Brancalonia fait chauffer la marmite

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que son éditeur VF, Studio Agate, ne mégote pas sur le suivi. A peine a-t-on eu le temps de vous livrer nos impressions sur la précédente vague de suivi pour Brancalonia que le JdR de fantasy-spaghetti revient sous nos latitudes avec pas moins de trois nouveaux gros ouvrages, organisés autour du premier bestiaire de la gamme. Le foulancement est quasiment terminé et ça se passe tranquilou à plus de 400 % mais vous pouvez peut-être encore rejoindre le festin si vous entendez ces arguments que nous a livré Batronoban, le responsable de la gamme VF.

  1. Eh, déjà une nouvelle vague de suppléments Brancalonia ?! J’avais à peine fini les précédents, moi. Ça se vend si bien que ça de ce côté des Alpes ce Brancalonia ou c’est un peu la danseuse de l’éditeur ?

Salutation ma canaille ! Écoute si t’as quelque chose contre les danses populaires, je sais pas quoi te dire. En État-lie la plus connue c’est celle des gnons qui t’arrachent quelques chicots. Mais ça tombe bien, on en a de rechange.

Mais oui Branca se vend très bien, on a déjà réimprimé le livre de base, en boutique ça marche, sur Ulule ça marche.. Et puis, comme pour tous nos jeux, on ne balance pas un livre de base sur la table avant de filer par la fenêtre avec la caisse. On assure le suivi, on mijote du contenu neuf pour celles et ceux qui jouent vraiment, et bref : on fait vivre la gamme. Parce qu’un jeu laissé à moisir dans un coin, c’est bon pour caler une table, pas pour partir à l’aventure.

  1. Dis donc, on nous la fait pas chez le Fix. Nous, on est bons en Maths et on sait que 100 créatures décrites sur 4 à 6 pages chacune, ça peut pas tenir dans un bestiaire de 256 pages. Et toc.

Mais il croit qu’un âne c’est bon en maths ? Tu veux faire le malin ? Je vois que t’as pas le temps de lire nos livres mais par contre t’as le temps de faire des formules avec nos communiqués de presse ! Chaque créature principale est décrite de manière détaillée sur plusieurs pages chacune, ce qui comprend des monstres secondaires, par exemple ceux qui habitent son antre et même des plans des antres;) Ça fait 100 créatures en tout, y compris les secondaires. Chaque créature devient un véritable petit scénario tellement y’a de matos.

  1. J’avais noté dans les précédents suppléments une surenchère autour des créatures fantastiques inédites qui tournait un peu trop autour d’hommes-lapins, d’hommes-tortue, d’hommes-chat, d’hommes-légumes, voire d’hommes-polenta. C’est du même ordre le contenu du bestiaire ou bien on va avoir droit à plus de variété ?

D’abord, mon gueux, les hommes-polenta ça s’appelle des alimentaires de nourriture, et ils sont invoqués par une religion dans Brancalonia, celle des sauciers. Même que dans l’un des autres suppléments, on ajoute un alimentaire de bière pour rester dans l’ambiance.

Brancalonia a toujours puisé dans la culture italienne pour faire pousser son univers, et pas seulement comme un poireau oublié au fond d’une soupe. Les hommes-légumes, par exemple, c’est un clin d’œil aux œuvres d’Arcimboldo, pas juste une idée sortie d’un chapeau troué après trois verres de trop. Et Monstres & Marmites propose autant des créatures inspirées du folklore italien que des légendes antiques romaines, bref, c’est une belle plongée dans la culture italienne, écrite avec humour et inventivité, comme l’oie infernale, le Diable Mule des Dolomites et les marmottes féeriques.

Attends, t’as aussi un problème avec les marmottes peut-être ?

  1. Ce Monstres & Marmites contient donc aussi des recettes de cuisine. C’est pour décorer ou bien dans l’esprit du jeu Wilderfeast les PJ peuvent en tirer quelque chose de ces recettes ?

