Un jour de plus n’est pas un JdR de plus ?
Un jeu post-apo où l’on incarne des survivants ayant charge d’enfants, ça vous parle ?
Si c’est le cas, Olivier « Alnomcys » Ranisio est là pour vous aider à mettre votre instinct parental à l’épreuve.
En effet, l’auteur propose à partir du vendredi 23 mai 2025 sur Gameon son nouveau jeu, Un jour de Plus.

Le propos du jeu est d’incarner un survivant dans un monde post-apocalyptique. Le terme est cependant un peu trompeur: on n’est pas dans du post-apo gonzo à la Mutant Year Zero ou à la Gamma World. Le jeu d’Olivier Ranisio a un ton plus mélancolique, voire désespéré qui évoque d’avantage La Route, le roman de Cormac McCarthy ou Perdus Sous la Pluie de Vivien Féasson.
L’apocalypse a eu lieu il n’y a pas longtemps (le thème du souvenir de l’Avant est un élément important du jeu), il n’y a rien à reconstruire, la société est morte, la population décimée. Quelques restes, quelques objets permettent à une poignée de survivants de continuer à vivre. Conçues comme les épisodes d’une saison de série télévisée, chaque aventure d’un Jour de Plus a pour but de voir les Adultes et les enfants qu’ils ont à charge de survivre un jour de plus. Les joueurs incarnent les Adultes qui doivent protéger, nourrir et éduquer les enfants. Il ne s’agit cependant pas de rebâtir la société, mais simplement de ne pas sombrer dans la barbarie. Les aventures pourront donc consister à emmener les enfants à la mer, au zoo, voire visiter un magasin de jouets. Le jeu propose ainsi une expérience de survie et de road trip qui évoque non seulement La Route mais aussi le jeu vidéo et la série Last of Us.

Si les Enfants sont des PNJ gérés en partie par les joueurs incarnant les Adultes, ce sont bien eux qui sont au centre du jeu car leurs émotions et leur survie constituent des éléments mécaniques constitutifs du système de jeu. De fait, les personnages Adultes ont accès à ce qu’on s’attend pour des survivants, quatre caractéristiques physiques et mentales, trois domaines d’activité, le tout exprimé en dés. Les actions qu’ils peuvent accomplir sont assez représentatives du genre: les règles couvrent le voyage, la fouille, le repos et la gestion des menaces par la violence ou la négociation.
Le système est relativement simple : on jette un dé de caractéristique et un dé de domaine, on retient le meilleur résultat des deux auquel on ajoute des modificateurs (outils, états pénalisable) et on rajoute éventuellement un avantage, c’est à dire un chiffre choisi par le joueur pour dépasser une difficulté. La valeur de l’avantage déterminera le nombre de jetons d’entropie que pioche le joueur. Ceux-ci permettront ensuite au MJ de rendre la vie des Adultes intéressante, c’est à dire de leur pourrir la vie en utilisant des complications. Les enfants sont, eux, définis par leur autonomie et leur joie. La première permet à l’enfant d’agir (ce qui est rare) et d’éviter de générer des complications. La seconde a une importance capitale car elle est notamment ce qui permet aux adultes de se ressourcer et d’oublier leurs malheurs pour continuer à lutter pour leur survie. L’ensemble du système est conçu de telle manière à ce que les actions des adultes aient des conséquences et faire des choix, parfois dramatiques, sera au menu des joueurs qui tenteront l’expérience.
Comme dans Space Horror Stories, le système est donc assez simple et intuitif, et il est détaillé de manière didactique dans le livret d’une soixantaine de pages. Ce livre de règles n’est cependant pas qu’un opus technique. C’est également un guide à la mise en scène afin de cadrer au mieux les histoires que raconte Un Jour de Plus. Le livret explicite en effet ce qu’on peut attendre du jeu en encadrant le récit par une structure narrative précise et structurée. Une campagne d’Un Jour de Plus c’est d’abord un prologue où l’on se met d’accord sur une ambiance en choisissant une apocalypse parmi quatre qui sont détaillées. On crée ensuite la Famille (c’est à dire le groupe comprenant Adultes et Enfants), puis l’on joue une tranche de vie et l’on enchaîne sur le premier épisode d’un arc à développer sur cinq ou six épisodes. Chaque arc est constitué par un objectif et une conclusion (le livret en propose quatre différents).
Le rôle du ou de la MJ est de développer chaque épisode en choisissant ou en inventant des péripéties en sachant que le système apportera aussi des rebondissements pour faire avancer l’histoire. Il ou elle pourra d’ailleurs s’appuyer sur des textes d’ambiance (adaptés au type d’apocalypse choisis au préalable) pour immerger les joueurs et joueuses incarnant les Adultes. Par ailleurs, le fait que les Enfants accompagnent les Adultes détermine une expérience de jeu où il faudra que les Adultes trouvent du temps pour se reposer et amuser les Enfants afin de diminuer le désespoir de ces derniers et réduire le niveau d’entropie des adultes. Un Jour de Plus entend ainsi nourrir l’expérience de roleplay de ses joueurs et joueuses des résultats de son système mécanique. On peut donc parier que si l’auteur a su créer un jeu permettant de jouer des histoires d’horreurs dans l’espace avec Space Horror Stories, il saura créer un jeu racontant d’émouvantes histoires de survie.

Outre ce livret, la boîte contiendra toutes les aides du jeu nécessaires : cartes de péripéties, cartes de trouvailles, cartes de complication accompagneront un set de dé, un écran et une carte routière matérialisant les voyages de la Famille déblocables pendant le financement. Il est à noter que, comme dans Space Horror Stories, les cartes sont indispensables car elles matérialisent des éléments mécaniques et narratifs qui ne sont pas détaillés dans le livre de règles. Cette philosophie de design fait que la boîte de base d’Un Jour de Plus est bien une boîte de jeu. On ne doit pas penser goodies superfétatoires mais plutôt avoir en tête la bonne vieille boite de Monopoly qui contient tout ce qu’il faut pour jouer. La boîte contiendra donc également un écran pour le ou la MJ, un set de dés et des fiches de personnage.
Comme dans ses précédents projets, Olivier Ranisio assure tout seul toutes les fonctions: maquettage, illustration, écriture et production. Et comme lors de ses foulancements précédents, le matériel contenu pourra être augmenté ou amélioré en fonction du dépassement de certains objectifs. Le foulancement permettra ainsi de financer la production de la boîte (l’objectif est de réunir 7500 euros) en version physique et digitale. Les niveaux de participation commencent à 20 euros (pour acquérir le jeu sous sa forme numérique), la boîte sera disponible à partir de 52 euros. D’autres niveaux de participation permettront également d’acquérir Space Horror Stories et son extension Endless Darkness.
De ce qu’on a pu voir du projet, rédaction, relecture et playtestings sont quasiment achevés et on peut être raisonnablement confiants sur la capacité de l’auteur à livrer dans les temps. Bonne raison pour que l’auteur nous en dise un peu plus dans un interview à venir et qu’on vous explique un peu comment on joue à Un Jour de Plus.
LIENS
- Notre interview d’Olivier Ranisio en mai 2023.
- Space Horror Stories sur le grog

