Mettre les patounettes dans la fange [chronique Le Marais pour Donjons & Chatons]

Ça y est. Fort du succès de son titre-phare Donjons & Chatons, le Studio Deadcrows a commencé à déployer sa nouvelle série de petits suppléments qui vont explorer les différents milieux et régions caractéristiques des environs de la cité de l’Arbrachat. Comme souvent avec cette série à succès, les suppléments vont sortir directement en boutiques sans avoir à passer par la phase de foulancement.

Le premier est donc dispo et porte un nom transparent : Le Marais. Les deux autres suppléments de cette petite série ne se feront apparemment pas trop attendre. Le prochain à apparaître est Château Haut, en boutique avant la fin 2026. Le supplément portant sur les Pyramides sortira lui début d’année 2027.

Revenons à nos chatons avec ce premier opus qui prend la forme, usuelle dans cette gamme, d’un petit (64 pages) fascicule carré sous couverture rigide. La forme est toujours aussi agréable. J’ai même la sensation assez nette avec ce nouvel ouvrage d’une véritable profusion d’illustrations de Clément de Ruyter, quasi chacune des 64 pages portant une de ces illus, parfois en grand format. Impressionnant. Et, ne nous le cachons pas, agréable tant les illustrations font ici partie du plaisir de parcourir les livres de cette gamme.

L’ouvrage s’ouvre sur quelques pages de description du marais. C’est assez léger. Les adeptes de background fouillé qui pensent qu’ils vont avoir affaire à une sorte de Glorantha avec des minous à la place des canards en seront pour leur frais : pas de cartographie ou ce genre de choses ici mais plutôt de courtes descriptions, accessibles à défaut de toujours réussir à nous transporter dans leur imaginaire. A l’inverse, le fait de ne pas s’appesantir au-delà de quelques paragraphes sur chaque élément permet de les enchaîner et les idées foisonnent. Des lieux, des PNJ, des factions ou encore des idées d’aventures s’entassent dans ces 16 pages.

On a ensuite le droit à un peu de crunch. Oh, celui-ci reste bien léger dans D&C et on a donc surtout de nouvelles « enfances », des origines de PJ si vous préférez. Musicien, Chamane, etc. : les nouvelles origines de PJ sont bien sympathiques (il y a même désormais la possibilité de jouer un… ornithorynque !) mais n’ont pas forcément grand rapport avec le contexte du marais lui-même. Un peu anecdotique. Pire même : si on ajoute un écureuil et, donc, un ornithorynque au reste de la ménagerie déjà disponible, on se retrouve devant un risque non-négligeable d’avoir une bande de PJ… sans le moindre chaton dedans ! Cela pourrait devenir problématique, tout de même.

Non, en fait, le supplément dévoile vite son jeu avec ce qui justifie son existence : des scénarios. Des aventures qui, d’ailleurs, utilisent largement les lieux et créatures de la partie introductive qui aurait presque pu être présentée en encadrés ou en annexes des scénarios. Ne nous y trompons pas : ce supplément est essentiellement un module – comme on disait autrefois – qui présente deux scénarios liés par une même localisation… et pas plus. Écrits par deux auteurs différents, ils ne s’enchaînent pas sous la forme d’une mini-mini-campagne. Pour moi, c’est tant mieux. Des scénarios indépendants permettent à chaque MJ de les insérer à son rythme dans sa propre campagne : cela me semble plus souple.

A propos d’insertion, il faudra quand même que le MJ fournisse un peu de travail en amont pour lancer ses chatons sur la piste de ces scénarios. D’une part, on va enfoncer une chatière ouverte mais quand même : déjà, bah, il faut qu’ils soient dans le marais. Il n’y a rien de vraiment prévu pour les y emmener : ça, ça dépend de votre campagne à vous. De même, le début des scénarios – en particulier le premier – est à adapter au ton donné à votre campagne. Est-ce que vus avez réuni des petits chatons tout énervés contre l’Arbrachat ? Au contraire, veulent-ils montrer qu’ils y ont leur place ? Etc. Entendons-nous bien : des pistes sont clairement données. Mais il n’empêche qu’il faudra travailler un peu la raison d’être de ces aventures.

Difficile de parler plus avant de ces scénarios sans tout dévoiler mais ils sont, comme souvent chez D&C, moins simples à résoudre qu’il n’y paraît. C’est un jeu relativement non-violent mais qui ne s’adresse pas spécialement aux enfants (en tout cas, pas à un groupe que d’enfants). Il faudra faire preuve de tact et de diplomatie. Voire de roublardise.

Au bilan, on a tout simplement un module à l’ancienne. Petite pagination, petit prix, de quoi jouer, de quoi alimenter votre propre campagne avec des scénarios au début adaptable et quelques précisions géographiques. En fait, qu’est-ce que l’on pourrait bien vouloir d’autre pour compléter cette gamme ?

Une pensée sur “Mettre les patounettes dans la fange [chronique Le Marais pour Donjons & Chatons]”

  • 14 octobre 2026 à 08:46
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    Merci pour ce retour. Effectivement, notre volonté est de proposer des petits suppléments accessibles et vite pris en main afin de fournir avant tout du jeu. Ce fut un plaisir de participer à la direction éditoriale du marais et des deux prochains opus à venir 😉 Bravo à toute l’équipe pour l’enthousiasme et le travail fourni.

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