Ynn Pryddein, l’interview poivre et Celte

Annoncé depuis un p’tit moment dans notre calendrier des sorties, la souscription pour Ynn Pryddein aux éditions Posidonia est apparu quasiment du jour au lendemain sur la plateforme GameOn Tabletop. Ne nous laissant même pas le temps de faire une news digne de ce nom pour présenter le jeu. Qu’à cela ne tienne, nous nous rattrapons en allant interviewer l’auteur du jeu : Hervé « Cuchulainn » Bourgade.

Le fix : Salut à toi Cuchulainn le cheminant, il paraît qu’en plus de tuer des gros chiens, tu as des projets de jeu de rôle et que ça s’appellerait Ynn Pryddein, la Terre des Forts. Tu nous résumes un peu, de préférence sous la forme d’un beau poème épique ?

Cuchulainn : Tout d’abord, laisse-moi te dire bonjour en gaulois : commençons par nous serrer l’avant-bras,

– Cuchulain : « Bratercatis ! » (« Fraternité »)

– Le Fix : « Pe Icatis » (« et salut »)

Ensuite une présentation courte…

Écoutez le chant des bardes. Ils chantent les hauts faits des héros du temps jadis, ils chantent la gloire du Haut Royaume, ils chantent la beauté des sept royaumes de : Ynn Pryddein : la Terre des Forts !

  • Finnian où siège le Haut Roi, descendant de Bran le béni, venu du nord à l’aube des temps pour unifier les rois et conquérir le pays.
  • Dyfed, fondé par le mariage de son premier roi avec une princesse sidhe. Nombre de ses habitants ont du sang faë dans les veines.
  • Rhuadan, royaume divisé entre les rudes contrées des Hautes Terres déchirées par les luttes des clans et les Basses Terres civilisées.
  • Peithan, le pays des hommes peints. Des hommes de petite taille, à la peau sombre, qui arborent de mystérieux tatouages et pratiquent une magie obscure.
  • Reinhald, surnommé le « Bouclier de l’Est ». En effet, les Konvarc’h, son élite guerrière et invincible cavalerie, sont le premier rempart contre les bjorningas, les barbares venus de l’Est.
  • Volsung qu’on appelle, le « Bouclier du Nord », car il empêche les Lochlannach, féroces barbares nordiques, d’envahir Pryddein.
  • Caspiaris qu’on nomme le « Bouclier du Sud » car c’est la première ligne de défense contre l’empire de Carolus. Le royaume est partagé entre les fidèles de l’ancienne religion au nord et les suivants de Déos le dieu unique au sud.

Parcourez les sept royaumes ! Perdez-vous en Faërie, luttez contre les barbares, les monstres et les ennemis du Haut Royaume ! Que votre gloire soit chantée par les bardes ! Que votre renommée s’étende depuis les cimes des Cruacha Fionnan, jusqu’au fond du lac Muirgheal ! Qu’elle parcoure le fleuve sacré du Na-Boinh et pénètre le cœur même de la Grande Forêt ! Que vos exploits soient chantés même au-delà du Voile qui sépare les mondes, jusque dans les cours de Faërie et qu’ils parviennent même jusqu’aux dieux !

Ynn Pryddein : la Terre des Forts est un jeu de rôle d’heroic fantasy dont le background et les règles ont étés modelés par l’histoire et la mythologie des peuples celtes. Dans un univers inspiré par l’histoire du Haut Moyen Âge, venez jouer des histoires dignes des sages nordiques et celtiques : le roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde, Cuchulainn, Beowulf, Fionn Mac Cumal et les Fiannas… Serez-vous dignes de ces grands héros ? Attrapez trois dés à dix faces, une fiche de personnage et lancez-vous dans l’aventure !

