Tout savoir sur Role’n Play (ou presque)
Après plusieurs interviews à parler avec Julien, on s’est dit qu’il était peut-être temps de laisser un peu la lumière à ses camardes de jeux.
Car vous le savez, Rôle’N Play est une émission où des copains qui s’avèrent être tous comédiens ont décidé de jouer une campagne de jeu de rôle. Voire même, depuis le temps, plusieurs campagnes ! Car cela fait déjà huit ans que Rôle’N Play rassemble joueurs, joueuses et spectateurs autour d’aventures palpitantes. Et à l’occasion de leur nouvelle souscription (pour financer la suite de leur campagne Éclypse), il est bon de constater que la communauté répond toujours présente.
Et nous aussi d’ailleurs; on profite de cette souscription pour nous intéresser à celles et ceux qui donnent vie aux personnages : Juliette, Sébastien, Roxane, Ryan et… Julien, quand même, parce que Rôle’N Play sans lui ne serait pas Rôle’N Play.
Bon, maintenant, soyons francs : on avait dit qu’on laisserait la parole aux autres… mais c’est finalement Ryan qui s’y colle pour tout le monde ! Mais l’objectif reste le même ; découvrir un peu mieux ses camarades, leurs parcours de comédiens et de comédiennes, et ce qui fait la richesse de cette aventure collective.

Le Fix : Heeeeeey, bonjour et bienvenue, Rôle’N Play ! (On essaye de faire comme Julien.) Comment allez-vous depuis notre dernière interview, qui date de… pfiuu… 2023 ?
Ryan : Eeeeeeet bonjour ! Oui, oui, ça va bien, aha ! Eh ben oui, il s’est passé pas mal de choses depuis. Je percute que 2023, c’était l’époque de la création de Mimir Productions, donc la transition où l’émission est arrivée entre nos mains.
Et comme tu l’as vu, on a continué à faire évoluer l’émission, on a lancé Éclypse, développé d’autres aventures, et maintenant on prépare le Trianon aussi. Au moment où je t’écris ça, on est en plein financement participatif. Donc une période assez chargée, mais c’est chouette !
Le Fix : Rôle’N Play est « une émission où des copains qui s’avèrent être tous comédiens ont décidé de jouer une campagne de jeu de rôle ». Mais concrètement, on connaît surtout la fibre rôliste de l’équipe, et moins les comédiens. Qui sont réellement Juliette, Julien, Ryan, Sébastien et Roxane ?
Ryan : Ah oui, en effet ! On a l’habitude de nous voir autour de la table, et à une époque, on donnait même de petites nouvelles dans les intros pour raconter ce qu’on avait en cours. Les choses évoluent, et en ce moment, ce n’est plus trop le format, mais oui, avec plaisir pour te raconter un peu ce que tout le monde fait !
Rôle’N Play est un projet qui nous réunit tous, mais chacun et chacune a ses activités à l’extérieur. Tiens, je vais commencer par Juliette Paire. Elle travaille beaucoup au théâtre, notamment dans des formes interactives, de l’impro et du théâtre forum. Elle joue dans Le Chœur des femmes, qu’elle fait beaucoup tourner. On peut aussi la retrouver dans Burning Scarlett, avec la compagnie Tout En Vrac. Elle travaille aussi en doublage : elle prête par exemple sa voix à Irma dans La Reina del Flow. Dans Secret Level, elle double Smokes, interprétée en version originale par Laura Bailey.
Julien, beaucoup de gens l’ont croisé dans Kaamelott, mais il a fait énormément de choses depuis. Il est comédien, auteur, réalisateur et travaille aussi dans le doublage. Dans notre milieu, pas mal de personnes ont pu l’entendre lire les aventures de Drizzt en livre audio, notamment La Trilogie de l’Elfe Noir. C’est assez cool de le retrouver dans ces bouquins-là. Dans Secret Level, il prête aussi sa voix au roi Aelstrom, joué en version originale par Arnold Schwarzenegger, dans l’épisode 3, New World : Un roi en devenir.
Sébastien, tu le retrouveras beaucoup dans le travail de la voix et au théâtre. Du côté un peu plus geek, c’est notamment lui qui lit Primal Hunter, de Zogarth, chez Lizzie, en faisant vivre toute l’histoire. D’ailleurs, Michaël Maïno lit de son côté System Universe, de SunriseCV, dans la même collection LitRPG. C’est assez rigolo de voir comme on se recroise aussi à l’extérieur de l’émission !
