Avis de tempête !
Ouais, bon, bah, pour moi, il arrive trop tard (il faut avoir suivi les avanies du dernier lundi/gratuit pour avoir la réf’ 😉 mais pour vous il est encore temps de prendre le vent au bon moment et de vous rendre à pleines voiles jusqu’au foulancement de Le vent se lève sur Estremer, le suivi du jeu Voltige des Éditions Dérivantes. Il s’agit cette fois-ci d’une véritable boîte qui vient, en quelque sorte, compléter de façon optionnelle la proposition du livre de base, pourtant a priori plutôt court et autonome. Pour être sûr de bien comprendre le concept, le mieux est encore de se tourner vers son grand timonier, Enzo Cavalier.
1. Alors comme ça, Enzo, on lit les chroniques du Fix, on les prend en compte et on fait du suivi qui va bien pour répondre à nos critiques, hein ? (…) Ou bien arrête-moi si je suis en plein ego trip ?!
Je plaide coupable. Mais quand la critique est constructive, on se doit de l’écouter.
Blague à part, nous sommes un an après la sortie de Voltige et j’avais envie de replonger dans la mer Azur. Bien sûr, tous les mois, je publiais une gazette gratuite sur le itch.io des Éditions Dérivantes mais j’avais envie de me servir du livre de base pour raconter une histoire. Et puis les premiers retours de la communauté demandaient du contenu clef en main pour une entrée en douceur dans le monde des PBTA. C’est ainsi qu’est né Le vent se lève sur Estremer.

2. Est-ce que, tout de même, ce cadre de jeu prêt à jouer n’entre pas en contradiction avec les fondements du jeu de base qui semblaient quand même notablement insister sur la co-création du cadre et de l’intrigue ?
Oui et non. Voltige est un jeu profondément bac à sable, qui invite à la session zéro et à la co-construction au fil des parties. Mais déjà le premier financement proposait trois cadres de jeu au format pamphlet.
L’objectif de cette boîte qu’on pourrait qualifier de « boîte de découverte » est d’offrir :
- aux détenteurs du livre de base, une campagne prête à jouer avec des voltigeurs parés au décollage et intimement liés à l’histoire d’Estremer (je détaille dans la prochaine question, promis).
- aux personnes curieuses ou intimidées par le PBTA, une entrée en douceur dans ce style de JdR narratif et riche en drama. Les personnages sont écrits pour favoriser les choix moraux et les instants dramatiques. Les règles sont expliquées pas à pas (notamment via un prologue qui fait office de tutoriel). Même la MC dispose de conseils pour mettre en scène les personnages, les moves, les scènes, etc.
3. On parle de six scénarios détaillés. Mais détaillés comment ? Les suggestions du jeu de base tenaient plutôt sur une demi-page…
Le vent se lève sur Estremer (il aurait pas pu faire plus long comme titre ?) est un cadre de jeu que l’on découvre à travers une mini-campagne de six scénarios. Comptez 1 à 2 séances de 3h par mission.
Hormis le prologue, volontairement guidé (« Si les joueurs font face, déclenchez la manœuvre Faire face », « En cas de 6-, il se passe blablabla…), les 6 scénarios proposent plus un fil rouge qu’une succession de tests pré-établis. Les joueurs sont libres d’agir et feront face à des choix moraux dont les conséquences impacteront les scénarios suivants. La vingtaine de PNJ permettent d’aller au-delà et de continuer à jouer après la conclusion. D’autant que les évènements de la campagne s’étendent sur environ un mois.
A cela s’ajoutent les Interludes et les Flashbacks. Les premiers sont des sortes de quêtes annexes que la MC pourra choisir d’intégrer ou non pour pimenter l’histoire et que les joueurs devront gérer au risque de compliquer la suite. Les seconds sont de courtes aventures (pouvant être jouées en début de séance) qui explorent le passé de chacun des personnages et dévoilent leur connexion dans les secrets de l’île. De quoi renforcer leur implication !

