7 Sorcières : une interview ou un sort !

Sortie un peu de nulle part, la première souscription des XII Singes de l’année a tout pour intriguer : une campagne originale, un pitch complétement barré, un auteur tout aussi barré. Il nous en fallait pas plus pour aller poser la question à Jérémy Demeure, l’auteur du jeu, pour en savoir plus.

1. Le Fix : Bonjour Jérémy. Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Jérémy Demeure (JD) : Je m’appelle donc Jérémy Demeure, j’ai 35 ans et je vis près d’un bois dans le sud de la Belgique avec ma petite famille. J’ai longtemps masterisé différents jeux pour des amis (Cthulhu D20 et pas mal de trucs personnels en utilisant le Dk System notamment) et j’ai joué à plusieurs tables pendant des années (Warhammer, RuneQuest et DD 3.5). Mais j’ai surtout lu beaucoup de publications plus particulières dans mon coin (dont une bonne partie publiée par les XII Singes comme Mahamoth, Wastburg, Mississippi : tales of the spooky south ou Terra Incognita, que j’ai beaucoup aimé).

À côté de ça, j’aime bien la lecture, un peu de tout mais avec une préférence pour les bouquins poisseux nord-américain (comme Harry Crews que j’adore), des trucs plus tordus et quelques bons bouquins de fantasy (la trilogie de l’Empire brisé de Mark Lawrence ou Les salauds Gentilhomme que j’ai trouvé excellents).

Puis, je dessine et je griffonne des tonnes de choses, des idées d’histoires, des concepts de jeux, des personnages et des pistes pour différents univers de campagne. Toujours avec une approche particulière qui est la mienne.

Sinon, je travaille en semaine et je m’occupe des petits ce qui ne laisse finalement que peu de temps pour les projets perso.

2. Le Fix : Eh ! Mais oui ! On a déjà parlé de toi sur le Fix pour ton jeu Moule. Est-ce que les XII Singes t’ont découvert en lisant le Fix ? Dit nous tout.

JD : Exact, vous m’avez déjà fait le plaisir d’un article lors de la sortie de Moule.

Je ne sais pas si les XII Singes ont lu votre article sur Moule. Notre collaboration pour 7 Sorcières a démarré suite à une série de dessins que je leur ai envoyé pour me présenter puis nous avons évoqué différentes idées et envies et le projet est né !

3. Le Fix : On va commencer par la question que tout le monde se pose : c’est quoi le pitch des scénarios de 7 sorcières ?

JD : 7 Sorcières c’est une grosse enquête bien tordue dans un festival complètement barré au milieu du désert américain. On y explore des lieux carrément déjantés et exotiques, on y rencontre un tas de marginaux tous plus timbrés les uns que les autres, le tout, sous la férule d’un prêtre pour le moins singulier dans une ambiance sombre et étrange et qui ne manquera pas d’étonner les esprits les plus blasés. Mais l’originalité n’est pas la seule force de cette campagne, les PJ devront à la fois avoir du flair, l’estomac bien (vraiment bien) accroché et une prédisposition à affronter des choses réellement malfaisantes.

4. Le Fix : Pourquoi avoir fait une campagne générique en D6 System ? Les XII Singes ont des univers forts (Trinités) ou des systèmes plus récents (Cthulhu Hack, Into the odd). Pourquoi ce choix ?

JD : Le D6 system était là. Je l’ai gardé. C’est le système de la collection 6 dont 7 sorcières est un numéro spécial. Pour cette campagne, le système de jeu n’a pas grande importance. Il faut qu’il s’efface et laisse place à l’ambiance. Mais chacun peut la jouer avec le système de son choix.

5. Le Fix : Peux tu citer des jeux qui seraient, pour toi, compatibles avec 7 Sorcières ?

JD : Comme je le disais juste avant, 7 Sorcières c’est une ambiance particulière, une sorte d’écosystème doté de ses propres règles et fonctionnements internes. Du coup, tu peux l’insérer dans de nombreux univers contemporains ou le jouer tel quel. Je pense à …

6. Le Fix : Quand on me dit « une série écrite par l’auteur du Livre sans nom et réalisée par Tarantino ! » je m’attends à des PNJ au charisme fort et au tempérament bien barré. J’ai bon ? Fait moi rêver.