Roxane est comédienne, improvisatrice et autrice. Elle participe aux projets des autres, mais porte aussi les siens. Elle a notamment lancé en octobre son seul-en-scène “Dépendante”, autour de la dépendance affective. On la retrouve aussi dans #MarieAntoinette et dans Plus fort que l’oubli, au Théâtre des Mathurins. Elle met également en scène L’Affaire Bobby, au Théâtre Montorgueil.
Moi, de mon côté, beaucoup de gens peuvent être un peu paumés, parce que je travaille essentiellement en anglais, à l’image comme en voix. Les titres dont j’aime bien parler sont des jeux vidéo comme Kingdom Come: Deliverance II, Nioh 3 ou Road 96. Mais j’ai aussi fait des séries : je suis dans un épisode de The Veil, sur Hulu, et plus récemment dans Juste après l’aube, sur Ciné+ Frisson, réalisé par notre cher Olivier Boillot, qui réalise aussi Rôle’N Play.
Et justement, j’ai envie de parler aussi des personnes derrière les caméras. Pour Olivier, voir son premier film sortir en streaming sur OCS+ Frisson, c’est une grosse étape dans une vie de réalisateur. Laura Hoffmann, notre directrice de production, qui a fondé Mimir Productions, a elle aussi sorti son premier court métrage, Hantise, en collaboration avec GRRRE Games. Elle en a assuré la production, la coécriture et la coréalisation, et Roxane est aussi au casting. C’est un format court, mais il claque, et j’invite vraiment à aller le voir.
Donc oui, on est tous bien occupés en dehors de Rôle’N Play ! Mais toutes ces compétences se nourrissent mutuellement. On est très contents de vivre ces expériences à l’extérieur, parce qu’elles enrichissent aussi ce qu’on fait ensemble dans l’émission.
[Note de la rédaction : pour les fans de Role’N Play, et plus particulièrement des comédiens qui font l’émission, vous retrouverez leurs profils détaillés à la fin de cette interview]
Le Fix : Est-ce que vous jouiez au jeu de rôle avant Rôle’N Play ?
Ryan : Oui, pour ma part, le jeu de rôle était là bien avant l’émission. Il a même joué un rôle assez important dans ma construction. Avec Warhammer et Magic, ça m’a fait survivre à cette étape particulière qu’est l’adolescence !
Et dans l’équipe, c’est assez connu que Julien joue depuis très longtemps aussi, depuis sa jeunesse. Il a découvert le jeu de rôle grâce à son cousin, avec Cyberpunk. Donc lui aussi avait déjà quelques aventures au compteur avant de s’asseoir à cette table !
Pour Juliette, Roxane et Sébastien, il me semble que les expériences avant l’émission étaient beaucoup plus ponctuelles. Mais cette découverte faisait justement partie de l’idée de départ de Rôle’N Play, avec Oblivion : faire jouer des comédiens et des comédiennes qui n’étaient pas tous des rôlistes expérimentés, pour que le public puisse apprendre en même temps qu’eux. Découvrir les règles, comprendre le principe du jeu de rôle, mais aussi voir comment on peut vivre une aventure et construire une histoire ensemble. Tout cela était à dessein.
Le Fix : Pour terminer ce petit tour de table : si vous deviez décrire chacun de vos camarades en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Ryan : Ouh là, c’est compliqué. Je me sens extrêmement responsable, tout à coup. Ceci peut me mettre en difficulté, aha ! Allez, je me lance.
Juliette : entière, engagée, instinctive, c’est toujours cool les scènes ensemble.
Julien : inventif, exigeant, passionné. Mais je suis obligé d’ajouter que sa palette d’interprétation est assez impressionnante. Sa capacité à passer d’un personnage à l’autre, à leur donner une présence différente, c’est quelque chose.
Sébastien : précis, sensible, il a ce petit côté rigolo fougueux, parfois, mais avec beaucoup de bienveillance. Et bon, je ne peux pas ignorer le fait que c’est une calculatrice incroyable. Ça fait déjà plus de trois mots, on est d’accord.
Roxane : vive, spontanée, expressive. Il y a chez elle une expressivité assez rare, et elle apporte à la table quelque chose de très nouveau, de très frais.
