Imperium5, le jeu cyberpunk du futur

Imperium 5 n’est pas la suite (ou la version éditée) de la quatrième édition d’Imperium d’Olivier Legrand.

Non. Rien à voir.

Imperium 5 est un jeu de science-fiction (saupoudré de cyberpunk et de post-apo) de Patrick Massaad.

En attendant la sortie du livre de base, cette création française se dévoile à nous à travers son kit de démarrage intitulé Rebuild 0.

Le jeu de rôle s’embourgeoise

La vache que le jeu est beau !

D’habitude, je ne relève pas forcément cet aspect qualitatif, sauf exception notable (oui, Degenesis, je pense à toi). Mais là, quand même, nous avons à faire théoriquement à un « simple » kit de démarrage ! Papier de qualité, tout couleur, pochette cartonnée contenant des pré-tiré, des fiches de PNJ, des plans (qui serviront pour le scénario et même plus) et une carte. Le tout, toujours en couleurs sur papier épais et de qualité. Ça, c’est pour le coté « édition ». Mais les illustrations sont elles aussi de toute beauté, mises en valeur par une mise en page claire et aérée.

Clairement, si vous aimez les beaux jeux et les beaux objets, Imperium 5 doit faire partie de votre ludothèque.

Maintenant, voyons si le ramage se rapporte au plumage.

Jouer un Indiana Jones replicant dans Corruscant

Comme ne le sous-entendent pas les visuels du jeu, Imperium 5 prend place dans notre bonne vieille planète à une époque indéfinie, mais que l’on suppose lointaine. Suite à cette grande catastrophe naturelle que l’on appelle le crash quantique, les frontières telles qu’on les connait aujourd’hui ne sont plu. Habituellement, après une catastrophe de grande ampleur, les jeux post-apo nous proposent en guise d’univers des miettes de la civilisations d’avant : Wasteland, Mutant Année Zero, Krystal, Shayo, etc.

Mais ici, c’est tout autre. Cette catastrophe majeure a eu comme principal impact d’effacer la mémoire de tout le monde. Alors que toutes les installation technologiques, très avancées, restent fonctionnelles. Suite à ce « crash », la civilisation bascula dans le chaos et la folie. Mais heureusement, cinq Corpo-Etats prirent les choses en main et redressèrent le monde. La Terre fut divisée en 5 grande zone dirigées par ces fameuses Corpo-Etats appelées Imperium. Aujourd’hui, ces cinq Imperium dirigent le monde et cohabitent. Mais dans l’ombre, c’est un jeu de pouvoir, d’espionnage, de corruption et d’assassinat qui se joue.

Pour sortir son épingle du jeu et prendre son ascendant sur ses concurrents, chaque Imperium a bien compris que l’appropriation et la connaissance des technologies avancées du passé (considérées pour le moment comme de la magie) sont primordiales.

Par exemple, pour vous donner une idée du niveau technologique atteint avant le crash, il y a cet appareil qui permet de cloner (ou de ressusciter, ça marche aussi) n’importe qui à partir d’un échantillon ADN (bien évidemment, ce procédé est couteux et soumis à règlementation, mais ça montre le niveau de technologie atteint par la société d’avant). D’ailleurs, ce procédé se nomme « Rebuild », comme le nom de ce kit : Rebuild 0. Les personnages auront accès à cette technologie, voire elle aura même un impact sur le jeu, puisque le nombre de rebuild vécu est comptabilisé sur la feuille de perso.

Seules quelques familles nobles, de par leur statut et leurs savoirs, sont indépendant de ces Imperiums (Pourquoi ? Cela sera, je pense, révélé dans les secrets du jeu).

Dans cet univers hautement technologique, administratif et soumis aux lois des Imperium, les joueurs incarnent des agent-mercenaires, indépendants ou affiliés à un noble, membres d’une structure reconnue appelée l’entente.

Une mise en bouche de 150 pages

Ce kit de démarrage ne fait que survoler les éléments principaux du jeu. Imaginez des univers denses, tel que Eclipse Phase ou Polaris, où toute la gamme serait résumée en 150 pages. Il y a quelques textes d’ambiance (très bon !) qui permettent de mettre en scène certains éléments abordés, mais de nombreuses questions sur le background et les secrets du jeu restent en suspens. Même si une FAQ, très bien faite, est là pour clarifier certains points, ce kit reste un aperçu, une mise en bouche du jeu définitif.