JD : Te faire rêver, je ne sais pas, te faire flipper, ça je l’espère bien 🙂 En tout cas, oui, les PNJ tu ne les oublieras pas de si tôt. Et je pense que, sans avoir le talent des créateurs ci-dessus évidemment, je peux te dire que j’ai mis le paquet et atteint un niveau de noirceur et de bizarrerie certain.

Du charisme et du tempérament bien trempé…

Hum, sans trop en dire, si tu joues ou fait jouer cette campagne, tu rencontreras probablement un belge exécrable organisateur de lancer de nains, un couple de tatoueurs obèses vraiment très soudés ou encore le créateur d’un morse hologramme animé par une IA alimentée par du folklore scandinave. Ho, tu pourras aussi faire raccommoder tes frusques par un ancien membre du KKK qui a tendance à pleurer comme une jeune fille ou déguster un durum de kangourou préparé par Bilpek. Des PNJ comme ceux-là, il y en a plus d’un dans 7 Sorcières et tu ne sais jamais si ils sont importants ou non pour l’aventure 🙂

7. Le Fix : La campagne est un huis-clos à ciel ouvert. Hors, un huis-clos, c’est pas toujours facile à faire jouer. As-tu prévu un chapitre de conseils aux MJ pour l’aider à maintenir l’intérêt des joueurs et à gérer tous les PNJ festivaliers ?

JD : Oui, plusieurs choses sont prévues. Il y a effectivement différents conseils au MM mais aussi un système qui pousse les joueurs à aller de l’avant en facilitant le fait de changer de personnage en cours de partie (mais avec des règles de handicap qui, je l’espère, rendront les choses encore plus intéressantes à jouer). Enfin, la “géographie” du lieu et sa structure aideront les PJ à se concentrer sur ce que l’on attend d’eux 🙂

Pour les PNJ, oui, je pense qu’on a bien fait les choses. Chaque PNJ majeur est bien détaillé (avec des compétences), les autres sont selon moi suffisamment définis pour qu’il soit facile de leur donner vie. De plus, les portraits proposés dans les aides de jeu donneront un aspect visuel supplémentaire pour servir la narration.

8. Le Fix : En p.15 du WIP mis à disposition, on voit encore apparaître l’ancien nom de la campagne, à savoir Burning Woman. Pourquoi avoir changé ? Le titre 7 Sorcières ne spoile pas un peu trop la campagne ?

JD : Burning Woman était le nom de code pendant le travail avec Les XII singes, mais 7 Sorcières s’est imposé pour deux raisons. D’abord, ça fait le clin d’œil avec les titres de la collection 6 – dont 7 sorcières etc., vous avez compris le refrain – et ensuite c’est le nom de l’édition du Burning Man durant laquelle se passe la campagne. Donc pas de problème, ça ne spoile rien du tout, les joueurs ont l’info dès le départ.

9. Le Fix : Sur la version de travail, le noir et blanc colle très bien à l’ambiance recherchée. Pourquoi proposer des aides de jeu en couleur ?

JD : C’est surtout que ça permettait de proposer les affiches du festival dans leur forme logique dans l’univers du jeu, à savoir en couleur. Mais mes portraits par exemple restent de fait en noir et blanc dans les planches à découper de la pochette.

10. Le Fix : Après Moule, après 7 Sorcières, c’est quoi ton prochain projet un peu foufou ?

JD : Il y a un gros projet que je développe depuis quelques temps : Sambre, le fleuve spirale. C’est un mélange entre Germinal, l’Agence tout risque et L’île au trésor en mode grosses crapules, très très noir. J’ai beaucoup de matière mais ça demande pas mal de développement et donc du temps dont je manque pour l’instant. Donc je pense aller dans un premier temps vers une bizarrerie en format court pour m’occuper l’esprit. J’ai envie de boxe, de blues et d’un brin de cyberpunk ou d’une sorte de road trip dans le genre trois enterrement mais en dark fantasy (peut être agrémentée de tentacules frites). Comme je le disais, ce n’est ni les idées, ni les envies qui manquent. Sinon hors JdR (mais il n’est jamais loin dans tout ce que je fais), j’ai un jeu de pêche contemplatif sur le feu.

Liens :

La page de la souscription
La gamme D6 chez les XII Singes
– Le site de Jérémy : https://jeremydemeure.be/

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