celle où on ne se met pas sur la figure). Le Livre du Meneur comporte des conseils, un bestiaire, les règles de batailles rangées mais aussi deux scénarios.

Aux livres de base s’ajoutent les compléments attendus, à savoir un écran du MJ (rigide celui-ci, rien à voir !) exclusif à la VF et la campagne Le Chevalier Gris, idéale pour se lancer et qu’on nous assure pouvoir être jouée avec le seul coffret de découverte : une bonne idée. Un fourreau permet de réunir livres de base et écran et, enfin, quelques goodies dont des dés aux couleurs du jeu sont disponibles.

Mais, mieux, les Deadcrows ont également eu, comme pour Runequest, l’autorisation de Chaosium d’adjoindre à tout ça de la création francophone. L’enjeu de la PP est donc aussi de s’assurer de la sorite d’une campagne inédite écrite par les auteurs maison (Marielle Sarran, Trickytophe et Philippe Auribeau). Elle s’appelle La Geste des trois dames et elle prendra la forme étonnante d’un petit coffret contenant deux livrets de 32 pages de scénarios ainsi que 5 gros dossiers de PJ prétirés (12 pages chacun !). Sa publication est d’ores et déjà assurée et elle devrait gonfler de quelques pages et accessoires supplémentaires au fil des paliers durant le gros mois que dure encore le foulancement.


Bonjour,
Les Deadcrows récupèrent Pendragon. Très bien ! Mais j’ai de plus en plus de mal à entendre que cet éditeur accomplit un travail de qualité avec la traduction de RuneQuest.
Oui, les ouvrages sont beaux. Mais cela a surtout à voir avec Chaosium, les studios Deadcrows reprenant telle quelle la mise en page de Chaosium.
Parlons donc plutôt de la traduction. J’ai récemment entendu dire qu’il n’y avait plus de mauvaise traduction en France, comme cela était le cas il y quelques années. L’auteur de cette phrase, dont j’apprécie par ailleurs le travail, n’a probablement pas lu la traduction de Coriolis et ne s’est peut-être pas plus intéressé à celle de RuneQuest.
Outre les tournures de phrases maladroites, la traduction des noms de lieu et de personne est bien souvent médiocre, sinon erronée. Les lecteurs qui ne connaissent pas l’oeuvre originale n’y verront peut-être pas les défauts que j’y vois, mais tout de même. Avoir repris la traduction d’Oriflam pour « God learners » est de toute façon quelque chose que je ne pardonnerai jamais.
Pour ne prendre que le supplément « Glorantha », les contresens sont à ce point fréquents que je l’ai lu avec la version originale à mes côtés afin de pouvoir vérifier et corriger les points qui me paraissaient suspects.
Mais que dire également du décalage de deux pages dans le sommaire du supplément « Armes et équipements », et des traductions fantaisistes de certains noms de lieu figurant sur la carte du nord de Sartar, dans le coffret de découverte. Et que dire encore des rubriques des pages 57 à 61 du livre 2 de ce même coffret, qui ne portent pas toujours le même nom que leur équivalent sur la carte. Quant au « Résusmés des Runes » du sommaire du livre 1, j’en reste encore navré.
Bref, tout ceci n’est pas bien terrible et l’origine de ces erreurs m’importe peu, les erreurs sont bel et bien présentes. Et lorsque j’achète un livre, je suis en droit d’exiger un contenu professionnel et non pas un travail que je qualifierais malheureusement d’amateur plus ou moins éclairé.
Je suis dur, j’en conviens. Mais ce n’est pas rendre service à un éditeur que de louer son travail lorsque celui-ci ne le mérite pas. Selon moi…
Ben quoi, elle était sympa (même si très légère), la version de Gallimard, non ?!