C’est très plaisant d’avoir une équipe aussi variée, avec chacun et chacune ses expériences différentes. Mais trois mots, ce n’est pas très représentatif, et c’est mon interprétation du moment. Ce qui est surtout intéressant, c’est ce qui se passe entre nous : quand quelqu’un amène quelque chose que les autres n’auraient pas proposé, et qu’on s’en empare ensemble. Il faut être disponible pour recevoir les propositions des autres. C’est là que ça se passe.

Le Fix : Rôle’N Play existe depuis huit ans maintenant. Avec le recul, comment définiriez-vous ce qu’est devenue la chaîne, ainsi que l’émission ?
Ryan : Alors, moi, je ne suis pas là depuis le départ. Entre 2018 et mon arrivée en 2021, il y avait déjà eu toute une évolution. Mais aujourd’hui, c’est devenu un vrai projet de production et de création collective. Il y a la campagne principale, mais aussi d’autres jeux, des formats courts, des collaborations. Et maintenant, on regarde ce que ça donne si on monte sur scène. Qu’est-ce qu’on peut faire de nos compétences dans ce cadre-là ? Comment est-ce qu’on peut leur donner une autre ampleur ?
Je tiens aussi à rappeler qu’il y a toutes les personnes qu’on ne voit pas autour de la table. Laura, qui porte la production. Olivier, qui travaille à la réalisation et au montage. Et les personnes qui contribuent à l’image, au son, au maquillage, aux illustrations, à la diffusion… Quand on dit « l’équipe de Rôle’N Play », ça dépasse largement les cinq visages à l’écran.
Je pense que l’émission a gagné en maîtrise et en qualité de production. On a changé de studio, on a fait évoluer notre façon de travailler. Et toute l’organisation autour de la production évolue aussi : il faut la gérer, la revoir, l’adapter. Ça a un impact très concret sur ce qu’on peut faire.
Les financements participatifs, par exemple, c’est très difficile à mener. La quasi-totalité de ce travail repose sur Laura. Il y a énormément de choses à gérer en coulisses, et le SAV des envois, ce n’est pas un petit sujet non plus. C’est un boulot massif.
La communauté est adorable avec nous là-dessus. C’est très plaisant de pouvoir échanger avec elle dans ces moments-là, de sentir qu’elle accompagne le projet. Et de notre côté, on continue tous à apprendre et à se perfectionner, petit à petit.
Le Fix : Éclypse est votre campagne actuelle. Comment présenteriez-vous son univers et ses enjeux à quelqu’un qui n’a encore jamais regardé Rôle’N Play ? Qu’est-ce qui la distingue de vos précédentes campagnes ?
Ryan : Je commencerais par les personnages : quatre amis, un passé commun, des retrouvailles, et des événements qui les entraînent dans quelque chose de beaucoup plus vaste qu’eux. On est dans Pangée, l’univers développé par Julien, avec une histoire qui prend progressivement une dimension cosmique.
Moi, j’y joue Aleksanteri. Et ce qui m’intéresse, c’est le décalage entre l’ampleur des enjeux et les personnes qui doivent y faire face. On peut avoir des pouvoirs, des responsabilités énormes, et rester quelqu’un de maladroit, de contradictoire, avec ses attachements et ses peurs.
Éclypse retrouve aussi une légèreté par endroits, avec des personnages hauts en couleur, tout en gardant des moments émotionnellement difficiles. Pour quelqu’un qui découvre, je conseillerais de prendre les personnages comme point d’entrée. Les grandes questions de l’univers viendront avec eux.
Le Fix : Est-ce que le montage participe à la dynamique de la narration ? Dit autrement, est-ce qu’il y a des coupes dans la partie, et est-ce qu’on aura le droit à une vidéo « coupée au montage » ou un bêtisier ?
Ryan : Alors, justement, c’est une de nos particularités : il n’y a quasiment aucune coupe dans l’émission. Quand il y en a, on parle parfois de moins d’une minute sur une heure et demie. Si un point de règle nous oblige à sortir trois ou quatre bouquins pour vérifier quelque chose, on ne va pas forcément vous faire subir toute la recherche. Mais sinon, ce que vous voyez, c’est ce qui se passe à table.
On se garde évidemment le droit de couper un gros loupé ou une interruption. C’est déjà arrivé que quelqu’un entre dans la pièce, que tout le monde tourne la tête et qu’on doive s’arrêter un instant. Mais ce genre de choses arrive peut-être une fois par chapitre. C’est extrêmement rare.
