Et la lumière vers l’Obscur fut.
À la fin des années 1990, Dark Earth s’impose comme l’un des univers français les plus marquants de la science-fiction post-apocalyptique. Né de l’imagination des équipes de Multisim et Kalisto, il se distingue par une identité forte, mêlant obscurité omniprésente, survie, mysticisme et vestiges d’une technologie oubliée. Presque trente ans plus tard, cet univers s’apprête à renaître avec Dark Earth : L’Ère de la Marche, une nouvelle édition du jeu de rôle proposée par Modül/Mnémos et actuellement en financement participatif sur la plate-forme Livrium.

Une Terre engloutie par les ténèbres
L’univers de Dark Earth prend place sur une Terre méconnaissable. À la suite d’un cataclysme dont les causes se perdent dans les mythes, le Soleil n’éclaire plus qu’une partie du monde. L’obscurité, appelée l’Obscur, recouvre la majeure partie de la planète. Elle n’est pas une simple absence de lumière : elle est une force corruptrice qui engendre des créatures monstrueuses et consume peu à peu l’esprit des êtres vivants.
Les derniers bastions de l’humanité sont appelés les Stallites. Organisées selon des castes très hiérarchisées, elles perpétuent un fragile équilibre entre traditions, croyances et savoirs techniques hérités d’un passé oublié. Dans cet nouvelle édition, les joueurs incarnent des marcheurs. Des explorateurs chargés de s’aventurer hors des Stallites pour ouvrir des routes, escorter des convois, cartographier les terres obscures et maintenir les liens entre les derniers bastions de l’humanité.
Du jeu de rôle au jeu vidéo
Dark Earth est un univers créé conjointement par Kalisto et Multisim au milieu des années 1990. Kalisto en développe le jeu vidéo tandis que Multisim en assure l’adaptation et le développement sous forme de jeu de rôle, les deux projets étant conçus en parallèle.
Dans le jeu vidéo, le joueur y incarne Arkhan, un jeune habitant d’une Stallite contaminé par la mystérieuse contamination. Pour survivre et tenter de sauver sa cité, il doit enquêter, explorer Sparta et ses environs, puis s’aventurer dans l’Obscur à la recherche d’un remède.
Grâce à sa direction artistique, son ambiance oppressante et son univers original, Dark Earth est aujourd’hui encore considéré comme l’un des jeux français les plus singuliers de son époque.

Un jeu de rôle devenu culte
En parallèle du jeu vidéo paraît la première édition du jeu de rôle Dark Earth, publiée par Multisim.
Loin de raconter les aventures d’Arkhan, le jeu propose aux joueurs d’explorer l’ensemble de Sombre-Terre. Les personnages peuvent appartenir aux différentes castes des Stallites (guerriers, artisans, érudits, négociants, etc.), parcourir les terres dévastées, enquêter sur les mystères de l’Avant ou lutter contre les manifestations de l’Obscur.
L’une des grandes forces de cette première édition réside dans son goût du mystère. Les origines exactes du cataclysme, la véritable nature de l’Obscur ou encore les secrets des civilisations disparues restent volontairement flous, laissant aux meneurs une grande liberté d’interprétation.
Une seconde édition, baptisée Ère du Contact, viendra ensuite faire progresser la chronologie et lever une partie des secrets du monde grâce à de nombreux suppléments.
Au fil des années, Dark Earth s’est forgé une réputation de jeu exigeant, doté d’un univers extrêmement riche, dont l’atmosphère reste encore aujourd’hui une référence pour de nombreux rôlistes francophones.

Il est temps d’aller prendre l’Ere
Près de trente ans après la naissance de la gamme, Modül (le label ludique des éditions Mnémos) relance aujourd’hui l’univers avec Dark Earth : L’Ère de la Marche.
Plutôt qu’une simple réédition, cette nouvelle version propose une relecture moderne de Sombre-Terre. Les joueurs incarnent désormais des Marcheurs, des explorateurs chargés d’ouvrir des routes, escorter des convois, cartographier les régions obscures et maintenir le lien entre les Stallites.
Ce changement de point de vue met davantage l’accent sur l’exploration, les voyages, la survie et la découverte d’un monde hostile, tout en conservant les thèmes fondateurs de la licence : la lutte contre l’Obscur, le poids des traditions et les vestiges d’une civilisation disparue.

