Imbunche : le canevas de la misère humaine [Halloween 2024]
Vous aimez le body horror, Les films de Cronenberg, et les enfants qui pleurent ? Alors bon retour dans ma foire aux monstres chers clients et venez voir ce que cache l’enclos de l’Imbunche, la créature la plus tragique du folklore chilien.
Pour lui comme pour les autres, vous trouverez plus bas une description de la bête, des accroches scénaristiques et même ses statistiques pour vos parties de D&D5 et PF2 !
TRIGGER WARNING : les descriptions présentes dans cet article sont particulièrement graphiques et traitent ouvertement de violences physiques et psychologiques infligées à un enfant. Vous voilà prévenus.
AVERTISSEMENT : l’article qui suit s’inscrit dans la longue tradition ludique visant à s’inspirer des folklores de ce monde pour attiser l’imagination et la curiosité des rôlistes. Traiter le matériau d’origine avec le respect et la prudence qu’il mérite ne nous dispense pas de préciser qu’il ne s’agit, ni ne prétend être un rapport anthropologique et historique fidèle à la légende originelle, ou à la riche culture dont elle fait partie. De fait, en plus de trouver ici des ressources utiles pour vos parties, nous espérons également que cette brève introduction vous encouragera à plonger dans ce que nous ne faisons qu’effleurer.

L’histoire
Parfois, il n’est pas nécessaire de chercher le parfait chien de garde, il suffit d’attendre qu’une personne désespérée nous le donne. C’est en tous cas la logique de certains sorciers qui offrent leurs services contre une monnaie d’échange très spéciale : un jeune garçon âgé d’exactement neuf jours. Difficile d’imaginer des parents capables de donner leur enfant, et pourtant on imagine facilement un être assez cruel et déterminé pour trouver et courtiser ces perles rares.
Une fois l’enfant en sa possession, le sorcier commence un long et douloureux processus de métamorphose. D’abord, il brise la cheville droite de l’enfant, disloque le reste de la jambe et la soude à son oreille gauche, de manière qu’elle parcoure son dos, puis il déforme progressivement ses vertèbres jusqu’à ce que la tête effectue un angle de 180°. Lorsqu’il atteint les trois mois, il fourche sa langue et use de divers rituels pour accélérer son vieillissement, épaissir sa peau et la recouvrir d’une fourrure drue. Le sujet d’expérimentation est pour l’instant nourri au lait de chat noir et à la viande de bouc, mais très vite on les remplace par la chair de cadavres issus du cimetière local, et enfin par de la chair fraîche. En quelques mois, le magicien s’est créé une aberration qui répond au nom d’Imbunche, se déplaçant sur les mains et leur pied encore intact.
L’imbunche est avant tout un gardien. En corrompant un humanoïde dès le berceau, le maître crée une bête sanguinaire dont la seule apparence suffit à faire fuir la plupart des curieux. En plus de son apparence, sa relative intelligence en fait un messager et un assistant efficace tant que les ordres restent simples, et le processus leur donne également une influence mystérieuse sur le hasard, au point qu’il est courant de croire que l’Imbunche porte malheur. Cette malchance est aussi pratique pour ses missions ; On peut envoyer un Imbunche pour se venger d’un village commençant à se rebeller, ou en guise d’invitation formelle aux autres sorciers psychopathes du coin sans s’inquiéter pour sa survie ou le résultat de la tâche. L’atout principal du maître sur son « animal » est le conditionnement véritablement pavlovien qu’il met en place ; l’Imbunche ne se nourrit que de chair vivante, et jamais sans l’autorisation de son propriétaire, quitte à dépérir. Les maîtres les plus malins ajoutent un sort de lien mental avec leur Imbunche pour éviter qu’il ne meurt inutilement de faim, et pour être tenus au fait de l’état de leur repaire.
Surtout, l’aberration est considérée dans certains cercles arcaniques comme une marque de prestige. Les mages paradent avec leur Imbunche lors des rassemblements, montrant à tous leur capacité à modeler la chair et l’esprit. Certains les décorent et les habillent de façon extravagante pour les grandes occasions. La chose est un symbole de talent, mais aussi de supériorité sur le commun des mortels. Après tout, sont-ils vraiment nos égaux si nous pouvons en faire de simples serviteurs ?

Stratégie
Malgré son apparence affreuse, l’Imbunche n’est jamais qu’un humain légèrement amélioré pour le combat, et puisque sa création est ardue, et la récompense principalement symbolique, on n’en croisera jamais qu’un seul par repaire. Dans l’ensemble, l’Imbunche n’est une menace que pour les personnages lambda ou les aventuriers débutants. La vraie menace n’est pas dans ce qu’il peut faire, mais dans ce qu’il peut déclencher.
En tant que gardien fidèle et dressé, la priorité de l’Imbunche sera de prévenir son maitre d’une intrusion, et d’activer les divers pièges à sa disposition en attendant les renforts, comptant sur sa vitesse, son agilité, et la malchance qu’il inflige aux intrus.
Loin d’être un défi tactique, l’Imbunche est un outil narratif puissant pour insister sur l’inhumanité d’un antagoniste, et le déclencheur privilégié des tous ces pièges que vos joueurs ont savamment esquivé dans les donjons précédents, désormais réunis dans la caverne que garde le monstre.
Accroches
Univers médiéval :
- En échange d’un remède pour soigner la peste qui ravage les champs de leurs sujets, les nobles locaux acceptent de faire don de leur dernier né à un sage. Ce dernier prétend en faire son apprenti, mais dit-il vraiment la vérité ? Et quelle était la cause de cette étrange maladie ?
- La rumeur dit que la vieille tour en ruines de l’autre côté de la forêt cache un sous-sol rempli de trésors, mais aussi qu’il est gardé par un monstre assoiffé de sang. La bête en question est un Imbunche qui garde fidèlement le sanctuaire délabré de son maître mort depuis des années, dont le dernier ordre l’autorisait à se nourrir par lui-même.
Univers contemporain :
- La démolition prochaine d’un vieil immeuble révèle une cache où se terre un adolescent difforme, muet et anormalement fort, qui semble incapable de prendre des décisions par lui-même. Qui est-il ? Qui lui a permis de survivre jusqu’à présent ?
- Chaque matin, le maire de la ville promène son énorme et sympathique chien à trois pattes, discutant avec ses électeurs alors qu’ils flattent l’animal pour son intelligence hors-norme. Peu savent que cette apparence canine est un glamour déguisant le fils du maire qu’il a lui-même transformé en Imbunche pour intégrer un couvent de nécromanciens prestigieux.

Statistiques pour D&D5

Statistiques pour Pathfinder 2

Sources

