Antre Monde : un planning 2025 qui va taper, taper, taper
Il y a comme ça des éditeurs qui commencent petit, en général autour d’un unique projet qui semble devoir être LE projet de leur vie. Et puis, un succès en appelant un autre, on se retourne sur le chemin parcouru et on découvre… un sacré catalogue ! C’est en tout l’impression que donne le planning 2025 annoncé par Antre Monde qui, désormais bien au-delà du seul Knight, qui semble bel et bien être devenu un acteur majeur de notre hobby. Il était donc raisonnable en ce début d’année 2025 de mettre à l’honneur les deux têtes pensantes, Coline et Simon.
Le Fix : Vous venez juste de terminer le foulancement du spin off de Knight, Parias. Je crois que l’on peut dire que c’est un beau petit succès. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Le Fix : Vous aviez pris large en annonçant une livraison fin 2025 mais avec tous ces paliers débloqués, vous n’avez pas peur d’être quand même courts ?
Simon : Même en prévoyant large, nous nous laissons toujours l’opportunité de nous offrir un délai supplémentaire si le résultat ne nous convient pas parfaitement. Toutefois, nous sommes plusieurs auteurs à travailler en parallèle et la partie illustration avance très bien. Donc, pour l’instant, le projet suit son cours sans aucun souci.

Le Fix : Patreon, Discord, live… franchement, avec Knight : Spectre, vous m’avez perdu, là. Vous pouvez refaire un topo en n’employant que des mots que je connais, svp ?
Simon : L’idée d’un abonnement pour soutenir notre création en tant qu’auteurs nous est venue parce que nous avons toujours des choses à raconter sur Knight qui ne suffisent pas forcément à faire un supplément. Nous avons eu l’idée de Spectre que nous avons playtestée sur deux tables, et on s’est dit que partager nos avancées avec la communauté, en plus de ces bonus, nous apporteraient de la motivation. C’est la raison du Patreon. Ensuite, Discord comme Facebook ou nos quelques vidéos sont des moyens pour nous de rester près de notre communauté, accessibles. Et c’est pour cela aussi que nous avons été très présents en salon ces derniers mois (12 salons/conventions en 2024).
Le Fix : Donc, si je comprends bien, vous faîtes des cartons en foulancement mais vous ne voulez plus faire de foulancements, c’est bien ça ?
Coline : Le Patreon, c’est un soutien direct à nous en tant qu’auteurs. C’est une marque de confiance et de reconnaissance pour les contenus que nous avons déjà créés et ceux que nous allons sortir à l’avenir. Les financements participatifs servent à produire des gammes avec Antre Monde Éditions. Dans ce cadre, nous pouvons éditer des éléments du Knight Universe, mais aussi les création d’autres auteurs, des jeux de rôle tirés d’œuvres (comme Célestopol 1922 ou Les As de la jungle). Nous allons même nous lancer dans la traduction d’œuvres anglophones. Nous allons donc continuer à faire des foulancements, qui permettent de financer ces projets, mais aussi les contenus gratuits que nous produisons régulièrement (pour lesquels nous rémunérons nos auteurs, illustrateurs, maquettistes, relecteurs, etc.).