Le fix : Ynn Pryddein, j’en ai entendu parler et j’ai même pu y jouer… c’était un kit de démo dans le troisième numéro des Songes d’Obéron (2013), ce qui ne nous rajeunit pas et je crois même que c’était déjà sur le feu en 2007. Putain 13 ans, comme disait l’autre. Raconte-nous un peu ton aventure. Comment tu as mené ce projet au bout ? Pourquoi avec les éditions Posidonia ?

Cuchulainn : Tu as 3 heures devant toi ? Non ne fuis pas… Je vais résumer promis ! 😉

Au commencement, YP s’appelait « Yggdrasil » et c’était un cadre de campagne pour jouer à DD 3.0 (je sens le poids des années sur mes épaules en te parlant de ceci ;-)). J’ai commencé à travailler dessus en…2003 ou 2004 ? Quelques années plus tard, j’en ai parlé au détour d’un fil de discussion sur le forum « Les salons de la Cour d’Obéron » (mon forum favori <3) et Hikaki l’administratrice m’a ouvert un espace où accueillir mes écrits : morceaux de background, réflexions sur les règles, discussions sur des inspirations, etc. Tout ceci dans une certaine désorganisation (c’est très celtique quelque part), disons-le.

Il faut mentionner que ma participation aux concours de scénarios sur ce même forum m’a aidé à garder la motivation pour écrire et développer l’univers (notamment fixer la place des 7 royaumes) et produire mes premiers scénarios. Grâce à des discussions avec des passionnés de culture celtique (merci à Rémi Usseil notamment pour ses précieux conseils de lecture), l’univers s’est éloigné de son cadre « D&Desque » et s’est rapproché plus de l’Histoire et de la mythologie celtique. En 2007 ? J’ai rédigé une présentation du background pour le webzine « Les songes d’Obéron » avec un scénario en prime… En parallèle, j’ai lancé une partie par forum (encore et toujours via la cour d’Obéron), ce qui m’a encore aidé à poser des règles, réfléchir sur certains points grâce aux questions des joueurs (merci aux 4 premiers d’ailleurs : Kynan, Léo, Acritarche et Axis-mundi pour les citer par leurs pseudos) mais aussi à celle de lecteurs curieux.

En 2009 : l’éditeur le 7e cercle sort son JDR sur les légendes scandinaves nommé « Yggdrasill ». Il semblerait qu’il n’était pas au courant de l’existence de mon JDRA… C’était il y  a deux lustres (10 ans) donc ne retournons pas l’épée de Brennus dans la plaie ;-). Après une longue réflexion, je change le nom du jeu. Les 7 royaumes que je comptais principalement décrire se nommaient « Pryddein », donc je décide de renommer le jeu « Ynn Pryddein : la Terre des Forts » (déformation du premier nom celtique de la Grande-Bretagne « Ynis Prydain », « l’île des forts/des puissants »). Et par la même de concentrer le jeu sur ces 7 royaumes (à l’origine, je voulais décrire l’équivalent de l’Europe et du Proche Orient… Avec le recul je me rends compte que c’était un brin ambitieux).

Enfin, je participe au concours des éditions de la BAP (éditeur associatif) et le gagne. Ceci me donne un peu de pub et surtout un budget pour faire travailler des illustrateurs pros… Bon, il se trouve que l’association, très petite, n’est plus actuellement en mesure de financer le jeu qui a notamment « légèrement » grossi niveau taille ;-).

J’ai eu un contact avec un éditeur pro, il y a 2-3 ans, mais il m’a averti rapidement qu’il envisageait de faire des coupes, peut-être des modifications en profondeur… Ayant travaillé depuis 15 ans sur le jeu et ayant une idée précise de ce que je voulais et ne voulais pas, j’ai décliné l’offre pensant que la BAP réussirait tant bien que mal à éditer le jeu. Seulement, le temps passant… Le budget était en baisse et j’ai également mesuré l’ampleur de la tâche pour éditer un jeu.