Il y a en revanche un vrai travail de réalisation pendant la partie. Nous avons jusqu’à quatre caméras actives en simultané, dont trois principales, et Olivier bouge les plans en temps réel. Au fil du temps, il est devenu très fort pour sentir les moments à capturer, les réactions à aller chercher. Une bonne partie de ce que vous voyez à l’écran se construit donc directement pendant que nous jouons.
Ensuite, en postproduction, il y a l’étalonnage, donc le travail sur les couleurs, quelques ajustements au son et, surtout, l’ajout des musiques. Parce que nous, nous jouons sans musique ! Toute l’ambiance musicale que vous entendez est ajoutée après. C’est un travail qui prend pas mal de temps et qui participe beaucoup à l’expérience.
Mais dans le déroulement de la partie, entre ce qu’on vit et ce que vous voyez, il n’y a quasiment aucune différence. Donc malheureusement, pas de bêtisier. Nos bêtises, en général, vous les avez déjà vues !
Le Fix : Vous avez lancé une nouvelle souscription pour financer les deux prochains chapitres d’Éclypse. Comment définissez-vous le terme « chapitre » ? C’est un arc narratif ou plutôt un long scénario ?
Ryan : Je le présenterais plutôt comme une grande étape du récit, avec une progression et plusieurs épisodes. Dans le financement actuel, le chapitre 3 est prévu sur quinze épisodes. Ça donne une idée de l’échelle.
Le mot « chapitre » permet aussi de rappeler qu’on continue la même histoire. Les personnages avancent avec les conséquences de ce qu’ils ont vécu auparavant.
Moi, en tant que PJ, je découvre ce qu’il a préparé au fur et à mesure. Je peux vous parler de ce que je traverse, beaucoup moins de ce qui m’attend !

Le Fix : Que diriez-vous à une personne qui regarde régulièrement vos épisodes, mais qui n’a jamais participé à une souscription ? Pourquoi son soutien peut-il faire une différence concrète ?
Ryan : Je dirais déjà que l’émission existe grâce au financement participatif. Aujourd’hui, environ mille personnes nous soutiennent financièrement, des milliers d’autres par repartages sur les dizaines de milliers qui nous regardent. C’est leur participation qui permet de produire les épisodes.
Nous sommes tous des professionnels de l’audiovisuel et chacun apporte ses compétences techniques et/ou artistiques à l’émission. Tout cela représente du temps de travail conséquent qu’il faut financer. On pourrait penser que les partenariats prennent en charge une grande partie de ces besoins, mais leur contribution reste très anecdotique à côté de ce que porte la communauté.
Et le lien entre le financement et ce qu’on peut produire est très direct. Sur un des chapitres de L’Ombre des Douze, par exemple, nous avions réuni de quoi financer douze épisodes sur quinze. Donc un financement qui ne va pas suffisamment loin, concrètement, ça peut vouloir dire moins d’épisodes.
Si vous nous regardez régulièrement, c’est peut-être qu’on a pris une petite place dans votre quotidien, ou au moins dans votre semaine. Et si l’émission compte pour vous, participer, quand vous le pouvez, permet très concrètement de la faire continuer. Les petits gestes comme les grands sont importants.
Mais je tiens aussi à dire qu’on sait très bien que tout le monde ne peut pas se le permettre. Le premier palier est à 30 euros, ce qui représente 2€50 par mois. Mais pour certaines personnes, ces 30 euros ne sont tout simplement pas disponibles. C’est important de respecter ça.
Cette année, on a donc mis en place un système d’affiliation pour reconnaître aussi l’aide de celles et ceux qui font connaître la campagne. Vous pouvez créer votre lien et le partager autour de vous, avec de petites attentions de notre part pour les soutiens que vous nous aidez à faire venir. C’est une façon de participer autrement, tout en continuant à regarder gratuitement l’émission.

Le Fix : L’autre grosse annonce, c’est votre représentation au Trianon le 13 décembre. D’où est venue l’idée de porter l’émission sur la scène du Trianon ? Est-ce un projet que vous aviez en tête depuis longtemps ou une occasion qui s’est présentée ?
Ryan : C’est un sujet qui existe depuis longtemps. On a déjà proposé des formats plus simples au FIJ, le Festival international des jeux de Cannes, le Rôle’N Show à Lyon. On a aussi organisé une projection au Comœdia aussi, pour le premier épisode de la saison 9, dans la campagne Résurgence. Mais c’est la première fois qu’on prépare quelque chose d’aussi ambitieux pour la scène.