Je sais pas ce qu’est Poingsauvage. C’est sexuel ou c’est une technique de bagarre ?

Nous, en tout cas, on propose de vraies recettes à cuisiner avec vos crasseux avant les parties, et puis pendant la partie des recettes magiques pour chaque monstre, utilisables par la classe du saucier (le magicien de la cuisine). Mais bon, si la recette est mauvaise, vous avez la louche du saucier qui inflige 1d8 dégâts.

  1. Le Guide du Petit Rusé, il a plus pris du guide de voyage auquel son nom fait allusion ou plus du companion dans la tradition rôliste (avec un petit peu de tout dedans) ?

Y’a les deux mon bon gueux ! Plus de 25 lieux détaillés inspirés des vraies villes de l’Italie, comme l’équivalent de la tour de Pise transformée en donjon penché, le Vésuve et sa forge légendaire ou même Sienne et ses courses de chevaux populaires. D’un autre côté, y’a plein d’espèces nouvelles (comme des anges parti en vacances et voulant foutre le bordel avec vos PJ). Et aussi des classes comme le saucier ou le nécromancien qui joue au Loto pour savoir s’il peut invoquer des zombies ! Oui, tu joues vraiment au Loto avec le nécro, tu choisis tes chiffres fétiches et tout.

  1. La campagne inspirée de l’Orlando Furioso met donc en scène l’Empire. Cela laisse supposer qu’il faut déjà avoir L’Empire contre-claque ! pour l’exploiter, pas vrai ?

En fait les deux campagnes peuvent être jouées en parallèle (attention le retour des maths, je sens que tu es attentif, mon cochon). La technique, c’est d’installer deux tables de joueurs parallèles, puis tu montes dessus, tu mets un pied sur chaque table et en fonction de là où penche ton haricot, tu réponds aux joueurs de ce côté.

  1. Ces deux campagnes seraient donc jouables « en parallèle ». C’est-à-dire ?

Je savais que t’étais attentif. Tu peux mélanger les épisodes des deux ou les jouer l’une après l’autre, car l’évènement central est le même : l’arrivée de l’Empereur dans la région où se trouvent les PJ. Tu peux la jouer indépendamment de l’Empire contre-claque, bien sûr, pas besoin de l’avoir jouée si tu ne l’as pas.

  1. Pour la deuxième campagne, celle qui tourne autour de l’exploration d’îles, on ne risque pas de manquer un peu de règles et ressources autour du voyage maritime pour en profiter réellement ?

Ben j’ai surtout peur qu’on manque de règles pour les bagarres dans le bateau, mais heureusement y’a de nouvelles techniques spéciales, dignes du catch, qui sont proposées dans le Petit Rusé ! Ça remplace certaines options de montée de niveau par des coups super forts (pour rappel, c’est un jeu qui se joue à bas niveau et ensuite tu obtiens des bonus différents de ce que propose normalement les règles de la 5ème édition). Par exemple, tu peux frapper l’entrejambe de ton adversaire grâce à une descente pliée et contrôlée de tes genoux en direction du sol, presto, presto. Et puis, il y a aussi des sorts et des dons en plus. Et même un générateur de brigands.

  1. Bon, tout cela a l’air bien sympathique mais, moi, ce que j’attendais, c’est Francalonia. C’est toujours d’actualité ou bien ?

On y pense. Mais faut que la Frange et l’État-lie s’entendent entre elles, et comme on est une bande de fainéants, c’est un peu compliqué pour avancer, tu vois le genre ? En tout cas, dans ce futur livre de 160 pages asymétriques, y’aura 645 lieux décrits sur 4,3 pages. On prévoit même un spin-off avec Esteren pour ajouter de la pluie et du brouillard ! Je pourrais t’en dire davantage, mais il faudrait ensuite que je te tue… et, par un heureux hasard pour tout le monde, je suis beaucoup trop lâche pour ça.