Raôul au bac à sable (du campigne)

Aaaah, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé du reboot d’un vieux jeu francophone, pas vrai ?

Euh, non, vous avez raison, ça ne fait pas longtemps, en fait. Mais là, quand même, on parle de Raôul, oh !

Ce mythique Raôul a été publié initialement en 1994 écrit à l’époque par Patrice Larcenet et illustré par le génial dessinateur Manu Larcenet. Il s’agit d’un jeu de rôle humoristique aux règles très simple et au ton très piquant (esprit Fluide glacial). Purée, les enfants, on a encore laissé filer l’heure du goûter. Vous prendriez bien un pitch, non ?

Nous sommes ici pour parler des Raôul. Mais qui sont ces héros légendaires, ces chevaliers des temps nouveaux qui, un jour, domineront la planète pour instaurer le règne du dé en peluche accroché au rétroviseur et de la 44 Import ? Eh bien, tout simplement, ces héros ce sont les Raôul, les Marcel, les Roger et autres Maurice, ces personnes si respectables qui affichent avec fierté gourmettes et chemises du plus mauvais goût. Tu sais (oui, on va se tutoyer, hein ?), ces gens qui mangent sur les bords de l’autoroute, à côté de la caravane et de la BMW (ou de la 506 familiale), ou encore, ces gens qui déferlent en masses voraces, vêtus de shorts moulants et de tee-shirts aux couleurs variées, prêts à photographier tout ce qui ressemble à une curiosité locale, ceux qui conduisent vite et mal, qui s’obstinent à aller en Bretagne alors que tout le monde sait parfaitement qu’il n’y aura jamais de beau temps là-bas. Enfin, toutes ces personnes si désagréables, qui te gâchent la vie et troublent de leur barbecues bruyants ton repos si durement mérité.

Bon, je vous rassure : ceux qui vous ont pourri pour avoir jeter un œil intéressé à Friponnes en vous accusant d’oppression patriarcale vont vous agonir pour exercer votre détestable sentiment de supériorité en méprisant les habitudes culturelles de la classe sociale dominée via votre campagne Raôul, hein ? Bon, mettons que vous vous en foutiez.

Passé cet obstacle so 2010’s, penchons-nous un peu sur les ambitions de ce reboot. Ici, d’emblée, on peut évacuer le procès en opportunisme. Le jeu a été publié à l’époque sous le sceau de la micro-édition : à part 2/3 boutiques parisiennes et le critique de chez Casus, personne n’a vraiment pu mettre la main sur la version papier du jeu ou de ses mythiques suppléments. De ce fait, la réédition fait sens.

De plus, il s’agit clairement d’un reboot : on garde la carrosserie mais on change et le moteur et les jantes en alliage. Le jeu est donc entièrement réécrit par Cédric Ferrand (Wastburg) avec l’aval de Patrice Larcenet. Manu Larcenet étant un poil occupé par ailleurs, il est aussi entièrement ré-illustré par Monsieur Le Chien (Fluide Glacial) et Augustin (Lanfeust Mag).

Surtout, un nouveau système de jeu est utilisé. Le jeu est désormais propulsé par l’Apérocalypse. Au-delà de l’imparable jeu de mot, il s’agit bel et bien d’une version « apéritive » du célèbre système Apocalypse de Vincent D. Baker. Dans Raôul, ce système est largement adapté et reste simple d’accès, même pour les joueurs qui ne sont pas du tout habitués au système Apocalypse. Keep calm and roll 2D6+ : vous allez voir, ça va bien se passer et, comme Monsieur Jourdain, vous deviendrez narrativistes sans vous en rendre compte.

En outre, comme vous le savez sans doute déjà, les jeux « Propulsés par l’Apocalypse » ne sont guère compatibles avec les scénarios scriptés. Comme on laisse souvent les dés décider des conséquences d’une action d’un PJ mais aussi d’un PNJ, on « joue pour voir ce qui va se passer » plutôt qu’avancer petit à petit sur une trame fixée d’avance. Pour se mettre en harmonie avec le système choisi par ce reboot, il était donc d’une logique implacable de proposer également au MJ un « front », c’est-à-dire un environnement de jeu rempli de tensions et d’opportunités dans lesquels lâcher vos PJ. En clair : un bac à sable. Oui, comme celui du Club Mickey. Oui, club qui est pourtant situé sur la plage de sable fin.

Et, bien évidemment, dans Raôul, ce front, c’est… le Campigne des Flots bleus de la mer. Les enfants, vous revoulez des pitchs, j’ai pu de cahuètes pour l’apéro ?

Un cadre de jeu malléable qui va te permettre de combler ces élans de démiurge improvisateur capable de bricoler une séance freestyle sur la base d’une citation entendue au Grosses Têtes et d’un sample de J’veux pas l’savoir de Bibie.
Tu trouveras ici réconfort moral, plages surpeuplées, douches humides à la propreté manifeste, toilettes odorantes, barbecue au sable, soirées de folie en bord de plage, en bref, tout ce que tu as toujours voulu savoir sur les vacances sous la tente.
Tu y apprendras les dangereuses coutumes estivales de certains, les étranges habitudes érotiques des phoques de Nouvelle-Calédonie et tout sur les pensées philosophiques des menhirs bretons. Il se peut même que tu y trouves la paix intérieure, l’harmonie psychologique ou le repos de ton âme immortelle mise en péril par la pratique prolongée des jeux dangereux et néanmoins de rôle.
Alors embarque pour un voyage hallucinant qui te portera aux confins de la folie et des vacances…
Et tu en redemanderas !

Ce chapitre occupe une trentaine de pages du livre de base et donnera toutes les infos pour faire vivre la campigne et surtout le faire réagir de façon ludique aux initiatives les plus malheureuses de vos PJ. Par exemple, on y trouvera la description des PNJ majeurs qui hantent les lieux. En voici en avant-première un organigramme (illustré par Augustin) qui… euh… donne envie de partir en vacances. Ailleurs. Loin.

Raôul sera présenté sous forme de Hors-Série Casus Belli donc sous forme de mook à couverture souple. Il sera préalablement financé par un foulancement qui démarrera lundi 26 juin (à 20h), évidemment sur la nouvelle plate-forme de BBE, Game On. Mais, attention, on nous promet un CF format petit suisse à 0 % sans abus de paliers et de bonus afin de pouvoir livrer le livre de base Raôul… dès la fin de la précommande participative (qui ne durera qu’une semaine). Ouch, il a installé l’ADSL dans la caravane, le Raôul ?!

BBE finit cette annonce par un touchant engagement puisque l’éditeur, je cite (si, si, je cite parce que sinon on va m’accuser d’inventer), « ne souhaite pas se relancer dans des PP de longue haleine avant d’avoir livrer des PP en cours ».

(…)

Ahaha, ouais, ouais, c’est ça. Et Raôul, il arrête le pastaga, c’est ça ?

Une pensée sur “Raôul au bac à sable (du campigne)

  • 16 juillet 2017 à 04:03
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    Moi je reprendrai bien un pitch ! 😉

     
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