C’est Veryshow qui nous a approchés. Une de nos viewers, qui travaille chez eux, regarde l’émission et se et connais les actual plays et le jeu de rôle. Comme nous avions déjà étudié cette possibilité à plusieurs reprises, la rencontre est arrivée au bon moment pour voir ce qu’on pouvait construire ensemble.
Ça fait maintenant bientôt six mois qu’on prépare ce 13 décembre, avec beaucoup de choses qui vont se révéler petit à petit. J’ai quelques éléments sur l’organisation, mais évidemment, je ne sais pas du tout ce qui va nous arriver sur scène ! J’ai vraiment hâte qu’on vive cette expérience ensemble.
Et pour celles et ceux qui voudraient nous rejoindre, les places sont disponibles ici sur Ticketmaster.
Le Fix : Pourquoi avoir choisi le Trianon, et non pas le Théâtre Sébastopol à Lille, par exemple ? (Question pas du tout orientée :))
Ryan : Aha, je note la candidature de Lille !
Le Trianon a été retenu parmi plusieurs salles envisagées. Pour tester un format de cette ampleur, c’était important de commencer dans une ville où nous avons une forte concentration de la communauté. Remplir une salle, ce n’est pas une mince affaire, et préparer un spectacle représente beaucoup de travail. On voulait se donner les meilleures chances pour cette première expérience.
Les ventes se passent très bien, ce qui est encourageant. Évidemment, on aimerait faire salle comble, et il reste des places !
Si cette première fonctionne, ce serait très chouette de pouvoir porter ce spectacle dans d’autres villes francophones. Lyon, à proximité de chez nous, nous ferait plaisir, mais Lille est un très bon candidat également. On pourrait aller voir nos amis belges à Bruxelles, faire un tour en Suisse… Et qui sait, peut-être que quelqu’un voudra nous aider à financer un grand voyage au Québec !
La francophonie est vaste, et on reçoit du soutien de beaucoup de pays, comme de beaucoup de villes françaises. Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille… Il y aurait de quoi imaginer une belle tournée. Mais bon, faisons déjà nos preuves sur ce premier événement, et on parlera de la suite ensuite. Tu as raison de le mentionner !
Le Fix : Rôle’N Play se déroule habituellement autour d’une table, dans un cadre pensé pour être filmé et monté. En quoi le fait de jouer devant un public risque-t-il de changer vos habitudes ? Est-ce que cette absence de filet vous pousse à préparer davantage certains éléments, ou au contraire à laisser plus de place à l’improvisation ?
Ryan : Comme je te disais plus tôt, il n’y a presque pas de différence entre ce qui est tourné et ce qui est vus dans l’émission. Mais pour une scène oui, davantage de préparation, sur tout ce qui concerne la technique : l’espace, les lumières, la musique, les décors, les contraintes de temps, la manière dont les gens voient et entendent ce qu’on fait. Tout ça doit être solide.
Pour nous, les joueurs et les joueuses, la découverte de l’histoire restera la même. Nous allons réagir en temps réel et improviser, comme nous le faisons devant les caméras. On a déjà joué en direct sur Twitch et sur scène. Ici, on prépare une production scénique plus ambitieuse, mais l’improvisation et le jeu de rôle restent au cœur de l’expérience.
Ce qui change, c’est aussi tout ce qu’on peut construire autour du jeu et de l’histoire. Il y aura des choses avant, le spectacle lui-même et après. On prépare l’ensemble de ce moment, avec l’envie que l’environnement scénique amplifie ce qu’on vit à la table et ce que le public reçoit.
Et puis, mine de rien, nous sommes des humains ! Le numérique, c’est chouette, mais être physiquement ensemble, c’est quand même autre chose. Si un fou rire traverse la salle, on va le vivre avec elle. Un silence partagé peut devenir très puissant. Julien comme nous aurons la possibilité de nous saisir de ces moments.
Tout ça, on le découvrira sur place. Il faut se préparer à l’impossible et à l’imprévisible, puis être suffisamment disponibles pour accueillir ce qui arrive. C’est là que l’improvisation peut pleinement exister.

Le Fix : Le spectacle s’intitule Éclypse. S’agira-t-il d’un épisode canon de la campagne, qui aura des conséquences sur la suite de l’histoire, ou d’une aventure indépendante conçue spécialement pour la scène ?