Le Fix : Quand j’ai vu que vous alliez faire une adaptation des As de la Jungle, j’ai été soulagé : ouf, enfin une référence culturelle que je possède ! Mais, vous, comment vous est venue cette idée ?
Coline : C’est un heureux alignement d’As-tres ! Nous étions en contact avec Julien Marezza qui était en pourparlers pour obtenir les droits des As de la jungle et nous proposait de l’éditer ensemble. En parallèle, nous avons reçu une proposition d’Alexandre Clavel d’un jeu de rôle Les As de la Jungle qu’il était en train de créer. Julien Arnaud lui ayant donné notre contact, nous l’avons intégré au projet. L’équipe initiale était complète !
Le Fix : Vous appelez ça un « jeu d’aventures » : vous pensez que « jeu de rôle », ça fait encore peur aux parents ?
Simon : On s’est beaucoup posé la question au sein de l’équipe et le jeu étant lui-même hybride (notamment avec une boîte de découverte), il nous paraissait pertinent de ne l’appeler ni jeu de rôle, ni jeu de société, mais bien jeu d’aventures. Nous ne pensons pas que « jeu de rôle » soit un terme qui fasse peur, nous voulons démarquer Les As de la Jungle : Premières aventures et Les As de la jungle : le jeu d’aventures des jeux de rôle habituels. Le premier sera une vraie boîte d’initiation à destination du jeune public, le second sera un véritable livre de jeu de rôle pour les enfants et les parents.
Le Fix : Ok, ce sera un jeu plutôt pour enfants mais… est-ce qu’on pourra quand même taper, taper, taper ?
Coline : Bien entendu ! Tout rôliste a en lui une âme de Miguel, non ? Plus sérieusement, le livre aura cette vocation, proposer ses propres scénarios, créer des personnages différents (pas toujours des As d’ailleurs) et permettre au plus grand nombre d’accéder à cet univers coloré et délirant.
Le Fix : Le jeu est conçu pour pouvoir jouer les héros de la série animée ou bien il faudra créer d’autres as de la jungle ?
Coline : Premières aventures permettra d’incarner les six personnages emblématique des films. Le jeu d’aventures permettra, de son côté, de créer d’autres personnages, et pas que des As ! Il y aura les Fortiches, mais aussi les copains, les méchants et plein d’autres animaux déjantés !
Le Fix : Les As de la Jungle proposent des aventures sympas mais, on ne va pas se mentir, c’est quand même avant tout une série humoristique : ce n’est pas un peu casse-gueule à rendre en JdR ça ?
Simon : Selon notre vision, l’humour n’est pas incompatible avec le jeu de rôle et, si on y regarde de plus près, la structure d’un épisode des As de la Jungle est construite comme un scénario de JdR : un problème, une mission, des situations à résoudre et un grand final. Par ailleurs, cette structure, aussi simple et visible, permettra aux jeunes (ou moins jeunes) créateurs d’écrire leur propre scénario en utilisant les personnages de la série, en inventant leurs jeux de mots et des situations rocambolesques. Et, à bien y regarder, n’est-il pas aussi agréable de faire rire une table d’enfants que d’instiller une ambiance de terreur au sein d’une table d’adultes (parfois dissipés) ?
Le Fix : Alors comme ça, on pique des jeux chez les autres éditeurs ? C’est très vilain, ça. Pourquoi avez-vous ajouté Kamicha, le Jardin du Thé à votre catalogue ?
Coline : Nous savons ce que c’est que de ne pas pouvoir aller au bout d’un projet artistique, d’y mettre toute son âme pour finalement qu’il n’ait pas toute la visibilité qu’il mérite. Kamicha et le travail de ses auteurs/illustratrices méritent d’être pleinement mis en lumière et soutenus. Leur ancien éditeur ne souhaitant pas réimprimer d’exemplaires et ayant mis fin à leur contrat, nous avons simplement voulu poursuivre une gamme qui nous plaît 🙂
Le Fix : Si on ajoute à tout ça le travail en cours sur Célestopol, Devastra, etc., on peut dire que vous commencez à devenir un gros éditeur de la place. Vous n’avez pas peur de la crise de croissance ?
Simon : Nous ne pensons pas du tout être un gros éditeur et n’estimons pas jouer dans la même cour que certains acteurs du jeu de rôle (dont le succès est, par ailleurs, mérité). Nous continuons même nos petits travaux d’auteurs et de relecteurs à côté. en revanche, ce qui nous préoccupe, c’est qu’être auteur de jeu de rôle, éditeur et chef d’entreprise sont trois métiers différents… et chacun à temps plein ! Nous veillons particulièrement à ce que nos financements participatifs puissent être suffisants pour financer nos projets et, quand ce n’est pas le cas (ce qui arrive), nous avons, heureusement, l’apport des ouvrages de Knight qui continuent à très bien se vendre malgré ses 10 ans d’existence.
Le Fix : Vous avez laisser filtrer l’idée que vous aussi vous alliez vous mettre à la traduction de jeux étrangers. La création francophone, ça ne vous botte plus, finalement ?
Coline : Bien sûr que si, et nous allons continuer à la soutenir. Nous cherchons simplement à diversifier nos activités, car il y a aussi de très beaux projets en langue étrangère.
Le Fix : Rumeurs toujours, vous avez évoqué des projets de jeux issus de bande-dessinées. On est d’accord que là, vous en avez trop dit ou pas assez, hein ?
Coline : Ah ah, on ne peut pas en dire plus pour l’instant, mais, effectivement, il y a des pourparlers en cours sur des œuvres incroyables de bandes dessinées. Nous espérons que cela aboutira à de beaux projets !


Un peu surpris qu’il n’y ait pas de mention ni dans les questions, ni dans les réponses de The Heist qui est paru pourtant encore récemment chez cet éditeur ?