Blades in the Dark annoncé en VF !

Alors moi, c’est bien simple, c’était LE jeu dont j’attendais encore avec angoisse l’annonce d’une VF.

BitD est un jeu de John Harper (Lady Blackbird, Agôn…) qui s’intéresse à un sujet assez classique (les PJ sont des malfrats) mais sous l’angle novateur de la gestion du gang et l’élaboration au fur et à mesure des initiatives des joueurs d’une campagne « orientée PJ » pour laquelle le jeu offre toutes sortes d’outils réputés efficaces. Dans l’absolu, le background est interchangeable : au setting de base légèrement steampunk, on peut lui préférer des boostergangs à la Cyberpunk ou des truands new yorkais des années 70, etc. Très prometteur.

Alors quand on apprend que 500 Nuances de Geek va en faire une VF, c’est d’abord la joie qui prédomine.

Puis, très vite, les angoisses reprennent sur l’air du « mais que va-t-il faire dans cette galère ? ». Enfin, dans cette Caravelle plutôt mais l’idée reste la même.

Pour ceux qui lisent régulièrement nos articles sur 500 NDG, vous connaissez déjà l’histoire : nous aimons beaucoup de choses chez eux (l’ambition, l’audace, les choix de jeux en général, etc.) mais nous désapprouvons de longue date la confusion de leur offre éditoriale. Et bien là, nous sommes servis !

Jugez-en plutôt.

Dans un premier temps (juillet 2018), BitD ne sera en effet pas édité en version complète mais dans un de ces fameux « redux » publiés au sein de cet OVNI qu’est la Caravelle. Donc, oui, ce sera en PDF uniquement, distribué de manière ultra-confidentielle (il y a environ 180 abonnés à La Caravelle) et dans une version amputée d’environ 50 % de ses textes. Le jeu n’étant pas spécialement réputé pour être bavard, on a peur d’avance pour la compréhension du fonctionnement des règles. BitD fait partie de ces jeux innovants qui nécessitent de réapprendre certaines habitudes de jeu. Dans ce contexte, exemples et conseils ne sont jamais du superflu.

Pour 500 NDG, l’idée est de publier au plus tôt une version jouable du jeu avant son édition complète. OK. Mais ne peut-on à ce point attendre quelques mois de plus ? Au pire, les plus pressés auront déjà de longue date la VO donc l’argument semble assez aléatoire.

Donc, oui, il y aura bien, plus tard (toute fin 2018), une édition complète du jeu. Mais, je vous le donne en mille, ce sera coincé au beau milieu d’un de ces foulancements fourre-tout dont l’éditeur a le secret. Comme pour de précédentes « vagues », 500 NDG proposera donc le jeu avec d’autres et vous remarquerez à peine que le jeu est en cours de financement si vous ne pensez pas à décortiquer l’offre qui, peut-être, n’offrira pour le reste que des jeux qui ne vous intéressent pas. Il est tout de même étrange qu’un tel jeu, largement reconnu en VO, ne puisse pas faire l’objet d’une campagne de com’ entièrement centrée sur sa promotion. Un peu comme The Sprawl VF, par exemple.

Comble de la confusion, le jeu sera inclus dans une vague de financement estampillé « Powered by the Apocalypse ». Or, si le jeu partage indiscutablement un état d’esprit commun avec les jeux PbtA, il n’est pourtant pas motorisé par ce fameux système. Pourquoi entretenir le flou ? Pourquoi risquer le fait que ceux qui n’aiment pas Apocalypse se désintéresser d’emblée de BitD ? Là encore : mystère.

Bon, allez, on y croit malgré tout. Tout cela n’est pas pour tout de suite et ce ne serait pas la première fois que 500 NDG change son fusil d’épaule. Répétez après moi : ça-va-bien-se-passer, ça-va-bien-se-passer, ça…

5 pensées sur “Blades in the Dark annoncé en VF !

  • 20 février 2018 à 10:03
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    Ho non… la barrière de la langue mise en place par mes joueurs était le dernier rempart… enfin la dernière petite palissade de bois usée et branlante qui me protégeait de l’achat compulsif du bouquin !
    Plus qu’a espérer que 500NDG plante vraiment le bouzin !
    A savoir quand même que le changement de setting demande pas mal de taf. Je trouve que les archétypes de personnages présentés dans le livre sont assez imbriqués dans le background du jeu.

     
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  • 20 février 2018 à 11:11
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    vraiment bizarre cette façon de faire
    surtout que pour avoir failli participer à la première apocalypserie, certains jeux ne sont disponibles qu’à partir d’un certain palier donc on risque en plus de pas l’avoir pff

     
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  • 22 février 2018 à 10:40
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    Lorsque vous mettez des jeux « hype » dans la Caravelle pour aider à faire connaitre ce qu’elle fait et comment VOL+2D6

    10+ Votre initiative est appréciée et comprise. La caravelle fait le tour des influenceurs du milieu

    7-9 vous attirez l’attention mais le MJ choisi 2
    – Ces jeux monopolisent l’attention et éclipsent les 20 autres publiés dans l’année
    – Toute la partie éditoriale est ignorée ou mal comprise
    – Vous attirez l’inimité d’un autre éditeur « qui voulait le faire »

    6
    Sacrilège ! Le MJ tape fort

    J’ai fait 8. Le MJ a choisi les deux premiers 🙂
    Caramba, encore raté.