Ryan : Il s’agit d’une aventure inédite conçue spécialement pour cette représentation. Elle prend place dans l’histoire de nos personnages : vous aurez remarqué qu’il y a certaines ellipses dans Éclypse, et ces espaces permettent d’imaginer des aventures qui se sont produites entre deux moments de la campagne.
On sera donc avec nos personnages, dans cette chronologie, mais avec une aventure qui peut se vivre comme un one-shot, un peu à part des grands événements de la campagne. On devrait notamment explorer des éléments du passé de l’un des personnages.
Quant à ce qui deviendra canon et aux conséquences éventuelles sur la suite, c’est Julien qui décide. Je ne suis pas le MJ, donc je vais lui laisser ce pouvoir-là !
Le Fix : Est-ce que le public pourra interagir pendant le spectacle ?
Ryan : Il y aura déjà une relation immédiate avec la salle, et pour moi, ça compte beaucoup. Quand des gens réagissent ensemble à une décision, à une révélation ou à un personnage, ça fait partie du moment qu’on est en train de jouer. On le reçoit, et forcément, ça nourrit ce qu’on fait.
Pour des interactions plus directes, je ne sais pas jusqu’où je peux aller dans les révélations… Disons qu’il est possible que quelques petites choses viennent briser le quatrième mur. Mais je préfère garder des secrets pour plus tard !
Le Fix : Est-ce que la partie sera conçue pour les personnes qui suivent Éclypse depuis le début, ou aussi pour celles et ceux qui découvriront Rôle’N Play au Trianon ? Bref, faut-il connaître la campagne pour apprécier la représentation ?
Ryan : Non, et ça a déjà été annoncé : il n’est pas nécessaire de connaître Rôle’N Play, Éclypse, les personnages ou leur histoire pour apprécier le spectacle. Ce sera une aventure à part entière, avec un début et une fin. On peut tout à fait venir découvrir tout ça et simplement vivre ce moment avec nous.
Pour les personnes qui connaissent déjà les personnages et la campagne, l’immersion se fera naturellement. Et pour toutes les autres, on a prévu de quoi comprendre facilement la situation et entrer dans l’aventure. L’idée, c’est que chacun puisse vivre avec les personnages quelque chose de spontané et de nouveau.
Le Fix : Après plusieurs années d’émission, qu’avez-vous appris sur le jeu de rôle, sur votre manière de jouer ou sur votre travail de comédien et de comédienne que vous n’auriez pas découvert autrement ?
Ryan : Ah ben moi, ça travaille beaucoup ma capacité à laisser une situation évoluer sans trop vouloir la contrôler.
À l’écran comme au théâtre, l’écoute de l’autre et de ce qui se passe en temps réel, c’est quelque chose qu’on cherche constamment. Hors Rôle’N Play, en contexte classique quand mon texte est appris, je peux être disponible pour ce qui se passe en face, et les mots viennent. En improvisation, cette écoute permet de réagir dans l’instant, d’aller dans le « oui », d’entrer dans la scène que l’autre propose. Chaque nouvelle idée devient une opportunité d’interprétation.
Dans le jeu de rôle, il y a aussi les caractères qu’on incarne. Ils peuvent être en contradiction avec la situation, nuancer une proposition ou créer une confrontation. On accepte ce qui nous est proposé, mais notre personnage, lui, ne va pas forcément être d’accord avec ce qui lui arrive ! Et ça fait naître des scènes qu’on n’irait pas nécessairement chercher dans une improvisation théâtrale classique.
Tout ça met énormément de qualités de comédien à l’épreuve : l’écoute, la disponibilité, la capacité à réagir et à laisser les autres nous surprendre. Je pense qu’on ressort grandis de ces expériences.
Le Fix : Quel est le souvenir de Rôle’N Play qui vous rend le plus fier aujourd’hui, que ce soit une scène, un épisode, une réaction du public ou un moment vécu en coulisses ?
Ryan : Spontanément, c’est la transition entre Black Book Éditions et Mimir Productions qui me vient à l’esprit. Donc un sujet plus “logistique”. Ce genre de passage, ce n’est jamais gagné d’avance.
Il faut constituer une équipe, un noyau, construire de la confiance, apprendre à se comprendre. Il faut savoir traverser les moments simples comme les moments plus compliqués, en restant dans le respect, même quand il y a beaucoup de pression. Et je crois qu’on peut vraiment être fiers de là où en est Mimir aujourd’hui.
