Sig transit gloria mundi

Loin des foulancements hors de prix et des rééditions de jeux des années 1990, il existe un pays, rugueux certes, hostile parfois, mais dans lequel de courageux aventuriers du JdR trouvent parfois des trésors que les yeux des rôlistes lambda ne peuvent ensuite que leur envier . Ce pays, c’est, notamment, celui de Khelren, notre ancien poto de chez Di6dent, qui, régulièrement, nous ramène de pareilles pépites qu’il taille et polit pour les remettre toutes scintillantes dans nos mains fébriles.

C’est encore le cas avec Sig, la cité des lames, la dernière sortie de son Studio Absinthe. Il s’agit de la VF d’un jeu signé Jason Pitre kickstarté en 2020.

Sig est en quelque sorte au point de rencontre entre deux autres jeux. D’un côté, on a Planescape (à proprement parler un setting, plutôt), un antique contexte pour AD&D qui exploitait le potentiel du principe des plans et du multivers qui peut en découler. Là aussi, dans Sig, les PJ sont des aventuriers sans foi ni loi qui opèrent depuis la célèbre cité dans laquelle se chevauchent tous les plans : Sig est donc la version abrégée de Sigil, il fallait y penser ! Depuis cette base arrière, les PJ s’aventurent sur les plans ou affrontent des adversaires venus d’autres plans d’existence, le tout dans une ambiance très high fantasy.

De l’autre côté, Sig s’inspire aussi d’un jeu plus récent, Blades in the Dark (d’où le sous-titre : la cité des lames) auquel Sig emprunte son système de jeu, en tout cas dans une version simplifiée (ouf !). BitD est un jeu assez novateur qui place l’action un peu en hauteur, à un niveau tactique si ce n’est stratégique : les joueurs y incarnent collectivement une bande de voleurs qui tente de dominer le petit monde de la délinquance urbaine. Typiquement un jeu sans scénario prédéfini qui dépend entièrement des envies et des décisions des joueurs.

Avec ses multiples références à une culture rôliste d’une grande profondeur, on peut sans craindre d’être contredit affirmer que Sig est le premier mash up rôliste : un genre destiné à se développer devant le nombre grandissant de jeux existant ? Seul l’avenir nous le dire.

Tenez, en attendant, pour une fois, faisons d’une pierre deux coups : voici le pitch et un extrait de l’élégante maquette d’un jeu qui plus est – vous l’aurez remarqué dès la couv’ originale de la VF – très joliment illustré :

Khelren ne vous propose pas exactement la VF du livre de base. Outre une magnifique couvrante, il y a également ajouté le contexte issu d’un autre jeu qui partage le même univers (mais pas les règles, donc) : Sig: Manual of Primes. Ainsi, le MJ a toutes les clefs en main pour bien comprendre l’univers en question et, en particulier, les nombreuses factions qui se le partagent.

Pour le moment, le jeu ne peut s’acheter qu’en PDF sur la page Itch.io de l’auteur. Comme à son habitude, Khelren va laisser filer quelques semaines pour laisser une dernière chance de faire remonter quelque abominable coquille puis, après une ultime vérification de visu, vous permettra de commander le jeu en POD sur Lulu. Ce sera en juillet/août. Cette commande ne sera sans doute pas de trop d’ailleurs car le jeu fait quand même, il vaut mieux le savoir, 380 pages.

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