Grâce à un contact sur le net, qui se trouvait aussi être un de mes joueurs sur forum (et l’auteur de la très jolie fiche de personnage du jeu), j’ai pu échanger avec Posidonia. Bien-sûr, un éditeur offre des possibilités de promotions, de réseaux et du budget supplémentaire, mais surtout le fait qu’il s’agisse d’un éditeur associatif me plaisait bien. Enfin, Posidonia prend le jeu tel qu’il est (il y aura sans doute quelques remaniements mineurs, je ne suis pas (trop) buté 😉 sans vouloir tout changer. YP c’est clairement mon bébé (#MyPrecious #Gollum) et les (très longues) heures passées dessus me poussent à être attaché à son « unité ».

Le fix : Dis-moi, qu’est-ce qui peut me pousser à me laisser séduire par Ynn Pryddein, alors que j’ai déjà Légendes Celtiques et Yggdrasill dans ma ludothèque ?

Cuchulainn : Hmmm… En ce qui concerne Légendes Celtiques, c’est un précurseur, un vénérable ancien et on lui doit le respect dû à son grand âge (notons au passage que j’ai eu le privilège de faire jouer plusieurs fois à YP l’une de ses auteures, Anne « Grande ancienne  » Vétillard : un véritable honneur !). En revanche, le background est devenu un peu obsolète. Les connaissances sur les Celtes ont énormément progressé ces 30 dernières années (notamment grâce à l’archéologie préventive et expérimentale). Quant au système… Entre toi et moi, il accuse son âge tout de même. Chacun trouve son plaisir où il veut, mais à titre personnel, devoir utiliser un tableur et des macros pour remplir une fiche de personnage, sous peine d’y passer plusieurs heures, ça me fait fuir… Pour faire une comparaison qui parlera aux amateurs de vidéo-ludisme : le rétrogaming, c’est fun, mais ça accuse ses limites et au bout d’un moment, jouer avec une console récente, c’est quand même plaisant.

En ce qui concerne Yggdrasil, je n’ai pas lu le jeu, mais ça parle des légendes scandinaves, non des légendes celtiques (même si j’ai introduit un peu de Scandinavie dans le jeu). Pour ce qui est de Keltia, du même éditeur, c’est un jeu qui se veut historique, teinté de fantastique (si j’ai bien compris). Idem je n’ai pas lu le jeu (je me suis interdit de lire les jeux parlant de Celtes parus ces dernières années pour éviter toute influence, même inconsciente). Ynn Pryddein n’est pas un jeu historique… On peut dire que je m’inscris dans le courant de l’historicisme avec une approche fantasy, si l’on veut « catégoriser » YP. Je me sers de l’Histoire comme d’un guide, afin que mon univers soit crédible, vraisemblable. J’essaye d’être le plus fidèle possible à l’Histoire au niveau de l’ambiance sociale et technologique du Haut Moyen Âge (ce qui implique également de faire tomber des préjugés et des poncifs vieux comme Hérode sur cette période grâce, encore une fois, aux découvertes de l’archéologie préventive entre autres).

Mais, c’est un univers fantasy (notamment car j’avais envie que mon épouse, première fan d’YP et qui a joué tous mes scénarios puisse évoluer sans que son personnage ressente les contraintes d’un univers 100% historique). J’ai été particulièrement influencé par les œuvres de Guy Gavriel Kay (en dehors du cycle de Fionnavar) par exemple.  Pour faire une comparaison culinaire : si l’Histoire est une recette, je la suis globalement, mais j’ajoute des ingrédients, j’en retire et je modifie les quantités. Au final, ça ressemble beaucoup, mais ce n’est pas la même chose. Je compare souvent mon jeu à un triskell, trois branches, trois inspirations. YP, c’est le sérieux de l’Histoire, le souffle des légendes et la liberté de la fantasy ! Pour finir, si on compare à Keltia, dans la campagne officielle, si j’ai bien suivi, on joue des compagnons du roi Arthur ? Dans la campagne officielle d’Ynn Pryddein, le « roi Arthur », c’est toi.