On le doit en grande partie à Laura, qui a cadré les choses dès le départ et mené un énorme travail de fond. Il y a aussi, naturellement, tout le soutien créatif et organisationnel de Julien. Et puis Hadrien, qui est également associé, et je ne suis pas sûr qu’il mesure toujours l’importance de ce qu’il apporte.
Autour de ça, il y a toute l’équipe qui nous aide à résoudre les problèmes, à trouver des idées et à rebondir quand le contexte ou les circonstances nous mettent au défi.
Cette année, on a vraiment la sensation de vivre quelque chose de très chouette. Le financement est dynamique, la communauté semble beaucoup apprécier ce qu’on propose avec Éclypse, et ça nous fait extrêmement plaisir. Voir que tout ce travail nous permet de continuer à créer ensemble, et que les gens répondent présents, c’est une vraie fierté.
Le Fix : Si vous deviez convaincre quelqu’un qui ne connaît ni votre chaîne ni le jeu de rôle de vous regarder, quel épisode ou quel moment lui conseilleriez-vous ?
Ryan : Je proposerais de commencer Éclypse par Ismer-komà, la première partie du prélude. Ça permet d’entrer dans l’aventure en prenant le temps de rencontrer les personnages et de découvrir ce qui se met en place.
Et surtout, n’essayez pas de comprendre toutes les règles immédiatement. Suivez les personnages, leurs relations, ce qu’ils essaient de faire. Les règles, on les comprend petit à petit, et elles finissent par se faire oublier derrière l’histoire.
Si vous avez justement envie d’une entrée plus didactique, alors go pour le premier épisode d’Oblivion avec Maxime Chattam, qui avait vraiment cette vocation. Le début de Résurgence est aussi un très bon point de départ. Pour s’y retrouver dans l’ancienne numérotation : les saisons 1 à 4 correspondent à Oblivion, et les saisons 5 à 10 à Résurgence. Donc oui, on peut tout à fait commencer à la saison 5 !
Il y a aussi plein de one-shots pour se mettre dans le bain sans se lancer immédiatement dans une longue campagne. Je ne sais pas s’il existe une règle absolue pour choisir son point d’entrée, mais voilà déjà quelques pistes.
Sinon, vous pouvez aller voir L’Héritage Greenberg, notre campagne jouée en direct sur Twitch. C’est très bien aussi. Clin d’œil !
Le Fix : La chaîne Rôle’N Play propose d’autres actual plays : Quêtes, pièges et botanique, L’Héritage Greenberg ou des one-shots (Shadowrun, etc.). Prévoyez-vous d’autres jeux qui sortiraient du cadre médiéval-fantastique ? D’autant que, quand on voit la collection de jeux dans la ludothèque en arrière-plan, on se dit que ce n’est pas le choix qui manque.
Ryan : Moi, j’en ai envie, oui ! Et on a déjà exploré d’autres univers comme tu le dis. J’ai aussi adoré faire Fading Suns.
Changer de cadre, ça change notre façon de jouer : les problèmes auxquels les personnages sont confrontés, leurs moyens d’action, leur langage, le rythme des scènes… Il n’y a pas vraiment de limite à ce qu’on pourrait explorer. La limite, c’est surtout le financement.
Dans ce qu’on observe, les propositions qui sortent de la fantasy mobilisent moins d’intérêt de la communauté. Pour nos campagnes annexes, l’appui d’un éditeur ou d’un détenteur de licence a justement permis de faire exister d’autres aventures. Ce type de partenariat peut rendre une mini-campagne tout à fait possible.
Et j’en cherche ! Je prends régulièrement contact avec des éditeurs et des ayants droit pour voir quels univers on pourrait explorer et quels formats on pourrait construire ensemble. Mais convaincre quelqu’un de se lancer dans un actual play, ce n’est pas toujours simple. Ça représente beaucoup de travail, donc un coût réel.
Si demain un éditeur vient nous voir avec un jeu de science-fiction et un budget adapté, éventuellement avec le soutien de l’univers ou d’un autre partenaire intéressé par l’histoire qu’on veut raconter, on peut très vite commencer à construire quelque chose.
Nos financements participatifs restent principalement tournés vers la fantasy, parce que c’est ce que notre communauté semble rechercher le plus. Et puis c’est aussi ce qu’on aime créer ! C’est un terrain de jeu très plaisant, dans lequel il reste énormément de choses à explorer, et qui n’a pas l’air de lasser grand monde.