Mais pour vous faire une idée plus concrète de l’univers, voici les inspirations citées :

  • Bladerunner (évidemment)
  • Jupiter : Le Destin de l’univers
  • Minority Report
  • Cloud Atlas
  • Matrix
  • Johnny Mnemonic
  • Dan Simmons (Illium/Olympos)
  • Arthur C. Clark
  • Watchmen
  • L’incal
  • La caste des méta-Barons

Cela vous donne une petite idée de vers quoi tend le jeu.

Mais pour concrétiser tout ça, il faudra se tourner vers le scénario proposé dans le kit. Simple et linéaire, il a surtout pour objectif d’être didactique à la fois pour le meneur – avec de nombreux conseils pour utiliser au mieux le système – mais aussi pour les joueurs avec une bonne introduction à l’univers. Enfin, quand je parle de « bonne introduction », ne vous attendez pas à une visite guidée de la ville. Ici, les PJ seront mandatés pour voler un cube de données sensibles dans un complexe hautement sécurisé. Mettant, par la même occasion, le doigt dans un conflit entre les nobles et/ou les imperiums pouvant amener à une guerre. Les amoureux du genre cyberpunk apprécieront.

Cette aventure est la première d’une série de cinq scénarios qui emmènera progressivement les PJ dans l’univers d’Imperium. D’ailleurs, la pochette d’aide de jeux – incluse dans la pack – contient des plans et des PNJ qui seront utilisés dans les scénarios à venir.

L’inconvénient c’est que, sachant qu’il y a une suite officielle qui va sortir, on est dans l’attente. Et que je vois mal comment utiliser ce kit pour aller plus loin ou pour jouer d’autres scénarios.

Je tiens également à signaler que j’ai bien aimé la structure du scénario. Au début, on nous présente les PNJ et les lieux, plus quelques explications sur comment s’en servir en cours de partie. Au début, c’est assez confus. Puis, vient la partie plus classique avec le déroulement chronologique du scénario. Et là, tout ce qu’on a lu avant, les PNJ et les lieux, s’imbriquent dans notre esprit comme des pièces de puzzle. J’ai trouvé ce procédé assez efficace au final.

Un système pour les amoureux de jeu et de méta-jeu

La mécanique incluse dans le kit se concentre sur la résolution d’action. Comprendre par là que vous n’aurez pas la partie concernant la création de personnage ou le gain de niveau. Pas de liste d’équipements ou de bestiaire non plus.

La mécanique de base est simple : selon l’action engagée, le meneur suggère au joueur les « âmes » (l’équivalent de caractéristiques) à utiliser. Le joueur choisit celle la mieux adaptée à son action (ou qui possède le score le plus élevé, on ne va pas se mentir…). La valeur de cette âme indique le nombre de D8 à lancer. Chaque résultat égal ou inférieur à 2 est une réussite. Une seule suffit pour réussir l’action. En plus de cette main de dés, vient s’ajouter un autre D8, d’une couleur différente, appelé Dé d’entropie. Si le résultat de ce dé affiche un 1, c’est une complication, un 8, c’est un avantage. Les autres valeurs ne comptent pas.

La valeur d’âme indique le nombre de D8 à lancer

Voilà pour la mécanique de base. C’est assez simple.

Le jeu propose également des règles, dites étendues, qui viennent enrichir cette base. Par exemple, chaque réussite excédentaire offre un pool de points à dépenser pour augmenter la réussite de l’action, interagir sur la narration ou offrir des dés bonus aux copains. Vous pouvez également faire monter le seuil de réussite, pour rendre l’action plus facile, etc.

L’utilisation d’un paradigme permet d’augmenter la valeur du seuil de réussite. Exemple : si on utilise notre humanité, on passerait de 2 à 5

Même si la mise en page est claire et les règles bénéficient de nombreux exemples, il faut plusieurs lectures pour bien assimiler toutes ces notions avancées et leurs utilisations. Car il y a beaucoup de notions à apprendre et à comprendre dans le système d’Imperium 5. Mais j’avoue que c’est aussi le genre de système qui me plait : pouvoir jouer avec la mécanique de jeu pour cumuler des effets ou créer de la narration. J’y retrouve plus de plaisir que de lancer un D20 et faire +5.