Le fix : On sait bien, toi et moi, que les Gaulois, c’est des gros barbares moustachus qui mangent des sangliers, alors pourquoi faire un jeu historique sur le sujet ?

Si tu veux finir la tête coupée et attachée à ma ceinture, tu prends le bon chemin ! Mais rassure-toi, j’en prendrais grand soin et je l’embaumerais avec de l’huile de cèdre, c’est pour une expérience d’archéologie expérimentale (une de mes passions, qui a d’ailleurs beaucoup influencé le système, mais n’anticipons pas), donc tu feras progresser la science !

Plus sérieusement, je suis (oh surprise) passionné, voire fasciné par la culture celtique. Ce fut d’abord la mythologie qui m’attira, puis l’histoire et enfin l’art des peuples celtes (quand on pense que nos artisans actuels ont besoin d’un ordinateur pour reproduire la précision et la minutie d’une décoration de char réalisée il y a plus de 2000 ans…). C’est une civilisation brillante, méconnue, souvent injustement rabaissée et dont on retrouve encore des traces de nos jours (chaque fois que tu parles de prendre la « bagnole », tu utilises un mot venant du gaulois par ex. ou quand tu dis « quatre-vingts » le mot qui fâche nos voisins francophones). Ynn Pryddein c’est une ode, une déclaration d’amour à la civilisation celtique ! Par le biais de la fantasy, je cherche à faire découvrir et à partager mon amour pour les Celtes. Si après la lecture de mon jeu, les joueurs/joueuses se renseignent sur les Celtes, lisent un bouquin (le livre de base propose des conseils de lecture), regardent un documentaire (même remarque), écoutent un artiste de musique celtique (idem), se documentent sur la mythologie celtique (je persiste et je signe), ou encore vont voir un musée (le musée de St Germain en Laye est très bien, mais dans le sud, celui de Nîmes est excellent !) alors je serais heureux. Bien-sûr, s’ils jouent à mon jeu, en offrent trois exemplaires à leurs amis, familles et connaissances et passent du bon temps avec, j’en serais encore plus heureux.

Le fix : Si je te suis, je ne vais pas pouvoir jouer un druide lanceur de sorts. Comment tu traites la question du fantastique dans ton jeu ?

Druide, barde, thaumaturge, être faë… Tout est géré par un système unifié. J’ai longtemps hésité pour le fantastique j’avoue… Une de mes grandes influences pour YP est le jeu Pendragon. Dans Pendragon, à la base, il n’y a pas de magie ni d’êtres fées dans le système de jeu. Mais finalement, j’ai souhaité que les joueurs/ses puissent jouer des êtres fées, des druides avec des pouvoirs et des bardes aux chants enchanteurs (mais aussi de la magie profane).

Concrètement ? Outre des caractéristiques (l’inné), des Vocations (l’acquis) et des Vertus (Honneur, Loyauté et Courage), les PJ peuvent personnaliser leur personnage avec des « Traits légendaires ». Parmi ces traits légendaires, se trouvent des traits leur permettant d’incarner un être faë : « Kornandon » (nain) et « Sidhe » (elfe, en très gros). Ces traits leur offrent l’accès à des capacités « magiques » qui se veulent le plus proche possible des légendes celtiques (mais aussi nordiques pour les nains, peu présents dans les légendes celtes). Pour le nain, c’est le talent incroyable en artisanat qui lui offre des niveaux de réussite automatique, l’immunité aux pouvoirs des sidhes et une possibilité de maudire ceux qui lui font du tort… (Plus le tort est grand, plus la malédiction sera puissante bien-sûr). Pour les sidhes, c’est tout d’abord une présence enchanteresse, rendant les humains particulièrement dociles avec eux. Le joueur/la joueuse peut renforcer le trait afin d’avoir accès à une forme de magie, « l’Enchantement », qui simule les pouvoirs dont disposent les fées dans les légendes irlandaises et galloises.

