Ils sont fous ces Romains !
Ce n’est plus une surprise, à peine une confirmation : la fanbase de Imperator, le jeu sur les Romains de l’Antiquité créé par Bruno Guérin est très, très solide. Nous vous avions déjà présenté le nouveau foulancement dédié au suivi de Imperator il y a quelques jours. En résumé, il s’agissait d’ajouter deux ouvrages à la déjà prolifique gamme : d’une part, un sourcebook régional Égypte et une sorte de bestiaire/compendium, Liber Monstrorum.
Un petit point d’étape s’imposait pour signaler le franchissement de la barre des… 1200 % de l’objectif initial. Et il reste encore une bonne semaine. Du pain, d’accord mais aussi visiblement des Jeux pour les fans d’aventures en sandalettes et jupette de lattes.
Bien sûr, les esprits taquins feront remarquer que l’objectif initial de 3000 euros pour financer la publication de deux gros ouvrages sous couverture rigide laisse songeur et permet de déduire que l’éditeur, JDR Éditions, connaît visiblement des auteurs, illustrateurs, maquettistes, imprimeurs… qui bossent comme des Romains et pour pas cher en plus. Mais, bon, l’astuce est désormais bien connue et ainsi les scores montent vite. L’essentiel est tout de même qu’il y ait déjà 230 souscripteurs et que, pour un jeu tout de même de niche et, surtout, de création francophone, c’est un très beau résultat.

Cet enthousiasme communicatif permet surtout d’envisager l’ajout au foulancement d’un troisième ouvrage, déjà évoqué de façon sibylline : Auguste. (…) Rah, non, je vous vois déçus vous aussi : contrairement à ce à quoi on pouvait légitimement s’attendre, il ne s’agit PAS d’un sourcebook pour pouvoir jouer des clowns dans l’Antiquité romaine. Il s’agit plus trivialement d’une grande campagne centrée sur l’ascension de ce grand personnage appelé à devenir le premier empereur.
Bon, on ne va pas se mentir, compte tenu du présupposé de cette campagne, on sait déjà que les PJ ne seront pas au cœur des événements et qu’ils n’auront pas tant de prises que cela sur eux puisque Imperator n’est pas une uchronie. En revanche, le jeu intègre le fantastique et un chapitre de cette campagne pourrait bien permettre aux PJ, en marge des événements politiques, de remonter jusqu’aux sources mythiques du Nil.

A noter que tous ces paliers franchis précédemment ont par ailleurs permis d’ajouter quelques autres bricoles comme deux scénarios inédits (disponibles en version imprimée), un petit module de règles pour jouer à Imperator en solo, de nombreux plans et surtout une mini-campagne La route de la soie pour emmener vos PJ aux confins du monde connu (là aussi, dispo en version imprimée dans les options).
Avec tout ça, on pourrait se dire que les possibilités ludiques offertes par l’Empire Romain ont été mises en coupe réglée et sont même en passe d’être épuisées et pourtant…
… c’est pile à ce moment là que l’on apprend que Studio Agate (branche traductions) s’apprête à se lancer dans la VF d’un jeu italien d’excellente réputation : Lex Arcana. Audacieux quand on songe que les fans de l’Empire Romain – tout de même moins nombreux que ceux de Tolkien ou Lovecraft – seront sans doute déjà largement servis par leu jeu de Bruno Guérin.

Toutefois différent de Imperator dans son pré-supposé, Lex Arcana opte lui pour une histoire alternative de l’Empire Romain. Dans cette uchronie, Rome n’est jamais tombée grâce à l’appui de pouvoirs mystiques : les fameux Arcanes du titre. L’Empire reste néanmoins menacé de toutes parts et a besoin des PJ comme agents de la Cohors Auxiliaria Arcana, une unité spéciale chargée de résoudre les cas compliqués liés aux menaces occultes dans tout l’Empire.
Le jeu possède une très belle direction artistique pour évoquer tout ça.C’est une des constantes chez les jeux italiens depuis quelques années.
La VF devrait entrer en foulancement fin avril 2025. En espérant que, entre temps, Agate ait avancé sur les nombreuses gammes en cours qui, même dans leur branche traductions, commencent à accuser de sérieux retards (Changelin, Torchbearer, Brancalonia, Inferno…).


Quelle chance on a quand même d’avoir des créations françaises de niche aussi développées (je pense bien sûr à Würm).
Imperator est très sympa à lire mais je n’ai pas spécialement envie d’y jouer. Lex Arcana me tente beaucoup plus, et qu’il soit traduit c’est inespéré, dommage que ce soit Agate, qui ne donne pas très confiance (foulancement supers chers et retards nombreux). On verra ce qu’ils proposent, la gamme vit depuis un moment en VO.
Sinon il y a un excellent supplément pour Mythras Rome Mythique, pour les amateurs de D100 c’est sacrément propre.
Je suis membre d’une tribu à l’effectif très restreint, les rôlistes amateurs de jeux « historiques sans fantastique ». Et, au sein de cette tribu, membre de la branche des amateurs d’aventures dans l’empire romain. Sans uchronie.
Peut-être parce qu’il y a longtemps que j’ai dépassé le cliché des Romains en jupette-sandalettes. Ma première rencontre avec une Rome romanesque loin de ce cliché a été, pour autant que je m’en souvienne, « Neropolis », d’Hubert Monteilhet. Puis « La maison Germanicus », de Jeanne Champion. Deux romans foisonnants, surprenants.
Et le déclic pour passer au JdR romano-antique (merci « GURPS Imperial Rome », notamment), avec les romans de Lindsey Davis, de sa série mettant en scène l’enquêteur Marcus Didius Falco. La Rome et l’empire de Vespasien, vus sous l’angle d’un fouineur à l’ironie digne des romans policiers hard-boiled. À la fois agent et marionnette de l’empereur et de ses fils, rival du chef espion impérial, Falco traite d’affaires politiques, de scandales de corruption, de trafic d’étain dans l’île de Bretagne, de cartel de l’huile d’olive en Bétique. Il court les forêts de Germanie, les déserts de Cyrénaïque, les ruelles d’Ostie et la colline de l’Aventin.
Par la suite, la série télé « Rome » m’a conforté dans ma vision d’une antiquité romaine source de mille et une aventures.
Je comprends que des rôlistes préfèrent les univers de fiction ou les uchronies. Par imprégnation culturelle, je me glisse plus facilement dans un univers historique. Et je n’ai aucune envie de renverser l’Auguste pour savoir ce qu’il adviendrait. Ave Imperator !