Coup de BoL : on a pu interviewer Manu Roudier (1)

Manu Roudier est surtout connu pour être à la fois l’auteur du jdr préhistorique Würm et son talentueux illustrateur (Manu a également de nombreuses BD à son actif). Toutefois, c’est surtout pour évoquer sa participation à la nouvelle édition de Barbarians of Lemuria, actuellement en précommande chez Ludospherik, que nous avons voulu lui poser quelques questions. Interview : 1ère partie.

Les mammouths, l’Ultime Épreuve… on te connaît, Manu : tu aimes les trucs hors d’âge. Pourtant, ce n’est pas si vieux Barbarians of Lemuria, si ?
Ah ben c’est à peu près aussi vieux que Würm, voir même un petit peu plus, alors c’est tout dire. Et entre nous, pour parler du genre, la Sword & Sorcery, c’est pas vraiment tout jeune, mais c’est toujours aussi puissant, pour peu qu’on sache jouer avec ses codes. La Sword & Sorcery, c’est la manière américaine d’ensorceler l’histoire ancienne dans un vaste « ancien temps » mythique, en mêlant de l’antique, du préhistorique, du médiéval. Et de manière intéressante, on est assez proche de l’imaginaire épique et sombre développé dans nombre de romans préhistoriques européens un peu plus anciens. Bref. Le jeu Barbarians of Lemuria lui-même, je l’ai découvert à l’occasion de la sortie de la version française chez les Livres de l’Ours, et j’avais trouvé le jeu génial mais je n’y avais pas joué. Alors quand les copains m’ont proposé de bosser sur l’édition de la version « Mythic », j’ai sauté sur l’occasion d’y jouer enfin, et de dessiner de la Sword & Sorcery. Évidemment, le fait que la Lémurie soit un univers de fantasy situé durant la préhistoire (en tout cas la Lémurie de Lin Carter, durant l’éocène pour être précis), ça m’a tilté un peu.

Plus de cent dessins de Manu Roudier dans un bouquin vendu moins de 30 euros (…) Ah, je te croyais plus cher que ça. Tu peux faire les cartons d’invitation pour la fête d’anniversaire de mon fils ?
Aaah mais c’est justement parce que je suis cher sur certains trucs que je peux me permettre d’être cool sur d’autres ! ça dépend de pas mal de paramètres : du degré d’implication que j’ai dans le projet, du degré de copinage avec l’équipe, des sous disponibles que je peux rafler sans faire s’écrouler tout le château de cartes. Là, par exemple, même si je suis sûr que ton fiston est adorable, je ne serai pas présent à la fête, on ne s’est jamais fait de bisou et je vois à la marque de ton jean que tu ne manques de rien : j’ai bien peur que tu doives payer le prix fort. Pour Barbarians of Lemuria, c’est la toute première publication de Ludospherik, l’équipe est constituée de potes, et je t’avoue que je prends un énorme pied à dessiner tout cet univers Sword & Sorcery (surtout le bestiaire !). Voilà donc j’ai été cool. Après je ne te cache pas qu’il n’y a pas 100 illustrations pleines pages (quoiqu’il y en ait plusieurs que j’ai hâte de dévoiler). Quant au prix de vente, tu fais bien de noter qu’il n’est pas très cher, parce que c’est quelque chose qui nous a tenu à cœur : proposer un livre à la fois complet, beau et abordable. C’est notamment pour ça qu’on a privilégié une couv souple, mais classe avec rabats, plutôt qu’une couv cartonnée.

guerrier-beshaari

Allez, tu peux le dire maintenant : si tu participes à cette édition, c’est parce que tu n’aimes pas les dessins du Grümph dans la précédente, pas vrai ?
Tûtûûût. Vous avez faux monsieur Clément. J’adore les illus du Grümph. Il fait partie de ces auteurs qui apportent avec chaque jeu un univers graphique hyper fort et souvent inattendu, ce que j’apprécie énormément. Là par exemple je viens d’acheter le Dragon de poche et je me suis encore extasié sur les illus. Mais bon, c’est un style que j’aime bien, je suis fan de David B, aussi. Détail amusant : sur BOL, le Grümph avait puisé dans une imagerie orientalisante tirant vers les steppes froides de l’Asie, et c’est aussi ce qui m’avait beaucoup plu (il y a bien longtemps) dans le travail de Frédéric Bihel pour l’Ultime Épreuve. On en a reparlé d’ailleurs assez récemment parce que j’aime énormément certains de ses dessins. Donc moi ce qui m’a intéressé avec cette nouvelle édition de BoL, c’est de proposer ma version de cet imaginaire S&S. Pour faire différent, pas pour faire « mieux ».

Bon, admettons. N’empêche : j’ai déjà le précédent BoL. Je t’aime bien mais je ne vais quand même pas racheter la nouvelle version, si ?
Si, et je vais te dire pourquoi ce sera une bonne idée : en dehors du fait que le livre sera très beau et très différent dans la forme de celui de la 1ere version, il est aussi enrichi dans son contenu. On retrouve les règles de Barbarians of Lemuria, mais dans une version plus complète et débuguée au niveau du système de combat (et on admettra que ça compte, dans BoL, le combat). Les règles de combat d’armée et de combat naval sont accessoires mais elles sont bien faites. Il faut noter qu’elles n’ont pas du tout la même vocation : les règles de combat naval sont faites pour gérer des accrochages de navires en technicolor, alors que les règles de combat d’armée sont plus faites pour créer des aventures où les héros vont s’illustrer par des actions commando dans un contexte de grands conflits épiques. Mais bon, moi ce qui m’a vraiment accroché, c’est la description de la Lémurie, et le bestiaire. Je vais te dire, j’aurais illustré le jeu rien pour le bestiaire. Et puis il y a aussi cinq scénarios inédits en français ! Dont deux de Simon Washbourne, et trois de notre équipe, par Andrea Salvatores, Arnaud Prié et Vincent Basset (lequel a aussi assuré toute la nouvelle traduction).

Le matos inédit, tu y participes aussi ou bien toi tu ne sais que faire les p’tits miquets ?
Dans le livre de base, je ne fais que des petits miquets avec des sabres ou des crocs (ou des tentacules). Mais je compte bien participer au matos inédit. Déjà avec un scénario BoL de mon cru qui sera publié dans Casus Belli prochainement, et puis j’ai aussi quelques idées pour participer à la suite, lors du développement de la gamme VF. Mais je garde ces cartes dans ma manche pour le moment.

A suivre…

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