Pour les druides : il faut avoir le trait légendaire « Religieux » qui signifie que les dieux t’écoutent, idem pour les bardes (qui sont membres de la classe sacerdotale dans la société celtique, rappelons-le). Ensuite, ce sont des « domaines » de magie assez larges (je suis un adepte du « free-form », les listes de sort me fatiguent) prenons par exemple : les 4 éléments, malédiction, bénédiction, divination, guérison, mort, esprit… Avec l’expérience, le personnage peut acquérir de nouveaux domaines de « magie ». Pour la magie profane, c’est une vocation « Thaumaturge » (un mot qui vient du grec) qui permet de gérer la magie. En revanche, si tu es un magicien profane, fais-toi discret… Si tu es pris : c’est le triple sacrifice qui t’attend : noyé, égorgé, pendu… Il faut bien apaiser les dieux, pas vrai ?

Au final, que tes pouvoirs soit de type religieux, profane ou faë, tout se joue sur la Marge de Réussite. Plus tu fais un bon jet, plus la magie sera puissante… Prends la somme de la Caractéristique et de la Vocation appropriée : cela te donne un total sur 30. Jette 3 dés à 10 faces : si en additionnant leur score, la somme est inférieure au total de Caractéristique + Vocation, c’est réussi. Si tu veux quantifier, estimer à quel point ta magie a été efficace et puissante, calcule la différence. Plus elle est importante, plus tu défies les lois de la nature.

Le fix : De ce que tu décris, Ynn Pryddein semble un jeu à univers. J’aime bien, mais j’ai besoin de savoir ce qu’on joue. Qu’est-ce que je peux jouer, comme type de personnage ou, mieux, comme type de groupe ?

Du fait de l’ambiance du jeu, les groupes de PJ qui se sont rencontrés à l’auberge car un vieil homme leur a demandé d’aller récupérer son grimoire, sont rares, très rares… Tout d’abord les PJ sont des êtres à part, via une caractéristique unique le « Dàn » (destin en gaélique écossais), ils peuvent influencer la réalité…

Ensuite, comme type de personnage ? Barde et sa suite, errant à la recherche d’inspirations pour composer un chant qui restera dans les mémoires ; druides(ses) juristes parcourant un royaume pour enquêter sur des crimes ; guerrier(e)s d’élite envoyé(e)s pour repousser les invasions barbares (ou des créatures empiétant sur les terres humaines), voire pour apprendre le respect à des seigneurs récalcitrants ; diplomates missionnés pour empêcher deux clans, voire deux royaumes, de se déclarer la guerre ; êtres faës venus explorer le monde des humains ; membre d’un clan luttant pour gagner en puissance et en influence vis-à-vis de ses voisins (petite ambiance à la GOT)…

Bref, si on peut « tout » jouer, il est plus crédible au vu de la situation sociale du monde (une personne isolée et sans appuis familiaux est au pire mort et au mieux un(e) future esclave) de jouer un(e) membre d’un groupe social donné. Les 4 scénarios présents dans le livre de base ont cette optique. Les PJ y sont respectivement, soldats dans une armée, gardes d’élite au service d’un roi, membres d’un même clan et enfin ont grandi dans le même village. Il en va de même pour les autres scénarios qui ont été écrits.

Le fix : En termes de règles, qu’est-ce que tu as concocté comme petites innovations ou mécaniques dédiées à une ambiance celte ?

Outre la magie, il y a en premier lieu l’insistance sur la symbolique des nombres dans le système : 3, 5 et 20, à la signification symbolique particulièrement forte dans la civilisation celtique. Pour jouer, on lance 3 dés à 10 faces sous un total noté sur 30. Si vous avez trois dés qui font le même résultat, cela donne un résultat particulier : une « Triade ». Si vos 3 dés affichent « 3 » c’est une « Harmonie », la meilleure réussite possible, si vos trois dés affichent 10, c’est une « Chute du ciel », le pire résultat possible. Selon votre Marge de Réussite, vous aurez différentes qualités de réussite ou d’échec, il y a un système de paliers par trois… Vos personnages ont un score de « Renommée » noté sur 100 (5×20 😉 et lorsque celle-ci atteint un multiple de 5 ou de 20, vous gagnez des bonus permanents.

