Mireille Dumas et le Dr. Abgrall le sachiaient bien avant tout le monde !
Oui. Cet homme, Gary Gygax, a inventé un jeu dangereux. Ils nous l’avaient bien dit, eux, et ce dès le début des années 1990 dans leur inénarrable émission.
Là, c’est encore plus sûr puisque ce sont des experts qui nous le disent : les XII Singes. En effet, le prochain projet de l’éditeur simiesque, largement spécialisé dans les créations francophones originales (bon, OK, et quelques Cthulhuries aussi, il faut bien vivre !), s’intitule Dangerous Gary et, pour une des premières fois en matière de jeu de rôle, met notre loisir en abyme avec un JdR, donc, qui parle de JdR.
Dangerous Gary est une création signée Mickaël Maurat, déjà connu das clients réguliers des Singes pour ses campagnes teintées d’étrangeté, Man in the Maze et Arcane XV. Cette fois-ci, c’est d’un jeu complet qu’il s’agit mais, on ne va pas se mentir, celui-ci repose là aussi très largement sur sa propre campagne en 15 épisodes (quand même !) répartis sur deux volumes astucieusement nommés Boîte rouge et Boîte bleue (bien qu’il s’agisse de livrets, en fait, hein mais vous voyez l’idée…).
La proposition de jeu doit rester le plus nébuleuse possible car une grande partie du sel de ce jeu réside tout de même dans la découverte progressive d’une réalité cachée. Celle-ci marie le JdR, donc, avec l’urbex (mais si, vous savez : l’exploration de ruines contemporaines à l’aide de drones, de caméra GoPro et ce genre de choses). Pour la faire simple, là où les PJ pensaient benoîtement faire de l’urbex en Normandie, finalement, ceux-ci vont se retrouver à crapahuter dans un donjon inattendu. Puis découvrir qu’il y a bien une réalité qui explique pourquoi ces ruines sont abandonnées de tous et que, en s’y aventurant, on peut en ramener des richesses, des objets… euh… étranges et, surtout, un bon paquet d’emmerdes.

Côté règles, le jeu puise dans le catalogue des XII Singes avec une adaptation des règles très simples de Into the Odd. Comme il se doit, on parle de règles étiques avec 3 caracs sur 18, du D20, des jets de sauvegarde, des dégâts directs en cas de combat contre des PV qui ne représentent pas vraiment la santé, etc.
Pour s’adapter au jeu, les règles reçoivent toutefois une quatrième caractéristique et des talents spéciaux, tous ne s’appliquant que dans les donjons, pas dans la « vraie vie ». Les talents permettent de simuler les capacités plus ou moins magiques des personnages de JdR et la quatrième carac, l’Osmose, mesure le degré d’intimité du PJ avec les donjons, au risque que le personnage, trop en harmonie avec ce monde étrange finisse par y disparaître corps et âme. (…) Oui, là dessus aussi, Mireille et le bon Docteur avaient déjà vu juste…

Comme il se doit chez les Singes, le jeu sera en foulancement dans un peu moins d’une semaine. Cela se passera ici : https://www.gameontabletop.com/cf4901/dangerous-gary.html
Il s’agira classiquement de financer un livre de base de 144 pages (au format 14 x 21 et sous couverture rigide) contenant tout le nécessaire pour débuter. On pourra choisir d’accompagner d’un écran du MJ (un 3 volets rigide au format paysage) mais aussi d’un livret de 32 pages intitulé Manuel des donjexeurs. C’est en fait un simple tiré-à-part du livre de base mais bien pratique puisqu’il peut être remis aux joueurs dès lors que leurs personnages auront rejoint cette communauté afin de les affranchir de l’essentiel de ce qu’il y a à savoir sur le monde de jeu.

Surtout, donc, le jeu vient avec son indispensable campagne en deux volumes. Boîte rouge et Boîte bleue sont deux livrets de 144 pages eux aussi, au même format que le livre de base et qui, donc contiennent tout le nécessaire pour jouer la quinzaine d’épisodes de la campagne du jeu.
Comme on le voit, encore un jeu au pitch des plus originaux chez les XII Singes. Un bel effort pour s’écarter un peu plus des terrains battus et rebattus par des générations de rôlistes. Le paradoxe étant, toutefois, qu’il semble bien qu’il soit préférable d’avoir justement déjà pas mal pratiquer notre hobby pour pouvoir pleinement profiter de l’ironie et de la nostalgie qui émane de ce Dangerous Gary. Espérons que cela ne soit pas un obstacle à la réussite de ce foulancement.


