Les Brumes ne comptent pas pour des prunes

Ils sont forts, ils sont très forts chez De Architecturart.

Après s’être fourbement débrouillés pour que leur grosse boîte Adventures in Austerion arrive juste à temps pour être glissée sous le sapin de Noël, voilà qu’ils ont sournoisement manigancé pour que la (plus petite) boîte de Les Brumes soit dispo juste avant les départs en grandes vacances.

Coïncidences ?

Je ne crois pas non.

Les Brumes est un projet hybride : mi-Livre dont vous êtes le héros, mi-scénario de JdR. Plus exactement, il s’agit de soit l’un, soit l’autre. Ou à la rigueur de l’un puis l’autre derrière. Ou vice-versa. Vous suivez ?

En gros, très dans le style de cet éditeur-illustrateur, ils ‘agit de proposer de chouettes tuiles illustrées recto-verso représentant un gros donjon et de les explorer soit en mode solo, soit en mode classiquement JdR.

Le beau matériel de jeu (une constante chez DA) vient donc dans une boîte peu haute mais au carton très solide. Vous y trouverez essentiellement les tuiles, plus des cartes plus petites à poser sur les tuiles ou à jouer autrement (matériel, rencontres…). Il y a aussi deux gros livrets, l’un pour la version solo, l’autre pour le scénario mode JdR. Un grand poster récapitule le fonctionnement du donjon.

Le livre solo est le plus épais puisqu’il fonctionne comme un classique LDVELH sauf qu’il fait, en plus, des références aux tuiles. Chaque entrée nouvelle indique la tuile à placer devant soi, si elle doit l’être recto ou verso et, enfin, s’il faut rajouter une carte dessus (une pièce à ouvrir ou à piège à déclencher, par exemple). Il faut bien observer le tout pour analyser la situation correctement et/ou trouver les détails qui vont bien. Malin et efficace.

Le livret solo est également doté de règles simples dérivées de Adventure in Austerion. Le joueur a sa propre fiche de PJ à compléter puis doit réussir des tests avec 2D6 + ou – la Difficulté sous les stats appropriées du PJ. En mode solo, un système aussi basique est vite répétitif mais la bonne idée est d’avoir fait du personnage un lanceur de sorts (en fait, un moine) : le joueur peut puiser dans ses sorts quand il veut pour augmenter ses chances ou se procurer un petit avantage. Cela donne une meilleure sensation de liberté.

Un bon point aussi pour la gestion de l’inventaire : il n’y a qu’un nombre limité de places et il faudra donc se résoudre à des choix décisifs.

Le livret en mode JdR est plus modeste (une quarantaine de pages contre le double en LDVELH). Il propose d’abord une remise en contexte géographique et géopolitique pour utiliser Les Brumes avec AiA. On ne va pas se mentir : c’est très classique et donc utilisable tel quel ou presque avec n’importe quel contexte medfan classique. Tant mieux, d’ailleurs. On notera à ce titre que les caracs des tests à effectuer ou des monstres à affronter sont ensuite également données pour le SRD de la 5E.

L’essentiel du livret est toutefois consacré à la description du donjon, tuile par tuile. Cela permet un jeu fluide et quasiment sans préparation : le temps que les joueurs s’extasient puis commentent la tuile, vous pouvez vous permettre de jeter un œil à la suite et le tour est joué. C’est le genre d’expérience de JdR très clef en mains, spectaculaire pour les joueurs et très confortable pour le MJ. Le pied, non ?

Le bémol réside dans la disproportion de moyens. La boîte n’est pas chère en elle-même mais contient tout de même un matériel important qui a donc un coût et le scénario ne tiendra pas très longtemps (une grosse soirée ?). Est-ce bien raisonnable quand on peut aussi jouer papier/crayon ? L’achat de la boîte prendra plus de sens si vous entendez en faire le double usage : découvrez d’abord le donjon en solo puis faîtes le découvrir à vos mais en mode JdR.

Cela dit, je vous fais le bilan :

  • une boîte pas encombrante et bien solide
  • un jeu pas prise de tête et quasiment sans prépa
  • un jeu solo si vous vous ennuyez
  • un scénario de JdR à sortir promptement si les amis passent vous voir

On ne tiendrait pas là le jeu parfait à glisser dans sa valise avant de partir en vacances ? Hein ?

Une pensée sur “Les Brumes ne comptent pas pour des prunes

  • 13 juillet 2021 à 21:42
    Permalink

    Salut,
    Je suis le travail de Guillaume Tavernier depuis le début. Je n’ai pas la culture fan boy énamouré pour un quelconque éditeur jdr mais je n’ai jamais été déçu par les productions de De Architecturart. C’est simple sans être simpliste, un travail toujours honnête, de bonne facture, pas de gadget tape-à-l’oeil ou d’esbroufes éditoriales. On est dans le bon travail artisanal bien loin des usines à pledges clinquantes sur la façade mais bien ternes une fois franchie la porte. Les Brumes n’échappent pas à la règle. Bien que rôliste quarantenaire qui en a vu passé des productions, j’ai apprécié le scénario solo qui renvoie indubitablement à l’esprit « livre dont vous êtes le héros ». Mais le gros avantage c’est qu’il s’intègre dans un univers cohérent et pensé sur le long terme, celui d’Austérion. A tester avec les autres productions de la gamme, même pour les vieux de la vieille à qui on ne l’a fait pas 🙂
    Et effectivement le produit de vacance idéal pour une après-midi de farniente aux sons des cigales et des dés qui roulent. Bonnes vacances le Fix !

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