Dans YP, votre nom est très important et doit être choisi avec soin, car sa symbolique va venir influencer vos jets de dés. Dès lors que vous agissez en accord avec la signification symbolique de votre nom, vous avez un bonus. Par exemple : vous portez un nom qui veut dire « chien ». C’est un symbole très positif, car le chien représente la fidélité, le combat pour défendre les siens, le gardien du domaine… Si votre personnage se bat pour défendre les siens, il agit en accord avec la symbolique de son nom et reçoit donc un bonus. Notons que cette lutte peut être aussi bien avec des armes, qu’avec les mots… Charge au MJ de décider s’il considère que le bonus s’applique. Par ailleurs, YP a trois modes de jeux possibles qui portent des noms issus de la culture celtique : Vercingétorix (mode de jeu historique), Fionn Mac Cumal (mode de jeu héroïque) et Cuchulainn (mode de jeu mythologique). Le système est calibré pour que vos traits légendaires changent d’effet en fonction du mode de jeu, mais aussi votre niveau en Dàn, vos points de vie, le bonus apporté par votre nom… Et d’autres choses encore ! (Merci au passage à mon consultant officiellement officieux sur les règles, j’ai nommé Ludovic Schurr pour ses idées plus que brillantes sur le sujet ;-).

Exemple : vous avez un objet de qualité au niveau Vercingétorix ? Il devient enchanté au mode suivant, puis légendaire en mode Cuchulainn. Vous avez un compagnon animal loyal ? En mode F, il vous parle et vous le comprenez parfaitement, en mode C : tout le monde le comprend ! Mais ce changement est invisible pour le personnage : pour lui son… corbeau par exemple (spéciale dédicace à ma joueuse fan de corbeaux 😉 lui a toujours parlé et si le mode de jeu retombe en Vercingétorix, son compagnon aura toujours été juste un animal de compagnie… Ces mécaniques permettent de varier les ambiances.

Notons aussi que les « Geis », les interdictions/tabous magiques typiques des légendes celtes, sont présents dans le jeu. Le joueur/la joueuse peut en sélectionner 1 ou 2 (à ses risques et périls).

Enfin, mon expérience en reconstitution historique et AMHE (Arts Martiaux Historiques Européens) celtiques m’ont poussé à redonner toute sa place à une arme fort méconnue en JDR : le bouclier. Il reprend sa place en tant que complément indispensable du guerrier et n’est plus un gros bout de bois sur lequel l’adversaire tape en ahanant… La lance, une arme sous-estimée souvent dans les jdr, reprend également une vraie place.

Le fix : Vu que tu m’as interdit Astérix tout à l’heure, qu’est-ce que je peux lire ou regarder en attendant qu’Ynn Pryddein sorte histoire d’être raccord avec tes inspis ?

Le livre de base d’Ynn Pryddein contiendra des conseils de lecture, de visionnage (et d’écoute).

Pour la lecture, je vais te citer trois titres pour chaque sources d’inspiration du jeu : l’Histoire, la Mythologie et la Fantasy. Une triple triade en somme.

1. Livres historiques

P.  BRUN, P. RUBY, L’âge du Fer en France : Premières villes, premiers Etats celtiques. : C’est une bonne introduction à l’histoire des peuples celtiques ayant vécu sur le territoire français.

M. DILLON, N. CHADWICK, F.LE ROUX, C.J GUYONVARC’H, Les royaumes celtiques :  On y trouve énormément d’information sur la Grande Bretagne, l’Ecosse et l’Irlande du Haut Moyen Age. En revanche, le chapitre sur la Gaule est plus dispensable et mieux vaut utiliser le premier livre que j’ai cité.