4. On peut dire sans se tromper que la mise en page, c’est un peu ta spécialité. Le format boîte t’a permis de te lâcher un peu sur ce point ou ce n’est pas si différent d’un gros livre ?
Oui mais c’est ma première boite de découverte ! L’exercice était difficile donc je suis resté dans les standards : deux livrets (un de cadre, un d’aventures), des fiches de prétirés (une version différente du jeu de base pour coller à la DA d’Estremer), une grande carte de l’île et de l’archipel, des planches de PNJ. De quoi avoir tout le matos dont on a besoin sans pour autant se perdre dans des add-on inutiles. Autre détail intéressant, les détenteurs du livre pourront le ranger dans la boîte !
5. Cette boîte clôt la gamme Voltige ou bien il pourrait y avoir d’autre suivi encore derrière ?
L’appétit vient en mangeant. C’est un premier suivi de gamme pour moi. J’attends de voir l’engouement et les retours. Si la boîte plait, j’aurai d’autres idées d’histoires plus ambitieuses à raconter dans ce jeu terriblement d’actualité. Deux cadres de campagne (SF et science fantasy) sont dans les tiroirs : Red moon, les contes de la mer d’étoiles et La dernière reine.

6. Et Polskar, il ne va pas être jaloux ? Pourquoi il n’a pas eu le droit à une belle boîte comme ça ton premier jeu ?
Ha Polskar. Le livre de base est en rupture de stock et si je dois y retourner, j’écrirai une V2 digne de ce nom. Elle a déjà un nom : Polskar – Préludes. J’aimerai aussi en faire un projet communautaire. Rendez-vous en 2027 ?

7. Grâce à tes premiers jeux, tu as été remarqué par d’autres éditeurs et c’est bien mérité. Est-ce que ta priorité reste aux Éditions Dérivantes ou bien les projets collectifs t’attirent-ils plus désormais ?
Ma priorité, c’est de pérenniser le jeu de rôle comme projet professionnel viable. Au bout de 4 ans, c’est le cas mais cela demande beaucoup de temps et d’énergie sans assurance. Mes collaborations avec les Studios Deadcrows (sur Inachevés, Donjons et Chatons et d’autres jeux à venir), Antre Monde, Aether labs et d’autres me permettent de développer des jeux pour les Éditions Dérivantes l’esprit plus serein.
J’ajoute peu à peu des cordes à mon arc de maquettiste, de directeur éditorial. Chemin faisant, tout cela prend plus de place mais les univers personnels, que je développe pour moi ou chez les copains restent prioritaires !
Par exemple, Saudade sortira aux Éditions Dérivantes au printemps 2026 et Akoba chez les Studios Deadcrows en 2027.

8. Ah ? Dis-moi, ce Saudade, ça va être un jeu sur des Portugais dépressifs ou pas du tout ?
Haha, tu as presque tout … faux !
Saudade, c’est le projet gros univers des Éditions Dérivantes et ça arrive en avril 2026. Saudade est un jeu solarpunk, profondément coloré et feelgood. Dans ce jeu de survie douce, le monde a été englouti par la Crue. Lors de cette montée surnaturelle des eaux, les gens ont perdu de nombreux éléments qui constituaient leur vie d’avant, notamment leur mémoire. Vous y incarnez des Scaphandriers et devrez plonger dans le monde englouti à la recherche de ressources, de réponses et de souvenirs perdus. Pensez à des jeux vidéo comme Jusant, Death Stranding et Subnautica !
Au programme : plongées, urbex sous-marin et résurgences mémorielles étranges, le tout porté par un système simple inspiré de l’OSR moderne et des rogue-like.
Le jeu, développé depuis 2 ans, est très avancé. Le kit de découverte est en cours d’écriture. C’est aussi une aventure éditoriale plus ambitieuse : 2 co-auteurs, une illustratrice, un collectif d’écriture pour le cadre de jeu de l’écran, de superbes collaborations à débloquer en paliers, une gamme pensée sur la durée, une licence open source à la Mothership, bref du lourd. On en reparle très vite.