Le système de règles a lui aussi été entièrement repensé autour d’un système de pool de D6 (appelé potentiel). Enfin, disons qu’il a plutôt été modernisé tout en conservant l’ADN original de la mécanique. Chaque action consiste à lancer un nombre de dés déterminé par les Aptitudes et les Compétences du personnage ; les résultats sont convertis en réussites (1, 2 ou 3 : 0 réussite, 4 ou 5 : 1 réussite, 6 : 2 réussites) qu’il faut cumuler pour dépasser le seuil de difficulté fixé par le meneur.
Mais pour vous faire votre propre idée, rien de mieux que de récupérer le kit de découverte de 40 pages est mit à votre disposition gratuitement. On en parlait dans notre rubrique du lundi gratuit.
Ce dernier comprend la présentation succincte d’une région spécifique à l’univers (celle utilisez dans le scénario), une explication des règles, un scénario et 5 pré-tirés.
Une renaissance attendue
Cette nouvelle édition est actuellement en souscription sur Livrium, la nouvelle plateforme de souscription de l’éditeur Mnémos/Modül jusqu’au 9 juillet 2026 à 20h00.
Présenté comme une saison 1, ce premier foulancement (dont l’objectif initial a été atteint en 2h), propose :
- Le livre de base (220 pages, présentant l’univers, les règles et les outils de création de personnages )
- Une campagne intitulée les veines de feu.
- Un écran
- Le livret de découverte en version imprimé
- Un coffret collector exclusif à cette souscription
La campagne est également l’occasion d’annoncer le premier roman officiel se déroulant dans l’univers de Dark Earth. Écrit par Stéphane Arnier, auteur de La Brume l’emportera et fin connaisseur de Sombre-Terre, ce récit inédit paraîtra chez Mnémos en 2027. Une édition prestige, proposée en exclusivité durant le financement participatif, accompagnera la sortie du jeu de rôle.

Le retour de Dark Earth illustre une tendance de fond du jeu de rôle français : remettre en lumière des univers marquants des années 1990 en les adaptant aux attentes des joueurs d’aujourd’hui (et, accessoirement, cassez les prix du marché de l’occasion).
Pour les anciens, L’Ère de la Marche représente l’occasion de retrouver l’un des cadres de jeu les plus originaux de la production française. Pour les nouveaux venus, c’est surtout l’opportunité de découvrir un univers où chaque rayon de lumière est une victoire, et où les plus grandes aventures commencent toujours aux portes de l’Obscur.
LIENS
- La page de la souscription
- Télécharger le kit de découverte (via notre rubrique du lundi gratuit)


« Les derniers bastions de l’humanité sont les Stallites, d’immenses cités mobiles suivant inlassablement la course du Soleil afin d’échapper aux ténèbres » => dans mon souvenir les stallites ne bougent pas. Une possible confusion avec la campagne La croisade de la ville mouvement ?
Bonjour,
Tu as raison (j’ai rédigé l’article assez tard). Merci pour ta vigilance.
J’ai simplifié la phrase.
Bonne journée 🙂
Dans les jeux de la même époque, j’aimerai vraiment un retour de Guildes.
Aucune chance. Il y a du Stéphane Marsan dedans, et un sac de noeuds de droits d’auteur équivalent à celui d’Agone.
Agone n’a-t-il pas connu une sorte de réédition plutôt récente ? « Pénombre » chez Æther Labs ? mais je peux me tromper n’étant pas un grand spécialiste ou connaisseur.
Qui sait pour Guildes alors 😉 un univers passionnant, aux règles un peu moins et un secret final… euh pas ouf AMHA. J’aurai aimé ne rien avoir.
Je ne connaissais pas ce jeu. La couverture est de toute beauté !
Je file regader le kit d’initiation.
Jusqu’au 9 juillet … c’est un peut court… C’est un très très bon jeu … va falloir faire un effort 🙂
je suppose que le matériel sera compatible avec la version 1 et 2