P. GALLIOU, Britannia, La Bretagne d’Arthur, Bretons et Saxons des siècles obscurs : C’est un excellent livre sur la période historique arthurienne. Outre des éléments sur la période du Haut Moyen Age en Grande Bretagne, ce bouquin permet de  « démystifier » la conquête des peuples anglos-saxons.

2. Livres sur la mythologie

J. MARKALE, La grande épopée des Celtes, tomes 1 à 5 : Dans ces cinq volumes l’auteur présente l’ensemble des textes mythologiques irlandais, classé de manière chronologique. Les histoires sont racontées dans un français courant et avec une graphie simplifiée. Attention, bien que J. Markale était un excellent vulgarisateur il avait tendance à partir dans ses notes de bas de page dans des théories euh… Particulières ?

.Y. LAMBERT, Les Quatre Branches du Mabinogi, et autres contes gallois du Moyen Age : Les Mabinogion sont d’anciennes légendes médiévales galloises, qui conservent un grand nombre d’archaïsmes. A ce sujet, la traduction s’est attaché à conserver les tournures de phrase médiévales, cela peut rebuter certains lecteurs.

A. STIVELL & T. JOLIF, (photographies d’Y. BOELLE), Sur la route des plus belles légendes Celtes. : Alan Stivell, figure majeure de la musique celtique en France et Thierry Jolif auteur de plusieurs ouvrages sur la culture celtique, se sont rassemblé pour conter des légendes venues des pays celtes. Un bel ouvrage dans sa bibliothèque.

3. Livres fantasy
Robert E. Howard : Bran Mak Morn, l’auteur est plus connu pour ses romans et nouvelles sur Conan, mais c’était un passionné de culture celtique. Bran Mak Morn est le dernier roi des pictes de Calédonie au 2e siècle de notre ère qui tente de fédérer les tribus pictes autour de lui. Ne cherchez pas la cohérence historique dans les nouvelles sur Bran Mak Morn, mais Peithan dans YP est un hommage à ce personnage dont les aventures mêlent horreur et aventures épiques. (j’aurais aussi pu citer Cormac Mac Art au passage).

Le fix : Côté foulancement, tu es de l’école fou-foulancement je promets plein de paliers qui vont grossir le contenu ou de l’école austère ? Il y a des auteurs invités ? Des illustrateurs qui claquent ?

Suite à une question sur Facebook, je me suis engagé, si le jeu est financé, à fournir une photo dédicacée de mon chat (empêcheur officiel d’écrire paisiblement, je vous jure tout mon retard est de sa faute !) en mode celte ! C’est le goodies le plus fou auquel j’ai pensé. Avant toute chose, les paliers vont servir à améliorer le livre de base, proposer un écran, un peu plus d’illustrations dans le livre de base… Ah si, un palier très important pour moi : celui où les illustrateurs sont mieux rémunérés (7500 €). Vu le mal qu’ils se sont donnés, ça ne serait que justice. Et si ça dépasse 7500€, on proposera des choses sympas, on a quelques idées avec Posidonia  : j’ai une campagne en réserve, pas mal de scénarios, des idées d’aides de jeux… Et puis peut-être quelques goodies (quand même) mais rien d’extravagant (en revanche si vous êtes parisiens, je peux vous arranger une initiation au combat gaulois et ça c’est cadeau).

Concernant les illustrateurs qui « claquent » (au sens propre)… Je pense qu’Axelle « Psychée » Bouet est la mieux placée au vu de son caractère bien trempé ! Il y a eu plusieurs illustrateurs et illustratrices qui m’ont fait le privilège de travailler avec moi et je les remercie encore ici pour leur patience avec mes exigences de précision historique au niveau des objets, des costumes et des armes. Une petite dédicace à ce cher Fabien Fernandez (qui fut le premier) et à nos « parties d’échec » et à Régina Radlova qui m’a fourni des illustrations au débotté.

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