On est pas bien là ? À la fraîche…

Bon, les gens, vous saviez que la pratique du JdR ne se limite pas à tronçonner des tonnes de gobelins à grands coups de D20. Vous le saviez, n’est-ce pas ? (…) Ahem. Disons que pour révisez, certains auraient besoin d’un exemple concret. Pour cela, il nous faut un jeu un peu atypique, du genre qui fait du bien pour nous rafraîchir les idées et nous détendre. C’est la mission que s’est donné l’auteur indé Gaël Sacré avec son étonnant Cos’île Eté (oui, il a fait un stage de titreur chez le Fix mais, finalement, on ne l’a pas gardé). Nous lui avons posé quelques questions afin d’en savoir un peu plus sur ce titre que vous pourriez bien avoir intérêt à glisser dans votre valise cet été.

1. Tu présentes Cos’île Été comme un jeu, je cite, « à mi-chemin entre un jeu de plateau et un jeu de rôle ». OK mais avec 10 participants, des cartes, du dessin… il a plus pris du jeu de plateau quand même, non ?

C’est clair que le dispositif ressemble beaucoup à un jeu de plateau. On pourrait même envisager une boîte de jeu. Mais le cœur de l’expérience, c’est de créer des personnages et imaginer ce qu’ils font sur cette île. Toutes les mécaniques du jeu sont pensées pour créer de l’histoire, et non pour gérer des ressources, gagner des points ou tenter de remporter la partie. Par exemple, les cartes que l’on pioche amènent à créer des événements dans lesquels chaque joueur et joueuse raconte ce que fait son personnage et les animaux qui vivent sur l’île.

2. En gros, ton jeu, c’est Animal Crossing, le JdR, non ?

Je ne vais pas vous mentir, c’est une de mes influences majeures, que je cite d’ailleurs ouvertement dans le livre du jeu. Ceci étant dit, je pense que Cos’île possède sa propre personnalité. Un des gros trucs d’Animal Crossing, c’est de gagner des ressources pour acheter des meubles, des vêtements etc. Or c’est quelque chose qui est totalement absent de Cos’île. J’avais envie de me centrer sur le fait de partager de bons moments ensemble, dans un cadre mignon et agréable. J’ai aussi ajouté des possibilités de raconter des petites aventures, sous forme de chasse au trésor. Les illustrations de Maria Skrigan apportent aussi une ambiance toute particulière. Si c’est Animal Crossing qui amène à vouloir découvrir Cos’île, on y trouvera une ambiance similaire mais avec une proposition de jeu bien différente du jeu vidéo. Et si on ne connaît pas la franchise, ça ne pose aucun problème également, ce n’est pas du tout une adaptation de l’univers.

3. Comme je suis un fin limier, j’ai fait le rapprochement avec Cozy Town. Un jeu que tu as justement traduit en français. Coïncidence ? Je ne crois pas, non !

Bien vu ! Quel beau travail de journalisme ! À l’origine de Cos’île, il y a effectivement Cozy Town, un jeu de Jamila R. Nedjadi, une personne dont j’apprécie beaucoup le travail. À l’initiative de Matthieu B, du blog C’est pas du jdr (si!), nous avons traduit puis mis en page une version française qui a eu de très bons retours. À la suite de ça, j’ai eu envie de proposer ma propre version, mon propre « hack », centré davantage sur le fait de créer et jouer un personnage (dans Cozy Town, on crée toute la communauté en surplomb, et tout le monde peut jouer tous les personnages).

4. Cela apporte quoi le fait que ce soit sur une île ? C’est juste pour surfer (uh, uh) sur l’ambiance vacances d’été ou il y a un intérêt ludique spécifique ?

J’aimais bien l’idée de créer un espace fermé qu’on puisse dessiner sous forme de carte et qui soit en quelque sorte protégé du reste du monde. En pratique, on commence par délimiter la forme de l’île, qu’on va ensuite remplir en ajoutant des lieux remarquables et les habitations de chacun. Dans le cadre de la saison estivale de ce Cos’île, ça ajoute effectivement à l’ambiance des vacances.

5. Il y a plein de dessins mignons signés Maria Skrigan : c’est un jeu pour les gamins avant tout ?

C’est ce qu’on pourrait croire, mais c’est en réalité c’est pour tout le monde. Il a l’avantage d’être accessible pour les enfants, mais si on apprécie ce genre d’ambiance relaxante et bienveillante, les adultes peuvent y trouver aussi beaucoup de plaisir.

6. Bon, j’ai un doute : c’est un jeu gratuit pour nos lundi ou c’est un jeu payant ?

Les deux versions, papier et numérique, sont payantes. La petite subtilité, c’est sur la version numérique, que je propose en payez-ce-que-vous-voulez, c’est-à-dire que vous pouvez choisir le montant en fonction de vos moyens. Le prix proposé est de 15€, c’est ce que j’estime être la valeur de mon travail, mais vous pouvez donner un montant différent, y compris au dessus si vous souhaitez me soutenir !

7. Tant que tu es là, tu pourrais peut-être nous dire deux mots de Saga Héroïque que l’on trouve aussi sur ta page Itch.io ?

Avec plaisir ! Saga Héroïque, c’est en quelque sorte mon rêve de gosse de pouvoir jouer des épopées héroïques à la Star Wars, mais en se concentrant non pas sur les combats, mais sur le drama. C’est-à-dire sur les relations entre les personnages et les motivations (et les doutes) des protagonistes. Concrètement, c’est un jeu de rôle sans MJ dans lequel on crée un univers de toute pièce correspondant aux codes habituels des sagas d’envergure où on doit sauver le monde. Il y a différents livrets qui correspondent à des archétypes bien connus de ce genre de fiction, et qui porte chacun une problématique. Par exemple, le livret de l’Opportunisme est tiraillé entre la quête héroïque et son propre profit (Han Solo et Finn dans Star Wars, Starlord dans Les Gardiens de la Galaxie…), la Destinée entre sa vie normale et sa responsabilité de sauver le monde (Luke dans Star Wars, Neo dans Matrix, Frodon dans Le Seigneur des Anneaux…), ou encore la Rédemption, qui cherche à faire la paix avec son sombre passé (Anakin et Kylo Ren dans Star Wars, Gamora dans Les Gardiens de la Galaxie…). Chaque scène est centré sur un des protagonistes et on fait avancer l’histoire au rythme de la menace qui pèse sur le monde. Le jeu est disponible en version numérique et bientôt  en version papier. Je travaille également sur une nouvelle version, avec plus de contenu, pour ajouter notamment la possibilité de jouer avec un MJ ou en solo.

8. Tu es du genre à faire un planning pour les prochains mois ou tu publies à l’instinct ?

Totalement à l’instinct. J’ai la chance pour le moment de pouvoir publier quand ça me chante, donc je vogue au gré de l’inspiration et de la motivation. Cela ne m’empêche pas d’avoir un bon paquet de projets sous le coude ! Là, je viens tout juste de soumettre ma participation au concours Il était une fois un petit jdr. Il s’agissait d’écrire un jeu en 500 mots sur le thème « Revivre ». J’ai profité de l’émulation du concours pour écrire un prototype d’Aequilibris, un jeu dans un futur utopique où des communautés autonomes vivent en symbiose avec la nature. On y joue des harmonistes, des spécialistes qui sont chargés d’aider les communautés à redevenir autonomes quand des déséquilibres surviennent. La particularité : c’est le MJ qui jette les dés pour savoir si les membres de la communauté parviennent à résoudre leurs problèmes. Les PJ sont là uniquement pour les aider !

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