Downton Abbey en moins violent [Chronique démo l’Hotel du Lion Rouge]

Vous aimez les hôtels ? Tout le monde aime les hôtels ! Enfin peut-être pas autant que Côme Martin et Nicolas Folliot, deux briscards du JdR qui financent depuis la semaine dernière L’hôtel du Lion Rouge, un jeu narratif qui s’intéresse justement aux instants de vie si particuliers qui prennent place dans ces lieux de transit. Voyons ce que ça donne la démo, déjà disponible.

Pas de MJ dans le minibar

L’hôtel du Lion Rouge (ou HLR pour les gens cools) est donc un jeu qui propose à un groupe de 2 à 6 joueurs de raconter des moments de vie se déroulant dans un hôtel chic et balnéaire. De qui la bonne est-elle secrètement amoureuse ? Qui est ce mystérieux professeur qui passe toutes ses journées enfermées dans sa chambre ? Va-t-on enfin réparer la sonnette du lobby ? Pour le savoir, il faut jouer.

HLR se pose dès le début en jeu cozy. Pas de surnaturel, pas de monstres, juste des histoires se succédant dans un même lieu. Pour se faire, point de MJ, mais un paquet de cartes (le foulancement prévoit un deck dédié, mais cette démo est prévue pour être testée avec des cartes à jouer classiques). Chaque carte décrit un lieu ou un personnage dans l’hôtel, et s’accompagne d’un petit défi tantôt oulipien (commencer chaque phrase par une nouvelle lettre de l’alphabet), tantôt rappelant les jeux de notre enfance (le 7 de trèfle propose littéralement de jouer à « j’ai dans ma valise »).

Bref, pour jouer il suffit de tirer une carte tour à tour, lire les règles de ladite carte, et construire petit à petit l’hôtel et ses habitants. Et si jamais le narrateur n’a pas envie de piocher, il peut toujours revisiter un lieu ou un personnage déjà décrit. Toujours pour rester dans une ambiance cool, la partie se termine un peu quand vous voulez. Les auteurs proposent de désigner une heure de fin, mais on sent que vous pouvez le mettre à votre sauce.

Repartir avec le peignoir

Si la démo est fidèle au produit fini, HLR a a priori tout du parfait petit jeu automnal sans prise de tête. On se réunit, on se marre, et on quitte l’hôtel après avoir laissé un mot dans le livre d’or (je déconne pas c’est vraiment comme ça qu’on conclue une partie, et c’est franchement adorable). Mais il y a un hic, et ce hic c’est la manière dont nous sont présentées les règles.

HLR n’a rien de compliqué. Les règles tiennent sur quelques pages. Elles sont écrites clairement et fonctionnent, exceptée une vraie fausse bonne idée des auteurs : l’usage de pictogrammes. En dehors des informations uniques qu’elles contiennent, chaque carte est frappée de quelques symboles sensés constituer un rappel simple de certains points de règles. L’effet produit est hélas exactement inverse. Plutôt que de consulter toutes les informations au même endroit, on se retrouve à faire des aller-retours constants entre la fin du pdf (le descriptif des cartes) et le début (le résumé des règles) alors même que ces pictogrammes résument chacun quelques mots à peine. Alors oui, au bout d’un moment vous retenez le sens de chaque petit dessin, mais ça n’en fait pas moins une étape d’apprentissage inutile, en plus de créer des moments de flottements à chaque pioche. Le deck dédié et les aides de jeu règleront peut-être ce problème, mais ce n’est pas encore sûr à ce stade.

Un service de qualité

HLR est sympathique et prometteur. On a une vibe Stardew Valley/ Animal Crossing surmontée de quelques notes de Jane Austen rendant le jeu aussi agréable que reposant si les jeux d’invention pure sont votre came. En espérant que les auteurs se penchent un peu plus sur les menus soucis d’ergonomie de cette démo, on ne peut que recommander aux joueurs fans de tisane au coin de feu de parier sur ce projet.

LIENS

Une pensée sur “Downton Abbey en moins violent [Chronique démo l’Hotel du Lion Rouge]”

  • 19 mars 2025 à 17:01
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    Héééé mais deudieu deudieu, c’est chez moi ça !
    Y a même les Dents du Midi et tout et tout…
    Ça fait tout drôle…
    En effet, le visuel est tiré d’une affiche du début du XXe siècle ventant les atouts touristiques de la région suisse de la « riviera » vaudoise, avec Montreux et le lac Léman (le premier qui dit « lac de Genève », il sort et va s’empaler lui-même sur une dent de phacochère de Nurgle…).
    Je n’ai rien d’autre à dire sur le jeu en lui-même, que je ne connais pas mais qui a l’air fort sympathique au demeurant et qui, connaissant les autres productions de son auteur, doit être de grande qualité.
    Voilà.
    Si vous avez lu jusqu’ici, franchement c’est que vous êtes un peu helvète sur les bords… vous avez songé, en ces temps troublés, à une banque réellement sûre pour placer vos économies ?
    ;-b

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