    Bon, quelques précisions sur vos interrogations :

    1- Le jeu sera a la tete de la campagne. Donc aucun risque qu’il ne soit pas financé. Pour rappel, on en a financé 7 la dernière fois. La, il n’y en aura que 4 ou 5 maxi. Donc bon…

    2- Le volume de la redux est indiqué à 50% pour ne pas décevoir. Mais ça sera probablement Plus. Je rappelle que le volume dépend des paliers. Il n’y a pas de magie. au plus on est…

    3- J’ai été le premier à traduire (moi-même) un jeu de Harper, a l’époque ou la hype n’existait pas (et c’était pas plus mal). Danger Patrol, probablement son jeu le plus innovant. En fait, la Caravelle a traduit un grand nombre de ses jeux (The regiment, Colonial Marines, La « suite » de Danger Patrol, et au dela les séquelles et hacks de Ladyblackbird). J’étais pendant longtemps gros supporter du Patreon. Bref, ce n’est pas pour rien qu’il a fait appel à nous .

    Je rappelle que les souscripteurs Caravelle (sur certains pledges) obtiennent automatiquement la version pdf finale, qu’ils soient souscripteurs ulule ou pas. Pour 4 euros.

    Sur la façon de faire « bizarre », c’est bien ça le probleme: je n’arrive pas à faire que l’on me pose des questions pour expliquer son sens.

    Tout l’ensemble de la ligne éditoriale et des process (La Caravelle, ExoGlyphes, les campagnes ulule par thématique, l’alternance gratuit/payant et romans/jeux) font système pour améliorer à tous point de vue la production

    Je donne quelques exemples des avantages recherchés, tres concretement :

    – Disponibilité avancée pour les joueurs (on est pas obligé d’attendre la version finale qui peut tarder)
    – Amélioration de la com sur le jeu (ne serait ce que parceque les joueurs peuvent l’essayer – on sort de l’effet d’annonce classique pour entrer dans le process)
    – Amélioration de l’adaptation de la traduction aux attentes, d’un coté parceque les joueurs peuvent faire des retours très en amont, et d’un autre coté parceque le traducteur a plus de temps et de recul.
    Amélioration du délai de livraison de la version finale (parceque le traduction est déjà réalisée a 50 ou 70 % lorsque la campagne commence)
    – Amélioration de la rémunération du traducteur, avec une première tranche (payée qui plus est très rapidement )
    – Amélioration de la diffusion des idées ludiques nouvelles (parceque les version gratuites le restent, et la barrière de l’achat tombe pour découvrir ces jeux)

    Et ce n’est qu’une toute petit partie.

    Je vois bien que vous êtes sur la ligne du « gars qui se consacre a un jeu, avec la campagne qui va bien ». Si je ne procède plus comme ça, c’est parceque loin de dégrader les jeux, ça contribue positivement à l’objectif éditorial.

    Exemple : si je ne faisais qu’une campagne autour de ce jeu, façon « hype »….ça serait tirer un trait sur tous les autres jeux pbta, plus fragiles (mais pas moins innovants, et même plus). Donc la hype sera assurée du financement, et ouvrira la possibilité de financer dans son sillage des jeux plus difficiles. Une écologie éditoriale. Plus de diversification, plus de joueurs potentiels attirés par de nouvelles façon de jouer.

    L’alternative, ça serait sacrifier les jeux les plus innovants et devenir un simple éditeur « hype ». Ou alors au rythme d’un jeu « difficile » par an, ça serait 7 ans de galère (je sais de quoi je parle pour l’avoir fait pendant des années). En pendant ce temps, on serait dépassés par plein d’autres choses qu’on verrat passer sans pouvoir les rendre dispos en français.

    Bref, ce n’est qu’une toute petit partie d’un modèle qu’on a forgé et qui s’appuie maintenant d’abord sur une thématique, et qui allie jeu et romans. Comme vous le verrez avec la campagne « Stross » dans moins d’un mois.

    Lorsque vous déposez un commentaire pour inciter à s’intéresser au modèle que vous développez CHA+2D6

    etc…

     
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    • 22 février 2018 à 10:46
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      Merci pour cette longue explication : elle sera très utile à nos lecteurs pour approfondir la question.

      Au final, nous sommes clairement en désaccord sur la façon de concevoir la promotion de ces jeux et… c’est tant mieux, non ? Disons que cela crée les conditions d’un débat sur cette question.

      Je ne me permets qu’une seule remarque : je trouve que l’emploi du terme « hype » est malhonnête et vise à discréditer ce qu’on peut appeler plus objectivement « succès public ». Et peut-être que si un jeu rencontre un « succès public », cela veut dire qu’il répond aux attentes d’un public, non ? 😉

       
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