Même si ça nécessite quelques sessions pour bien s’approprier le système complet, ces règles étendues restent facultatives et peuvent s’insérer dans le jeu progressivement. La base reste simple.

Conclusion

Imperium 5 est clairement un univers prometteur, avec une réalisation éditoriale exemplaire. C’est beau, c’est clair, riche en annotations et en aides de jeux. Il n’y a qu’à voir la feuille de personnage pour se rendre compte de l’attention qui a été apporté à l’accompagnement.

Extrait de la feuille de perso

Et à travers ce kit, l’éditeur souhaite vous faire découvrir son jeu, mais aussi se donner l’opportunité d’avoir vos retours. Que ce soit sur la forme ou sur le fond.

Le premier objectif est atteint, parce qu’on sent à travers ces 150 pages tout le potentiel ludique et narratif du jeu, et on attend qu’une chose : en apprendre plus sur cet univers original et ses secrets.

Non, en fait, on attend deux chose. La seconde étant qu’on espère que l’attente vers la sortie du jeu complet ne sera pas trop longue.

6 pensées sur “Imperium5, le jeu cyberpunk du futur

  • 12 octobre 2022 à 13:30
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    Jolie maquette, même si elle est trop froide et trop institutionnelle pour moi. Je suis par contre agacé par cette manie ridicule qui est d’utiliser des mots anglais, parfois maladroitement, comme ici, alors que l’équivalent français existe. Pourquoi « Le Reborn » (?!) et pas « Le Revenir » ou « Le Recommencement » ? Pourquoi « A world of lost memories » et pas, soyons fou, « Un monde de souvenirs perdus » ? Même chose pour d’autres jeux : « Knight » et pas « Chevalier » ou « Gods » et pas « Dieux ». Ces détails me font passer mon chemin.

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    • 14 octobre 2022 à 01:23
      Permalink

      Bonjour Aan
      Merci d’avoir pris le temps d’écrire un commentaire
      Je me permets de te répondre, je suis l’auteur et l’éditeur du jeu.
      Les termes utilisés sont choisis et correspondent à l’histoire du monde et fond partis d’une des mécaniques du jeu. De plus si cela t’interpelle, c’est qu’un secret du monde peut répondre à tes questions (je parle de ReBorn et de ReBuild).
      En ce qui concerne « A world of lost memories », le sous-titre a été traduit, c’est un reliquat des versions bêta du jeu sorti à octogones 2019 et Cannes 2020.
      En ce qui concerne la maquette, c’est un choix éditorial 🙂

      Bonne journée à toi

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      • 17 octobre 2022 à 10:11
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        Bonjour,
        Où peut-on se procurer en version physique ou pdf le kit de découverte ? Il est en rupture de stock dans mes boutiques habituelles ?

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  • 28 octobre 2022 à 16:22
    Permalink

    J’ai reçu aujourd’hui meme le kit de démarrage.
    Et je dois dire une chose, ou plutot plusieurs.
    Premiere chose qui m’ait surpris : le poid.
    Pour un kit de démarrage, il y a beaucoup de matériel. Deux livrets couvertures souples, une chemise contenant fiches de personnages pré-tirés ainsi que divers plans. Le tout accompagné des dès pour jouer.
    Le kit n’est pas donné mais franchement on ne se moque pas de nous, il y a de quoi faire.
    Les livrets sont tres beaux, et mériteraient une couverture rigide.
    Perso j’ai beaucoup aimé les illustrations. Vraiment c’est du beau boulot. La mise en page est claire et aérée. Je n’ai pas encore tout lu, le 1er livret de presque 150 pages, présente l’univers ainsi que les règles. Le 2eme contient le scénario.
    Autre tres bonne idée; les histoires ponctuant le premier livret, permettant de mieux appréhender l’univers du jeu.
    Bref que du bon et en plus c’est francais 🙂
    J’ai découvert NOC et MIR il n’y a pas longtemps, et je trouve qu’Imperium5 cohabite tres bien avec eux.
    Gros coup de coeur.

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