Mindjammer

La science-fiction, dans sa branche space opera, entretient un rapport particulier avec les rôlistes francophones. Le genre plait, mais se vend peu. Surtout en comparaison aux ventes des univers heroic fantasy (il n’y a qu’à voir les sommes engrangées par le genre sur les différentes plateformes de foulancement). Mais, je le répète, la science-fiction plait (nous avons d’ailleurs consacré un dossier complet sur le sujet dans le Di6dent #8 – Science et Fiction, les sœurs ennemis du JDR ?).

Après une période creuse, plusieurs jeux de science-fiction sont annoncés pour cette année dont celui qui nous intéresse ici : Mindjammer. Jeu de space opera transhumaniste co-édité par le Studio Deadcrows et les XII Singes.

 

 

Si vous ne connaissez pas l’univers de Mindjammer, imaginez Star Trek avec un niveau technologique (IA, Transhumanisme) beaucoup plus développé. Les PJ, issus d’origines variées, font tous partie de la même organisation : la communalité. Cette dernière a pour objectif de fédérer les peuples et les planètes tout en collectant les connaissances, le savoir et les souvenirs de l’humanité dans un réseau unique et omniscient : la noosphere. Pour permettre à deux planètes situées à des milliers d’années lumières de distance d’avoir le même niveau de mise à jour de cette base de donnée, des vaisseaux relais sont disséminés partout dans l’espace. Ces derniers sont appelés Mindjammer.

En tant que rôliste, on imagine rien qu’à la lecture, que la sauvegarde et la sécurité de cette base de données est une mine d’inspiration pour plusieurs scénarios, voire pour une campagne complète (il suffit d’imaginer ce que serait notre darknet transposé à l’univers de Mindjammer).

Jeu anglais bénéficiant d’une gamme déjà bien fournie, Mindjammer vous sera proposé le 13 Février sous forme de financement participatif sur la plateforme de l’éditeur Black Book Editions. Mais avant d’en arriver là, l’éditeur se paye le luxe de proposer un kit de découverte, format A4, de 64 pages tout couleur.

Ce livret contient une présentation des règles de base, un survol de l’univers de Mindjammer et un gros, très gros, scénario.

Le système de règles utilisé pour le jeu est le FateSystem (Spirit of the century, The Dresden Files). Ce moteur de jeu générique – très à la mode – a ses fans et ses détracteurs. L’idéal étant donc de vous faire votre propre avis en téléchargeant le FateSystem gratuitement sur le site officiel français. Mais je trouve ce choix pertinent puisqu’il permet de mettre en jeu des oppositions entre des protagonistes de dimensions variées (PJ, PNJ, vaisseaux et planètes).

Ceci étant, la présentation succincte du système est suffisante pour profiter du gros morceau de ce livret, à savoir : le scénario.

Dans ce dernier, intitulé Hégémonie, la planète Yand, pour le moment rallier à la communalité est en proie à la cause d’un groupe séparatiste. Les PJ devront donc aller à l’encontre d’un émissaire pour confirmer le rattachement de la planète a leur organisation tout en empêchant les séparatiste de faire pression. Bien évidemment, rien ne se déroulera comme prévu et l’intrigue sera prétexte à effleurer les possibilités de l’univers et à tester le système dans différentes situations (diplomatie, combats, course poursuite, etc.)

Si vous êtes intrigué par l’univers de Mindjammer, ce kit de découverte vous permet de découvrir son ambiance et son système en faisant une partie de test, plus qu’en lisant 60 pages de background. Découvrir un jeu en y jouant plutôt qu’en le lisant, c’est une démarche que l’on apprécie et que l’on encourage chez Di6dent.

Si vous n’êtes pas tenté un tant soit peu par la souscription à venir de Mindjammer (parce que le foulancement, ce n’est pas votre truc !), mais que vous aimez les univers de space opera alors vous pouvez aussi vous intéresser à ce livret. Car le scénario proposé est bon et vous permettra de passer un bon moment en jouant pendant une ou deux grosses séances.

Mais, même si j’ai beaucoup aimé le scénario, objectivement, je trouve que le livret n’est pas parfait. Disons qu’il a le défaut de sa qualité : beaucoup de texte au détriment des illustrations. Ce choix permet d’offrir un scénario dense et très détaillé. Le maquettiste a d’ailleurs toute mon admiration pour avoir fait rentrer autant de signe en si peu de pages.

Mais MindJammer, comme toute autre univers de SF, nécessite d’avoir des visuels inspirant pour décrire telle planète, ou présenter tel peuple extra-terrestre. Cinq ou six illustrations aurait suffi à combler ce manque (surtout quand on voit les autres illustrations tirées du jeu, on constate vite que l’univers bénéficie d’une atmosphère bien à lui). Mais attention, je parle bien ici de dessins ‘d’ambiance’ puisque le livret comprend une double page détachable en son milieu pour les plans et les aides de jeux.

Ce manque visible de place est d’autant plus rageant que 3 pages du livret sont consacrés à remercier les souscripteurs du kickstarter américain (inutile, sauf si vous chercher des noms de PNJ pour Shadowrun ou pour COPS…). Plus de visuel pour moins de texte ? / Plus de texte pour moins de visuel ? A vous de voir si vous êtes plutôt du genre à voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

Tant que l’on aborde les regrets, dommage également, pour l’éditeur, que le livret se termine sur deux pages de publicité sur la gamme sans faire mention de la souscription française à venir.

Ceci étant, ce kit de découverte est une bonne approche pour découvrir – avant de souscrire – l’univers et le potentiel du jeu en y jouant, plutôt qu’en vous basant uniquement sur la qualité des visuels comme ça peut être le cas pour d’autres jeux.

Et si vous chercher un scénario de science-fiction jouable en one-shot, rendez-vous en boutique pour feuilleter le livret. Vous verrez qu’il y a de quoi vous divertir pendant plusieurs heures. Dans ce cas, ne passez pas à coté de ce scénario clé en main juste parce qu’il est présenté comme un kit de découverte plutôt qu’un shooter.

Notre avis

Une pensée sur “Mindjammer

  • 1 février 2017 à 22:10
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    Quelle réactivité pour cette critique ! Bravo et merci.
    Une critique juste et équitable, qui souligne certains traits particuliers que l’éditeur (Français) devrait prendre en compte pour son prochain foulancement…

    Le manque d’illustrations est un défaut souligné depuis toujours. C’est particulièrement vrai pour Mindjammer : un monde titanesque au signage colossale…
    Les nouveaux venus en SF (Degenesis, Fragged Empire, Mutant : Year Zero, etc.) l’ont bien compris. Et c’est pourtant plus simple pour ces jeux post-apo qui disposent déjà de références de mondes dévastés dans les séries TV, BD, etc.

    Je croise les doigts pour que Deadcrows et les XII singes intègrent l’ajout d’illustrations dans leur foulancement ! D’ailleurs, je vais leur signifier de ce pas !

     
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