Role Over the World : Une Page et au lit!
Le beau temps revient peu à peu, et si c’était pas déjà suffisant de faire des reflets sur mon écran d’ordi, il s’accompagne d’une foule de festivals et autres conventions à couvrir pour nos chers lecteurs du Fix, et ce malgré le risque constant de prendre feu au moindre rayon de l’astre maudit. Le journalisme est un métier de courage messieurs dames, ne l’oubliez pas.
Sigil est disponible

Sigil, la table virtuelle développée en interne par les équipes de WotC proposant des environnements et des personnages en images de synthèses assez jolies est sorti depuis la fin du mois dernier, et les premières impressions sont, en un mot comme en cent, « meh ».
Évidemment, de nombreuses critiques sont liées à la plateforme elle-même, dont le financement repose sur un système de microtransactions et d’abonnements inspirés par les modèles du Free-to-Play comme Monopoly Go et du « Game as Service » à la Destiny. D’autres utilisateurs se plaignent de quelques bugs qui seront probablement patchés dans les semaines à venir, mais ces deux points sont assez secondaires. Le premier était connu de longue date, et le second un impondérable des sorties numériques.
Surtout, l’aspect « moyen » de Sigil relevé par de nombreux commentateurs est plutôt une bonne nouvelle, car elle pointe du doigt un outil fonctionnel répondant aux promesses de base faîtes par le studio ce qui, dans le monde du jeu gratuit est un quasi exploit. Plus intéressant encore, la plupart des tests de Sigil ne nous viennent pas des organes de presse classique de l’industrie, mais de ceux du jeu vidéo, actant définitivement la transition de D&D vers le dématérialisé et l’appel du pied évident aux fans de Baldur’s Gate 3. L’avenir nous dira si Sigil fera partie définitivement de l’ADN du jeu, mais en attendant ça reste un VTT aux graphismes sexy, relativement simple d’utilisation, bien que très limité si vous l’utilisez sans abonnement à D&D Beyond.
D&D dévoile sa nouvelle boite d’introduction

C’est au festival Toy Fair 2025 que nos collègues de Polygon ont pu jeter un œil à la prochaine boite d’introduction de D&D, accompagnant la mise à jour des règles du JdR le plus joué au monde, et leurs retours sont sans surprise dithyrambiques.
On dira ce qu’on veut sur D&D (et je le fais souvent), mais leur expertise en matière de matériel introductif est parfaitement avérée et a activement participé au développement du jeu ces dix dernières années. Ici donc on retrouve la panoplie classique du débutant incluant une version simplifiée des règles, trois aventures prêtes à jouer, des dés, des personnages prétirés, des jetons et des cartes quadrillées pour se lancer avec le moins d’efforts possibles dans l’aventure.
Surtout, l’emphase semble avoir été mise sur l’accompagnement du MJ afin de démocratiser la pratique. L’initiative est bienvenue, d’autant plus qu’elle répond à un marronnier récurrent de la communauté D&D anglophone : la pénurie de MJ.
Aucune date de sortie n’a été annoncée, mais WotC préviens que ce nouveau coffret coûtera un peu plus cher que les deux sortis pour D&D 2014. A voir le moment venu si c’est justifié.
Paizo et Talsorian draguent les indés

Les éditeurs R. Talsorian Games et Paizo ont eu le vent en poupe ces dernières années et comptent apparemment en profiter. Citant une « minuscule fenêtre d’expansion » lors d’un échange avec le site Rascal News, les deux éditeurs y voient apparemment l’occasion d’étendre leurs influences et leurs catalogues respectifs attirant sous eux des créateurs indépendants qui manqueraient de visibilité.
Même quand on parle de grosses maisons, l’idée d’une expansion économique dans le JdR a toujours quelque chose d’étonnant, et même si on n’en a pas l’impression depuis la France, Paizo et Talsorian ont tout du « poids moyen » dans l’écosystème américain, surtout si on les compare à WotC ou Modiphius. Paizo a beau avoir un jeu très populaire, ça n’en reste pas moins qu’une seule corde à son arc dont la renaissance est principalement due au scandale de l’OGL, de même pour Talsorian qui se repose principalement sur le succès de son jeu Cyberpunk Red dont l’engouement surfe allègrement sur le jeu vidéo de CD Projekt. Bref c’est toujours cool de voir des gros poissons cherchant à sponsoriser les plus petits, mais difficile de ne pas se laisser aller à un certain scepticisme quand on connait la fragilité du secteur, et la facilité avec laquelle ce genre de promesse peut disparaitre.
JdR en une page, couverture cartonnée