Le Fix : Rôle’N Play, c’est aussi une aventure éditoriale. Est-ce que d’autres ouvrages de la gamme sont prévus ?
Ryan : Il faut bien distinguer le financement de l’émission et le programme éditorial du jeu de rôle. Le jeu est édité par Black Book Éditions, Julien y travaille en tant qu’auteur, mais ce sont deux activités et entreprises distinctes. La gamme continue de s’enrichir, la dernière campagne de financement participatif organisée par Black Book Éditions, était en 2024, et a notamment permis de compléter les règles avec le Livre de la meneuse avancé, mais aussi d’approfondir l’univers de Pangée avec Les Épitomés de Pangée : l’Empire minéen et Le Compagnon du voyageur. C’est le système de jeu qu’on utilise en effet, et Julien continue d’écrire et de travailler sur les évolutions du jeu. J’ai d’ailleurs récemment incarné un personnage utilisant un nouvel archétype qui n’a pas encore été publié. Autant dire que l’univers est loin d’avoir livré tous ses secrets !
Pour les prochaines publications, je laisse évidemment à Julien et à Black Book Éditions le plaisir de faire leurs annonces. De notre côté, chez Mimir Productions, nous poursuivons l’aventure avec l’émission !

Le Fix : Au-delà des deux prochains chapitres, comment imaginez-vous la suite de Rôle’N Play ? Avez-vous déjà des envies ou des projets que vous aimeriez pouvoir concrétiser grâce à ce financement ?
Ryan : Évidemment, c’est sympa d’avoir un horizon lointain, mais je ne sais pas exactement où tout ça nous emmènera. Pour l’instant, nous sommes concentrés sur l’histoire en cours et sur Éclypse.
De mémoire, Julien a évoqué un potentiel de six chapitres. Je crois que j’ai même fait une blague du genre : « Bon, on peut aller jusqu’à huit, non ? » Aha ! Mais en réalité, nous verrons. On ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs.
On préfère se concentrer sur les engagements du présent, avec une communauté qui nous fait confiance, et avancer progressivement. C’est à chaque nouveau pas que d’autres horizons apparaissent. On fait ce qu’on sait faire, avec autant de passion que possible, en tissant des histoires qui font vivre des choses à notre public. Les témoignages qu’on reçoit nous rappellent régulièrement à quel point ça peut compter. Donc on se concentre sur ce qu’on construit maintenant, et la suite se dessinera au fur et à mesure.
Pour les formats complémentaires, comme je le disais plus tôt, je cherche activement des financements extérieurs qui permettraient de raconter d’autres histoires. On a déjà pu le faire avec Shadowrun, Raid: Shadow Legends ou Flint, dans le cadre d’un partenariat avec une société de jeux vidéo. Il existe donc d’autres façons de réunir les budgets nécessaires, mais ça demande du temps, des échanges, des contrats, et ça vient aussi avec des contraintes.
Pour l’instant, vous pouvez compter sur nous pour le chapitre 3, qui est déjà financé grâce à une communauté extraordinaire. Au moment où je te réponds, nous sommes autour de 80 000 euros. Quand tu publieras cette interview, je ne sais pas où nous en serons, mais j’espère vraiment que le chapitre 4 sera lui aussi pleinement financé, et qu’on pourra ensuite envisager d’autres aventures.
Les personnes qu’il faut remercier avant tout, c’est cette communauté. Celles et ceux qui font vivre notre Discord, qui s’emparent de nos histoires, qui participent à nos financements et qui parlent de l’émission autour d’eux. C’est grâce à eux qu’on avance.
Et merci à toi aussi de nous donner l’occasion de parler de tout ça. C’est très chouette de voir des médias du jeu de rôle aussi actifs, curieux et, comme souvent dans ce milieu, animés par la passion. Merci !
LIENS
- La page de la souscription (Jusqu’au 10 Novembre)
- La chaine Role’N Play
- Notre chronique de la boite d’initiation
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Juliette PaireClasse Terrains de prédilection Background Hauts faits
Personnages incarnés dans Rôle’N Play |
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Ryan HighleyClasse Terrains de prédilection Background Hauts faits
Personnages incarnés dans Rôle’N Play |
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Sébastien MortametClasse Terrains de prédilection Background Hauts faits
Personnages incarnés dans Rôle’N Play |
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Roxane MicheletClasse Terrains de prédilection Background Hauts faits
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Julien DutelClasse Terrains de prédilection Background Hauts faits
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