Tiens, prends ça dans ton Interface ! [chronique Interface 2 pour Cyberpunk RED]

Arkhane Asylum ne lâche rien et suit de très près les aventures éditoriales de l’éditeur VO, les pas très rapides R. Talsorian Games, pour nous proposer sans impair le suivi pour la VF de Cyberpunk RED.

Hélas pour nous, la suite du menu dégustation, c’est le deuxième volume d’Interface. Hélas parce que le principe de ces petits suppléments (mais sous couverture cartonnée quand même) n’est pas hyper enthousiasmant : compiler et imprimer en dur des petits contenus gratuits distribués en PDF par l’éditeur VO. Hélas parce que le premier volume de ces compilations ne nous avait pas vraiment convaincu : https://lefix.di6dent.fr/archives/18767

On prend les mêmes et on recommence : en termes d’apparence, de pagination (le tout ressemble à une BD), d’absence totale de construction éditoriale (c’est vraiment juste une compile), le volume 2 d’Interface est exactement similaire au précédent.

L’ouvrage débute par une section pas idiote, même si elle apportera quand même quelques petits frissons d’angoisse à ceux qui ont jadis trop joué à la version 2020 de ce Cyberpunk : que faire si vos PJ sont déjà bourrés de cybernétique cheatée et autres armes de destruction massive qui tiennent dans la main ? Et bien, Interface 2 a la réponse : proposer des PNJ bourrés de cybernétique cheatée et autres armes de destruction massive qui tiennent dans la main ! Il suffisait d’y penser. Moi qui naïvement pensait qu’il aurait fallu un game design plus équilibré et des conseils de bons sens pour les MJ, non, j’avais tout faux.

On a donc toute une série de stat blocks sans âme ni illustration pour pouvoir offrir de la chair à canon digne de ce nom à vos PJ bourrins. Comme pour Interface 1, cela fait prendre conscience que ces aides de jeu, en PDF, c’était très bien : hop, j’imprime et j’ai ça sous la main pour mes Gros Bills du vendredi soir. Là, il faut détruire la reliure pour les photocopier. Tout un concept.

L’espoir renaît avec la section suivante consacrée à… la météo à Night City. Déjà présent dans des suppléments non-officiels de la précédente édition, en particulier l’excellent Dark Metropolis (voir chez nos amis du GROG : https://www.legrog.org/jeux/cyberpunk/alternate-reality/dark-metropolis-en), le sujet s’impose désormais par l’évidence du dérèglement climatique. C’est tout bête : des tables pour savoir le temps qu’il fait, des événements climatiques inhabituels et plutôt extrêmes et hop vous avez un vrai plus dans l’ambiance cyber autour de la table et un élément narratif pour faciliter ou complexifier la planification des runs. Une vraie bonne aide de jeu.

Tant que je suis d’humeur, je saute quelques pages pour me rendre directement à la seule autre section réellement digne d’intérêt du recueil : une aide de jeu consacrée aux hébergements bon marché genre cercueils, conteneurs, etc. à Night City. Pas toujours très inspirée (cf. la définition de « cadre » sur… 6 lignes dans la liste des accessoires que vous pouvez mettre dans votre logement…), l’aide de jeu a toutefois le mérite de mettre l’accent sur une variable importante pour à la fois plonger les PJ dans l’ambiance misérabiliste du côté sombre de Cyberpunk tout en donnant des billes sur des lieux qui peuvent aussi être des planques, lieux d’intervention musclées, etc.

Le reste, le reste… ma foi, qu’en dire ? On a droit à beaucoup de guides de conversion, pas toujours essentiels pour être honnête. Vous pouvez ainsi remettre au goût du jour les flingues de l’édition 2020 (encore ?!) ou le chapitre sur les modifications corporelles exotiques, déjà douteux dans un antique Chromebook, pour biosculpter vos PJ en lapin, chat ou autre. Sans oublier, risible tentative de marcher sur les plate-bandes du voisin Shadowrun, la possibilité de se faire bioscupter en elfe, nain, troll, etc. Beurk.

Dans le même registre, on retrouve le thème du jeu en ligne massivement multijoueur sur les elfes, déjà abordé dans Interface 1. Cela n’avait déjà pas grand intérêt une fois, inutile d’insister sur cette deuxième tentative.

On n’oubliera pas l’inénarrable article d’adaptation , sur quand même 12 pages (!!), du scénario (et deux screamsheets) de la boîte d’initiation… aux règles complètes du jeu. Bien sûr. Je résume : j’achète la boîte de découverte, j’achète le livre de base, j’achète Interface 2 et hop, ayé, j’ai de quoi jouer enfin pour de vrai cette aventure (très anecdotique qui plus est). La logique m’échappe. Ce n’était pas plus simple de laisser cette aventure bien tranquille là où elle est dans la boîte de découverte et de proposer, je ne sais pas, moi… une aventure inédite ?

Au final, on ne va pas tourner autour du pot ! 30 balles pour une dizaine de pages sympas et à la rigueur quelques autres vaguement utiles (PNJ puissants, armes reliftées…) selon vos centres d’intérêt, ce n’est pas vraiment ce que j’appellerais l’affaire du siècle.

Cela dit, le slogan de couverture vous avait prévenu en toute transparence : « Interface. La collection des accros à Cyberpunk ».

La drogue, c’est moche.