Cachée dans les fourrés d’internet se trouve depuis plusieurs années déjà la merveilleuse et mystérieuse micro-industrie des JdR en une page, de petits trésors pas chers qui illuminent nos tables le temps d’une ou deux soirées, et permettent aux auteurs débutants d’aiguiser leurs talents avant de partir sur des projets plus ambitieux. Cachée cependant ? Plus pour longtemps grâce à Rowan Rook & Deckard
RR & D est l’éditeur so British auquel on doit de sacrées pépites comme Spire, Heart, Eat the Reich et le très attendu Hollows, autant de jeux marchant sur les traces de Warhammer dont l’ironie féroce vous fait rire autant qu’elle vous motive à refaire un stock de Xanax. C’est au festival GAMA 2025 que l’éditeur aux trois noms a annoncé sortir deux compilations de JdR en une page, les rendant ainsi disponibles en magasin.
Chaque volonté d’étendre la panorama des rôliste est en soi une bonne nouvelle, et on peut facilement deviner les origines de celle de RR & D. En effet l’auteur Grant Howitt, génie contemporain et poule aux œufs d’or officielle de la maison est connu pour son propre JdR en 1 page : Honey Heist , vous permettant d’incarner des ours organisant un casse pour voler un max de miel. Vous en trouverez une traduction française par Nico qu’on vous conseille chaudement.
La sortie de la semaine :
Monty Python’s Cocurricular Mediaeval Reenactement Programme

Oui, c’est une blague, reste à savoir si elle est à votre goût. Largement financé via Kickstarter en 2022, ce JdR édité chez Exalted Funeral et inspiré du Sacré Graal des Monty Python’s dont je refuse catégoriquement de réécrire le titre par pure flemme vient tout juste d’arriver sur les étagères anglophones, et apparemment tout le monde n’a pas compris le projet.
Proposant un système dédié aux règles ultra simples et reposant presque entièrement sur son ton absurde inspiré de l’œuvre de la bande de doux-dingues britanniques, les critiques sont unanimes en disant que le jeu ne sera pas pour tout le monde. Certains seront agacés par le pastiche, d’autre y voient à peine un embryon de jeu noyé dans le fan-service, mais les mêmes testeurs saluent la finesse de l’écriture, ainsi que l’intelligence et l’humour des aventures proposées. De loin, c’est comme s’ils se demandaient s’ils participaient à la blague ou en s’ils étaient le sujet.
Un jeu absurde donc, comme son inspiration, et c’est sans doute sa plus grande qualité et son pire défaut.
Le Kickstarter de la semaine : Terraforming Mars

Terraforming Mars, l’un des plus gros succès récents du jeu de société n’a visiblement aucune envie de se limiter à quelques extension, du moins à en croire cette page sur Backerkit visant à financer l’adaptation de la licence en JdR.
Aux commandes du projet on trouve l’auteur Kenneth Hite dont la plume a noirci les pages de Vampire La mascarade et La chute de Delta Green et le concepteur Gareth Ryder-Hanrahan, crédité sur une chiée de projets, principalement chez Mongoose et Pelgrane Press.
Le jeu lui-même ne permettra pas de jouer un personnage, mais des dynasties de colons martiens sur des périodes très longues divisées en Projets, en Générations, et en Ages, autant d’échelles temporelles permettant de suivre Mars des débuts de sa colonisation à sa terraformation complète. Le tout utilisera un système de pool de D6, et des règles spécifiques à chaque âge d’évolution pour refléter les changements massifs d’environnement dans lesquels évolueront les personnages.
Et puisque que, quand on est ambitieux, on l’est rarement à moitié, le jeu est immédiatement prévu en cinq langues (anglais français espagnol italien et Allemand), vous permettant de financer le jeu immédiatement et recevoir votre paquet déjà traduit.

